Retour aux origines du trail.

C’est l’histoire d’un challenge personnel lancé lors de la conception d’une épreuve, c’est l’histoire d’un leader, au sens vertueux du terme , celui qui montre l’exemple.

Quand vous discutez avec Jean Michel Chopin, patron de la VVX (Volvic-63), la première chose qui saute aux yeux , et à vos oreilles , c’est la passion qui l’anime. Qu’il vous parle de sa course , la VVX, ou de l’ancienne usine Volvic du Goulet, qui sert aujourd’hui de base de vie pour la course, il vous emmène toujours dans son univers.

220kms, 8000m de D+

Le projet nait d’une frustration, d’une jalousie : celle de devoir laisser partir les coureurs sans lui le jour des épreuves, celle de ne pas être avec eux sur le parcours … et celle d’une blessure, dans un certain virage n°12 du chemin des Muletiers, bien connu des pratiquants du Puy de Dôme. Il se concrétise définitivement , suite à une annonce inattendue de la part de son ami le sculpteur sur pierre , Thierry Courtadon, à la fin d’une VVX, devant les 350 bénévoles, qui se sont tant investis pendant le weekend.

4 mois de préparation physique plus tard, le départ est fixé mi octobre. Pas forcément d’objectif de temps visé , le but est de retrouver aussi les origines du trail : profiter des levers de soleil, boire un café , se ravitailler dans les auberges locales, de faire des micro siestes dans la nature , même si le côté compétiteur, dans un coin de la tête, retiendra un 60 heures pour ses 60 ans. Toute la logistique réglée, les ravitos préparés, les bases de vie réservées, Jean Michel peut se concentrer sur son défi.

Le parcours ? Un jeu d’enfant ! Celui de la Grande Traversée des Volcans d’Auvergne , 220 kms , 8000m de D+ , au départ du Lioran (Cantal) , pour aller à Volvic (Puy de Dôme), le même qu’ont pu faire les participants de la VVX cette année.

Le 11 octobre, 6h du matin, le Lioran. L’échauffement commence par l’ascension du Plomb du Cantal pour arriver là haut avec le lever du soleil. Après un bout de chemin en compagnie d’un cervidé autochtone, le Puy Griou et ses pierres se proposent à lui pour se diriger vers le Puy Mary par ses crêtes rouges myrtilles avec l’automne.

Après une boisson chaude au Pas de Peyrol et une descente tranquille vers le Col de Serre, le Puy de Niermont annonce le long plateau du Limon, avec au loin la silhouette du massif du Sancy et sur la droite, le géant des Dômes, histoire de se rendre (bien) compte de la distance restant à parcourir.

Un morceau de choix arrive avec la première nuit dehors, la première inconnue. Avalée en compagnie de Stéphane, un raider averti de la région et accessoirement directeur de course, le petit matin s’annonce sur les lacs de la Godivelle, puis ceux de Montcinyere et du Pavin… il paraitrait que la région Auvergne est la région des lacs de volcans.

Le temps d’arriver juste avant l’orage à Superbesse et après une pause salutaire sur la deuxième base de vie, le puy de Sancy est avalé sans soucis, malgré un vent à décorner les Salers, ce vent vicieux qui causera , la légende le dira plus tard (il faut toujours une légende sur un exploit) , une des seules chutes du parcours, sans gravité toutes fois. La succession des crêtes , Cacadogne, Crebasses et le Roc de Cuzeau nous amène au col de la Croix Saint Robert, pour viser les puys de l’Angle et la Tâche de l’autre coté du col ce qui le conduit au buron de la Croix Morand, où l’attend tout un groupe d’ami. A noter, que même si l’exploit est personnel, tout au long du parcours se sont trouvés des groupes de soutien , voire d’accompagnateurs plus ou moins surprises selon les cas.

Une «petite» boucle , par le Puy Gros, et sa très belle (et longue) montée depuis la Bourboule , les lacs du Guéry et de Serviére, et après quelques hallucinations , la deuxième nuit est négociée avant d’arriver au gîte du Château de Montlosier dans un silence sentant les premières grosses fatigues. La dernière grosse difficulté se présente à l’horizon avec le fameux chemin des muletiers du Puy de Dôme..et son virage 12. Un passage par Vulcania et les dernières crêtes , Jumes, Coquille et la Nugere sont absorbées au mental pour atteindre la délivrance de l’arrivée à Volvic, où toutes les personnes présentes lors de cette itération auvergnate dans les volcans étaient présentes.

La page de cet exploit se referme sur ces applaudissements nourris et Wondertrail remercie Jean Michel Chopin et toute son équipe (une grosse pensée pour Martine, sa femme) de nous avoir permis de le suivre dans ses péripéties. Rendez vous sur le VVX 2020 sur laquelle il reste encore quelques places (https://www.volvic-vvx.com) .

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