ITW – Rencontre avec Jean-Philippe Amorena et Fabien Ezcurra co-présidents de Sara korrika organisateurs d’un trail Basque technique.

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    2002

    Le club de SARA KORRIKA, club de trail en montagne, est situé dans le magnifique village typique Basque de Sare, au pied de la mythique Rhune (sommet de 905 m), bien connue par les touristes mais surtout par tous les traileurs du coin pour son gros dénivelé et sa vue exceptionnelle entre océan et montagne.

    Ce samedi 25 mars 2018 avait lieu le départ de la fameuse Sara Korrika trail avec ses 22km pour 1 600 mètres de dénivelé sur les sentiers de la Rhune, un des premiers au Pays Basque qui lance l’année. Un parcours splendide mais exigeant.

    Etant inscrit j’en ai profité pour rencontrer les co-présidents de cette association, qui même à seulement 1 heure du départ m’ont accordé cet entretien.

    WT : Bonjour pour commencer pouvez-vous me présenter votre club ?

    JP : Le club de Sara Korrika a été créé par des amoureux de la  montagne et de la course à pied. Comme certains du village étaient dans les clubs extérieurs et d’autres couraient seuls, ils ont voulu se rassembler autour de cette même passion.  Avec  le soutien de Mr le Maire, le club voit le jour en 1999. Nous avons repris le flambeau il y a 5ans et on essaye de perdurer.

    FE : On est une 50aine de membres passionnés de trail aujourd’hui avec le même but : prendre du plaisir et s’amuser en montagne. Tout le monde participe ou non aux entrainements ainsi qu’à des compétitions, si les performances sont là tant mieux,  sinon c’est le bonheur de courir et s’amuser entre copains.

    WT : Rentrons dans le vif  avec la course du jour un trail de 22km pour presque 1600m de dénivelé.

    FE : C’est une course qui a été créée le 26 mars 2006 avec au départ 25km et 190 coureurs, les années se suivent et on est passé en 2008 à 350 inscrits, puis 670 inscrits sur internet aujourd’hui avec des inscriptions encore ce matin. Cette course est en pleine effervescence. Ça fait plaisir ! 

    WT : Ce trail attire de plus en plus de monde alors qu’on est sur le début de la saison et qu’il est exigeant.

    FE : Oui une course très technique avec beaucoup de chemins, de « singles » de passages de crêtes, des cailloux et rochers, de descentes raides, glissantes surtout avec le mauvais temps d’aujourd’hui. Cela va être chaotique je pense.

    WT : Il risque de devenir un incontournable des trails avec des « grands noms » en sachant déjà que beaucoup de coureurs venant du cross se présentent.

    FE : Il y a déjà un gros plateau, même depuis le début, avec des coureurs venant de l’autre côté de la frontière (Espagne), la sélection Basque, le champion du monde Hernando. Cette course a très bonne réputation et chaque année de bons coureurs arrivent.

    WT : Une question qui peut intéresser tout le monde : avec le même nombre de kilomètres et de dénivelés, qu’elle est la différence entre la Sara korrika trail et la très médiatique Skyrhune ?

    JP : La Sara Korrika trail reste une course moins « professionnelle » que la Skyrhune, moins étendue sur le plan national et ne fonctionne pas en tirage au sort.

    FE : On ne bataille pas non plus à « aller chercher » les grands coureurs, quand ils sont là tant mieux, on en contacte quelques un quand même. Mais bien sûr il est toujours agréable d’avoir un bon plateau. Sinon par rapport à la Skyrhune, pour le parcours niveau technique et effort physique, sans parler de la vue ils sont presque identiques.

    WT : En termes d’organisation, combien de personnes sont présentes pour aider ?

    JP : Aujourd’hui il y a environ 70 bénévoles, une quarantaine du club aidés des concubines, concubins et enfants. On chercher à droite et gauche dans le village et même s’il y a beaucoup de travail et de patience on s’en sort, bien sûr il y a quelques tensions mais sans gravités.

    FE : Les gens sont réactifs, il y a un excellent club avec un bon noyau et une bonne ambiance, ce qui fait que tout le monde répond présent chaque année.

    WT : Parlons des conditions météorologiques d’aujourd’hui, à 1 heure du départ, avec encore de la neige au somment de la Rhune il n’y aura pas de records sur le parcours.

    JP : Non surement pas, ça va beaucoup glisser sur les cailloux et dans les descentes boueuses.

    FE : le record étant à 1h51 pour ces 22km D1590, ce jour-là Oier (ARIZNABARRETA) « la montagne » a été très facile du début à la fin, il a été énorme ! Mais le record va être dur à aller chercher. Depuis 5 ans c’est lui qui rafle toutes les premières places, il y a 6 ans il finit second, il est toujours là, toujours présent. On verra cette année ce qu’il vaut car il revient de blessure. Aujourd’hui c’est Oier et les autres mais derrière lui il y a 25 à 30 coureurs excellents qui peuvent prétendre aux 15 premières places.

     

    WT : Vous allez donc fêter les 20 ans l’année prochaine, des surprises pour le trails 2019 ?

    JP : Oui on est en train d’y réfléchir, on doit en discuter entre nous, on gardera surement cette distance tout en en proposant une autre, rien n’est décidé mais ça nous trotte dans la tête. Bref oui il y aura une surprise.

    FE : Il y a plein de chemins à découvrir sur Sare, il y a de quoi faire. Beaucoup de demandes pour ces 20 ans mais le format n’est pas encore arrêté.

    WT : Un dernier mot avant le début de la course ?

    FE : Que tout le monde prenne du plaisir, s’amuse que l’on boive une bonne bière à l’arrivé et mange les bons taloas (galette Basque) de Pantxo Ibarra c’est tout ce que l’on demande.

    JP : Que cela se passe dans une bonne ambiance, que tout le monde essaye d’arriver au bout avec une bonne journée malgré le temps, mais on va faire avec il n‘y a pas de soucis.

    Il est 8h45, tous les coureurs se trouvent sur la ligne de départ au niveau du fronton (aire de jeu de Pelote Basque) au centre du village. La pluie commence à tomber, 9h le départ est donné et comme attendu en moins d’un kilomètre Oier distance déjà tout le monde. Le premier ravitaillement se fera sous les flocons de neige.

    Bien sûr le terrain est extrêmement boueux, lourd. Cette année sera la pire édition en termes de météo, dantesque. On sera confronté à des bourrasques de vent, de la pluie, de la grêle, des flocons de neige, du brouillard et une température ressentie au somment de presque -3 degrés.

    Forcément de nombreuses chutes, sans gravité, la plupart sur les fesses. Cette édition mettra les organismes à rude épreuve et permettra à beaucoup de repousser leurs limites. Malgré les conditions difficiles la vue reste magnifique et on pourra tout de même apercevoir l’océan.

    Podium masculin                                

    1. Oier Arznabarreta
    2. Guillaume Levoy
    3. Brice Delsouiller

    Podium féminin

    1. Oihana Azkorbebeitia
    2. Sarah Dinclos
    3. Claire Dubes

     

    « Merci de m’avoir reçu si proche du « coup d’envoi » et je clôturerai cette journée en remerciant chaleureusement et de tout cœur  les organisateurs, les bénévoles et tous les personnes présentes pour cette superbe édition 2018. Malgré ces conditions catastrophiques on ne se rend pas compte de la difficulté du travail accompli et la patience de tous sur les points de ravitaillements, pointages et balisages. Quand on est coureur, on ne fait que passer et on se réchauffe, mais eux restent sur place, sans bouger, et veillent à notre confort et bien être. Toujours avec un mot de réconfort, un sourire, des encouragements. En chantant ou en agitant des sonnailles et sans jamais se plaindre. Un parcours à très vite essayer pour ceux qui ne le connaissent pas.

    Toutes mes félicitations également pour ce magnifique t-shirt technique dans le lot du  coureur, il est tout simplement splendide. Pour ma part à l’année prochaine».                                    

    Crédits phots : Wondertrail, Pierre Ezcurra, Endurance shop Pays Basque