L’Hivernale des Templiers un weekend de trail running avec Altra.

L'hivernale des templiers 2018


« La quête du Graal sur l’hivernale des Templiers.» 

  J’avais déjà eu l’occasion de découvrir la région des Grandes Causses en courant la grande sœur de l’Hivernale, Le Grand Trail des Templiers 71 km et 3250 m de D+, en 2013. J’avais le souvenir diffus d’une région, mêlant panoramas exceptionnels dans les landes de pierres et single tracks à flan de plateaux, des dévers et autres montées « casse-pattes ».

Ce qui m’avait également marqué à l’époque est le nombre de courses organisées et la foule des traileurs, se croisant non loin du PC course et de l’arrivée aux pieds de la « Puncho d’Agast » (site bien connu du vol libre et point de passage obligé sur le Grand Trail des Templiers). Ceux qui revenaient d’un 100 km côtoyaient ceux comme moi (et mes partenaires de l’époque, Mathieu, Christophe et Cédric) qui avaient hâte d’en découdre.

Nous en étions alors à nos premiers trails et déjà l’ambiance nous gagnait. Je n’oublierais pas non plus la sympathie des gens de la région et leur bienveillance.

Lorsqu’un de mes amis m’a annoncé que je participerai, invité par Altra, à l’Astragale64,5 km annoncés pour 2107 m de D+, une des courses de l’Hivernale des Templiers prévue le 2 décembre 2018,  j’eus du mal à contenir ma joie de retourner à nouveau dans cette belle région. Seulement, à cours de préparation, l’appréhension me gagnait déjà. Très vite la raison a repris le dessus et je pensais déjà à l’organisation du week-end.

Rendez-vous était pris, à la gare de Paris-Lyon avec Nathan, pour se rendre à Millau, via Montpellier en voiture. Dans le train, nous avons alors été rejoins par Vincent (rédacteur du journal du Trek et du journal du Trail) et Sébastien (de Trail Session), deux passionnés. 

Les discussions tournèrent rapidement autour de la course à pieds et plus particulièrement du trail running. Nous arrivions sans encombre, malgré quelques gilets jaunes et sous un ciel dégagé devant notre hôtel (Le domaine de Saint Estève) à Millau. Direction le restaurant Le plat d’étain, de l’hôtel Cévenol, où le traditionnel repas d’avant course nous attendait : aiguillettes de canard et polenta en entrée, tagliatelles au saumon en plat et dessert. De quoi être d’attaque pour un trail comme l’Astragale

Le dîner fût l’occasion de rencontrer Denis Clair alias « Zinzin Reporter » journaliste  mais aussi traileur confirmé, finisher du Tor des Géants et de la SwissPeaks. C’était alors l’occasion pour lui de nous faire part de son expérience.

Nous faisons également connaissance d’Odile Baudrier, un des piliers de l’organisation du Festival des Templiers avec Gilles Bertrand, aux petits soins pour les coureurs, et à l’origine de l’organisation de cette Hivernale, dont c’est la 2ème édition cette année. 

L’ensemble de l’équipe organisatrice  propose donc cinq formats pour cette session :

  • les Illuminés de Roquefort (7 km ; 240 m D+),
  • la Carline (12 km ; 420 m D+), 
  • l’Adonis (24 km ; 1240 m D+),
  • le marathon de l’Orchis (35 km ; 1790 m D+)
  •  l’Astragale (64,5 km ; 2170 m D+), le nom de chacune des courses faisant référence à une plante de la région sans doute. 

Le marathon de l’Orchis et l’Astragale, rapportent respectivement deux et trois points (nouveau barème) pour participer à l’une des courses de l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc). 

Ces courses, qui se déroulent le même weekend que les non moins célèbres SaintéLyon et l’Origole, permettent de récupérer quelques précieux points lors d’une virée dans l’Aveyron.

J’avais donc choisi l’Astragale qui commencerait à La Couvertoirade,  petit village médiéval fortifié, pour se terminer à Roquefort, lieu des caves du fromage éponyme.

Il était donc temps d’aller dormir et de profiter d’une bonne nuit de sommeil afin d’aborder le parcours dans les meilleurs conditions.

Le réveil est donné  à 4h30 du matin, le départ de la course étant fixé à 6h45.  Je prends un petit déjeuner assez copieux (à base de thé, tartine pain beurre, miel, compote et céréales) en compagnie de mes camarades du weekend (Nathan, Vincent qui fait la même course que moi et Sébastien).

Il se met à pleuvoir, une petite pluie fine mais persistante et cela n’est pas prêt de s’arranger. Nous arrivons à Couvertoirade, il ne fait pas froid. C’est alors l’occasion de prendre un dernier petit café ou thé, dans une salle assez petite qui avait bien servi lors de la première édition (en 2017) à réchauffer les coureurs (- 7°C ressenti -10°C d’après quelques traileurs et traileuses qui avaient déjà couru l’édition).

Après un rapide briefing, le départ est donné à côté du château, dans la bonne ambiance  générale, frontales allumées. Une petite boucle autour de la citadelle, pour favoriser le délestage et le départ des coureurs plus rapides. Vient ensuite la traversée du village et les premiers « singles » créant des bouchons mais l’organisation nous avait prévenus. La course commence vraiment après quelques kilomètres. 

Au bout d’une heure, il fait toujours nuit et le temps est pluvieux (de la brume englobe le paysage). Le parcours est roulant, avec des chemins assez larges, dans la première partie jusqu’au premier plateau. Ces chemins vont  permettent des dépassements faciles.

Le premier ravitaillement (Saint Yorre, café, thé, …) arrive au bout de 8,3 km dans le hameau encore endormi de Canals. Les bénévoles sont aux petits soins pour les coureurs et leur sourire nous donne de l’entrain.

Il ne fait pas froid, mais je décide de garder ma veste coupe-vent pendant toute la course. Elle me permettra plus tard de résister aux rafales de vent des plateaux des Grandes Causses. La frontale est maintenant éteinte et on se dirige vers la première barrière horaire. Les choses sérieuses commencent et les chemins serpentant dans les feuillus se font moins larges et plus techniques. Des montées franches et des descentes caillouteuses  mêlées à une bonne dose de boue, feuilles mortes et blocs recouverts de mousse se succède.

On retrouve bien là l’esprit du festival des Templiers. Les coureurs sont parfois obligés de s’accrocher aux branches. Une descente et c’est le village de Fondamente, dominé par les corniches du Larzac, situé à 23,5 km du départ, lieu du premier gros ravitaillement. 

Je prends une soupe, du Coca-cola, une pâte d’amande. J’échange avec quelques coureurs et un bénévole toujours soucieux de bien accomplir sa mission. Je repars tranquillement. La première barrière horaire (3h45 de course) est passée avec plus d’une heure d’avance. 

Au 25ème kilomètre, je rejoins Vincent, parti plus vite que moi et qui commence à avoir un coup de moins bien. On se dit quelques mots ; je l’encourage puis le devance.

“35ème kilomètre la fatigue commence à se faire sentir”

 Cela fait quelques heures que l’on court maintenant. Les jambes commencent à devenir lourdes et la boue s’invite dans la course. On ne peut malheureusement pas apprécier le paysage, qui doit être magnifique, avec tout ce brouillard. La course est maintenant un enchaînement de chemins techniques.

Le ravitaillement dans le village de Viala-du-Pas-de-Jaux (kilomètre 41,1) me fait du bien. Ici et là quelques supporters venus encourager des amis nous motivent.  


Surprise ! Dans une ancienne bâtisse médiévale du village, il règne la bonne humeur et les bénévoles nous servent la soupe, grimés en Templiers. 

Le ravitaillement est copieux : des pates de fruit, des barres énergétiques, des tartines de pâté, des tartines de l’incontournable Roquefort, du Coca, du café et même de la bière sans alcool.

Une « Buckler » plus loin et me voici ressorti de la demeure pour affronter la boue et les single tracks. Il reste deux dernières côtes et 23,4 km ; les organisateurs nous avait bien dit d’en garder sous le pied. Encore un ravitaillement, celui de Lapanouse de Cernon, au 50ème kilomètre et dernière barrière horaire, une montée assez longue pour arriver dans une grotte (une des attractions de la course), une montée plus longue et c’est la descente vers le village de Roquefort. 

  D’abord, nous longeons le Combalou, avec ses falaises calcaires impressionnantes qui ont donné naissance à des grottes, utilisées comme caves pour l’affinage du fromage le plus célèbre de la région : le Roquefort.

  C’est à ce moment là, dans une descente où il faut quand même faire attention pour ne pas se « retourner » une cheville, que je fais la connaissance d’Alain  Niclot

Alain est un bénévole de l’organisation. Il revient sur Roquefort, après avoir effectué le débalisage d’une autre course et a décidé de rentrer sur un rythme tranquille. 

Il habite la région et me fait une visite guidée de la fin de la course. J’apprends qu’il est aussi détenteur du record de vitesse des 100 km de Millau, une autre classique routière célèbre de la région, dans la catégorie vétérans 3 et 4

L’arrivée à la salle des fêtes se fait par une dernière petite montée sèche, inattendue. Elle doit être sélective pour les premiers. Le passage sous l’arche en bois me rappelle mon arrivée lors du Grand Trail des Templiers. Je suis finisher en 9h20, Vincent arrivera dix minutes plus tard. L’Astragale se gagne en 5H59 cette année.

Après la remise de la médaille et du cadeau finisher (une planche à découper, cadeau peu commun et bien utile), il est temps de se restaurer.

Le buffet est copieux et les bénévoles font leur travail à merveille. C’est l’occasion de goûter à l’aligot et de reprendre quelques forces (tartine de pâté et/ou de Roquefort, yaourts, soupe de lentilles, etc …). Tout est à profusion. Il règne une ambiance sereine que l’on n’a pas envie de quitter. Il faut tout de même rentrer à l’hôtel pour récupérer. Le dernier dîner nous permet d’échanger sur les courses et les temps de chacun.

  Lundi matin, retour sur Paris avec des images plein la tête. Il est temps de reprendre nos occupations et notre travail.

“Merci à Altra, à l’organisation des Templiers, sans oublier les bénévoles qui pourront faire perdurer cette course, lors d’autres éditions car l’évènement a été géré d’une main de maître. On y ressent  la patte  des grandes courses où rien n’est laissé au hasard.”

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