Luca Papi est parti pour son incroyable défi : 400 km & 20 km D+ l’attendent sur Gran Canaria !

Luca Papi

“Le défi ? C’est simple : c’est de réussir à finir à temps la TGC 360° pour partir dans la foulée sur la Transgrancanaria (respectivement 270 km et 127 km)”

Luca Papi est un véritable extraterrestre, un cador du trail running ! Ne vous fiez pas au patronyme de cet ambassadeur de la Team WAA, il a des jambes de 20 ans. Enfin, pas exactement puisqu’il atteindra bientôt la quarantaine, mais ses jambes ont accumulé plus de kilomètres que vos deux papis réunis, c’est certain !

400 km et 20 km de D+ : le défi fou de Luca Papi

Son défi fou

En 2017, après avoir remporté la Transgrancanaria 360°, Luca a eu une idée folle dont lui seul a le secret. Son projet était d’enchaîner la TGC 360° et la TGC classique, deux ultras à la suite, et ceci avec une contrainte de temps. C’est ainsi qu’en février 2018 il a tenté ce défi. Il a terminé 3e de la première course, à temps pour repartir. Malheureusement, il a dû abandonner sur la deuxième course au 70ème km puisqu’il était “un peu déshydraté de la course d’avant (la 360°)”.

Mais Luca Papi n’est pas du genre à abandonner facilement…

Ainsi, mercredi 20 février à 9h, il a pris le départ de la Transgrancanaria 360°. Environ 270 km avec 13 000m de D+, à finir en moins de 62 heures pour pouvoir partir sur la Transgrancanaria “classique” (ou TGC), qui fait 127 km avec 7000m de D+, et qui démarre elle le vendredi soir à 23h. “Le but serait de réussir à arriver le vendredi dans la journée en assez bonne forme pour repartir.” Si vous faites le calcul, cela représente 400 km avec plus de 20 km de D+ en 4 jours. Rien que ça. Le plus impressionnant finalement, c’est la décontraction avec laquelle il nous dit cela, comme si c’était normal.

Il ne s’agit pas “seulement” d’endurance mais aussi de “vitesse”, du moins, de performance. En effet, réussir à prendre le départ de la deuxième course est déjà un exploit puisqu’il lui faut finir la première dans un temps record – “Si je veux réaliser mon défi, il faut que je termine dans le top 3, c’est une certitude.” 

Les raisons de ce défi

Finalement, pourquoi ce défi ? Pourquoi s’infliger cela ? Pour la visibilité et la gloire ? Pour entrer dans le livre des records ? Pour découvrir ses limites ? Rien de tout cela. La réponse est déroutante. “Pour ne pas choisir…”. Luca est tellement passionné par ce qu’il fait qu’il veut courir toutes les courses, raison pour laquelle il enchaîne des courses pratiquement tous les week-ends de l’année, voire même plusieurs sur un week-end. C’est un mode de vie chez lui. Il nous dit avec une innocence déconcertante : “Il y a suffisamment de temps entre pour le faire, donc je vais tenter de faire les deux.” Tout simplement. Finalement, il ne cherche pas à attirer les projecteurs, il a “juste envie de profiter un peu”.

“Je voulais refaire la TGC, mais j’aime aussi la 360°… C’est juste que je n’aime pas devoir choisir donc je fais les deux. C’est cela qui me motive pour des défis pareils.” Une indécision qui l’embarque dans de folles aventures !

La deuxième chance

Cette année, il remet ça… Nous lui avons donc demandé comment il comptait aborder la course cette fois-ci. Il voit deux options pour y parvenir. Soit “faire la 360° au maximum dans le même temps que l’année dernière (soit 53h) et finir en meilleur état”. Ou alors “la faire en moins de temps et finir dans le même état”. Il ajoute aussi que ça ne dépendra pas uniquement de lui mais aussi du parcours (qui change un peu chaque année). Il a discuté avec l’organisateur de la course, qui a lui fait l’été dernier la Petite Trotte à Léon (une course de 300 km et 25 000 m D+ dans les Alpes) celui-ci lui a dit qu’il pensait pouvoir faire plus dur cette année pour la 360°. Du coup, pour Luca “il va vraiment falloir faire un bon temps pour réussir à repartir.” Eh oui, sinon c’est trop facile…

La gestion de course

Même s’il sait qu’il faudra finir sur le podium pour espérer repartir, Luca ne se met pas pour autant de pression avec le classement. Il nous donne même une belle leçon d’humilité : “Pour moi la place, sur des courses comme ça, ce n’est pas moi qui la fais, c’est les autres qui la font. S’il y en a qui sont plus rapides que moi, eh bien, ils seront plus rapides.” Il ajoute que chacun a sa façon de gérer une course : “Il ne faut surtout pas gérer sa course par rapport à la place sur cette distance-là, au risque de se cramer.”

Cette épée de Damoclès, représentée par le chrono, rend difficile la gestion de course puisqu’il doit économiser ses forces pour tenir sur l’enchaînement tout en terminant le plus vite possible. Il nous raconte qu’il n’anticipe pas trop et ne pense pas à la deuxième course pendant la première sauf à la toute fin. “ce n’est que 5 à 10 heures avant l’arrivée de la 360°, quand je sais si je vais pouvoir enchaîner sur l’autre, que je me mets à gérer.” Il ajoute : “Le tout c’est d’essayer de m’écouter un maximum, encore plus que l’an dernier.”

Comme nous, vous devez vous questionner sur l’organisation de l’enchaînement et sur ce que l’on fait entre les deux courses dans ces cas-là. “Selon à l’heure à laquelle j’arrive, les priorités sont dans l’ordre s’hydrater, manger et, s’il reste du temps, dormir… “. Pour ce qui est du matériel, lui qui aime courir en toute simplicité le plus souvent possible nous explique que : “Pour la 360° je n’ai pas le choix, l’organisation demande beaucoup de matériel donc ce sera Ultra Carrier Shirt comme toujours, car j’adore mettre mes flasques dans les poches arrières, mais j’aurai l’Ultrabag 20L pour y mettre le matériel obligatoire.”

La phase de préparation

Vous vous en doutez, on a beau aimer cela, on ne s’engage pas dans une telle aventure sans préparation… Et il est difficile de s’entraîner pour ce genre de format quand on a un emploi à plein temps. Luca ne s’en plaint pas et s’adapte : “Moi je vais au travail en courant tous les jours de toute façon. Du coup je rallonge pour faire entre 20 et 30 kilomètres tous les jours où je travaille avec des vitesses un peu plus basses pour essayer de me mettre aux vitesses de la course.”

Et les jours où il ne travaille pas ? Il en fait encore plus, bien sûr ! Et notamment du dénivelé, puisque c’est ce qui lui manque le plus, selon lui, dans l’optique de son défi. “Je suis en forme mais il faut que je travaille le dénivelé car je n’en ai pas assez dans les jambes.” Il était aux Îles Canaries deux semaines avant la course. Sur la première semaine il avait prévu d’en faire un maximum et de reconnaître l’intégralité du parcours.

Et là vous vous dites : du dénivelé ? En vivant à Paris ? Cela va être compliqué ? Pas pour lui ! Il a réponse à tout… C’est à ce moment-là qu’il nous a dévoilé un de ses prochains entraînements : “Faire 24h à Montmartre.” Nous n’avions pas bien compris, ou pas bien voulu comprendre. Il s’est expliqué, en toute simplicité une fois encore, fidèle à lui-même :“Je pars de la maison lundi matin, je vais jusqu’à Montmartre, ça fait une quarantaine de kilomètres, ensuite je me fais 24h de montées et descentes d’escaliers à côté du funiculaire et je rentre à la maison. Des petites idées comme ça, de temps en temps j’en ai une.” Nous, nous espérons pour ses genoux qu’il n’en ait pas trop souvent quand même…

Nous le suivons de très près pour l’encourager et vous partager le périple de son doublé 360°-TGC .

Propos recueillis par le TeamWAA.

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