Les Courses de la Massane : un rendez-vous devenu incontournable dans les Pyrénées Orientales

Plus de 2000 coureurs étaient au départ du château de Valmyà Argelès-Sur-Mer, le week-end du 26 avril, pour en découdre sur une (ou plusieurs) épreuves concoctées par l’organisation des courses de la Massane. Un évènement qui ne cesse d’attirer les traileurs d’années en années et pour cause… Les courses se déroulent dans un décor de rêve : la mer d’un côté, la montagne de l’autre, des sentiers bien techniques, des mas, des chapelles et surtout cette incontournable Tour de la Massane. Ici, il y en a pour tous les goûts avec 8 formats de courses proposées sur 3 jours. Chacun peut y trouver son bonheur tout en profitant (ou découvrant) la beauté du massif des Albères.

L’organisation Argeles Nature Trail nous régale de nouveautés à chaque édition.  En 2018, elle avait créé la Massane express, une montée sèche bien casse-pattes à laquelle j’avais pu participée.  Pour 2019, c’est au tour de l’Albéraduo(course nocturne en duo) et ducanicrossde faire leurs entrées. Deux nouveautés qui ont régalé tous les participants. 

Au programme des festivités 2019 :

  • L’Albéraduo : une course nocturne en duo de 10 km et 400 D+
  • Le canicross : sur un parcours d’environ 8 km
  • Les courses enfants : ouvert dès le Baby Athlé avec des parcours adaptés à chaque catégorie
  • Le 5 km : à la portée de tous avec une petite initiation au trail sur environ 1km500
  • Le 10 km : un peu plus « trail » avec 450 de D+
  • La Massane Express : une course contre la montre de 5km et 700 D+ empruntant des sentiers accidentés et des pentes à fort dénivelé.
  • Le trail de la Massane : 20 km et 1000 D+, le parcours à l’origine de cette manifestation, alternant chemins forestiers plutôt roulants et sentiers accidentés à fort dénivelé. 
  • Le Trail des 2 Tours (T2T) : 36 km et 2000 D+ avec un maximum de monotraces et un parcours qui, en plus de la Tour de la Massane, passe par la Tour Madeloc.

Pour ma part (après maintes hésitations dues à mon envie de prendre part à tous les formats proposés), je choisis de m’inscrire à la Massane Express du samedi et au Trail de la Massane du dimanche. De quoi me faire, pour ma 3èmeparticipation, un sacré week-end chocdans le cadre de ma préparation à l’Ultra Tour du Beaufortain.  

Mon objectif : essayer de battre mon chrono de 2018 sur la Massane Express et juste gérer la fatigue sur le 20 km du lendemain. Par chance, cette année, nous avons droit à un temps magnifique. Un superbe week-end sportif s’annonce !

La Massane Express, 5 km et 700 de D+ en guise d’échauffement

C’est parti donc ce samedi matin à 9h30 pour ma première épreuve du week-end : la montée sèche. Je retrouve au départ mon ami Mathieu Bertos de Run in Pyrénéesqui est un des speakers de l’évènement. Ça fait toujours plaisir de revoir les copains qui habitent à l’autre bout de la France.  D’autant plus que je suis toujours un peu impressionnée de prendre le départ de cette course. Ici, il n’y a que des gaillards montagnards bien robustes, prêts à en découdre sur cet effort court et intense. Je n’ai pas trop le physique de l’emploi et pas trop de préparation montagne dans les jambes, vu que mes entrainements se déroulent la plupart du temps en région parisienne. Mais bon, l’avantage est que je connais bien le terrain car la Massane est un de mes spots d’entrainement favori quand je viens ici.

Nous sommes une trentaine à nous élancer toutes les 20 secondes, dont très peu de femmes. Le fait de monter dès le départ droit dans le pentu doit en décourager plus d’un mais moi c’est ce que j’adore. Dossard n°5… Je partirai donc dans les premiers. Pas le temps de stresser comme ça. 3, 2, 1 partez ! Pour une fois, je ne porte pas mon sac sur le dos et je me sens plutôt légère. Mathieu m’accompagne sur les 10 premiers mètres et me dit de ne pas faire monter trop le cardio. Effectivement, il a raison, comme d’habitude, j’ai pris un départ un peu rapide. Je ralentis en prévision de ce qui m’attend…

Le parcours, je le connais très bien. Il est technique. Il y a plein de pierres, rochers, racines qui rendent les appuis irréguliers et nécessitent de bien gérer son énergie. Et puis l’organisation a ouvert de nouveaux sentiers par rapport au parcours « normal » pour que les coureurs montent à la Tour au plus droit dans le pentu. Au lieu de monter en 6 km, on monte en 5 km ( 4,7 sur mon gps).

Je gère plutôt bien ma montée, tout en me disant qu’il faut que je donne le maximum. Les cuisses brûlent et le cardio monte très vite mais c’est ce qu’il faut. Je profite des quelques moments plats pour relancer. Tout va bien ! Je me fais doubler par tout plein de coureurs mais c’est normal. Ça n’impacte pas mon mental car je ne joue pas dans la même catégorie qu’eux… J’en profite pour les encourager, quand je peux encore parler.  Ça monte plus vite que lors des entrainements et du coup je ne vois pas le temps passer. J’arrive à la dernière partie. Ici, les organismes sont généralement bien fatigués. Je marche à bonne vitesse quand je croise un traileur qui redescend et me dit : « non tu ne marches pas, tu trottines, allez, allez… ». Je m’exécute. Il m’a bien remis en course, merci à lui. Mais je souffre bien. Je suis dans la dernière montéeet je décide de ne rien lâcher quitte à m’écrouler à l’arrivée. Résultat : je passe enfin la ligne et je ne m’écroule pas… Je me rends compte que j’aurai peut-être pu forcer encore un peu plus mais je ne suis pas habituée à ce type d’effort.

Je reprends ma respiration tout en profitant du décor qui s’offre à mes yeux : la mer, la tour, les montagnes avec le Canigou… Magnifique ! Je regarde mon gps. Youpi ! J’ai amélioré mon temps de 2 minutes par rapport à l’année dernière, et ce, sans aucune préparation spécifique. Objectif atteint !

Le trail de la Massane, 20 Km et 1000 de D+ pour finir le week-end en beauté

Après une panne de réveil et un petit déjeuner englouti en 2 minutes, me voilà de nouveau ce dimanche matin au départ d’une des courses du week-end… Mais pas du tout dans le même état qu’hier… Alors que je débordais d’énergie pour la Massane Express. J’arrive au départ de mon 20 km dans un état de fatigue avancée. Mais pourquoi je ne suis pas restée au lit, moi… J’en ai de ces idées… C’était évident que j’allais y laisser de l’énergie mais je ne pensais pas à ce point…. Qu’à cela ne tienne ! Le but est de faire un max de dénivelé et de travailler sur la fatigue en vue de l’Ultra Tour du Beaufortain. On va y aller très coolet puis ce n’est que 20 km. Je me dis aussi que le ratio de dénivelé est moins important donc cela devrait être moins fatiguant musculairement… en théorie…

Le départ est donné à 9h. Et sur cette course nous sommes largement plus nombreux qu’hier. Le début de courseest assez roulant pendant 3 km ce qui permet d’étirer le peloton et dans mon cas de réveiller mon organisme tout en douceur. Cela descend puis remonte légèrement mais sur route et chemin forestier. Tout va bien. Vers le 3èmekm, ça bifurque dans un single dénivelé. C’est parti pour la montée. C’est surtout parti pour une petite récup car un bouchon se forme. C’est le bouchon de la première montée, il n’y en aura pas d’autres par la suite. Je ne vise pas un podium alors je patiente le temps qu’il s’écoule. S’ensuit une alternance entre parties roulantes sur chemins forestiers et bonnes montées bien raides et techniques. Je suis poussive dans les montées et je n’ai plus de jus dans les cuisses mais je fais ce que je peux. Je n’ai pas pris mes bâtons et aujourd’hui j’en aurai bien eu besoin… On arrive à la chapelle et au premier ravitaillement

Je m’alimente, m’hydrate et je repars. Le chemin est large mais va vite faire place à une montée technique hyper raide.  Wouahhh, c’est dur ! On n’avance vraiment pas vite tellement c’est raide mais on a la Tour de la Massane en vue ce qui nous motive. Je ne suis pas la seule dans le dur au vu des têtes des coureurs qui m’entourent… Enfin en haut, je suis soulagée. Surtout que le sentier redevient assez plat. Je pense être arrivée à la Tour avec une bascule vers la descente imminente mais cela prendra un peu plus de temps que prévu… En effet, le parcours nous fait faire le tour de la montagne pour repasser du côté de la montée classique prise la veille. Je n’ai plus de jus.Ce qui m’arrive très rarement sur une course. Enfin j’arrive à la Tour. Soulagée, car après 13 km de montée, c’est la descente qui s’annonce

Je continue mon bonhomme de chemin tout tranquillementcar je ne peux pas faire plus. Le parcours alterne toujours sentiers techniques et chemins plus roulants. J’adore ! J’essaye de me concentrer sur les paysages et de garder un petit rythme constant car si je m’écoute, vu ma fatigue, je pourrais finir la course en randonnée… Le parcours passe par des sentiers que je ne connais pas et cela me donne des idées pour mes prochaines sorties ici. 5 km avant la fin environ, nous retrouvons les coureurs du 37 kmet ceux qui me doublent vont vraiment à un bon rythme… Je suis impressionnée.  Le château de Valmy est en vue ! Ca y est,ça sent l’écurie ! Je donne tout ce que j’ai dans la dernière descente qui redevient plus roulante et dans le parc du château. Je passe la ligne d’arrivée. Ouf, je vais enfin pouvoir me reposer. 

Une course de samedi faite avec un surplus d’énergie. Une course de dimanche faite sans aucun jus… Va comprendre… Mais deux courses où j’en ai pris plein les yeux, comme d’habitude, dans ce massif des Albères cher à mon cœur. Assurément un bon travail sur la fatiguepour mes prochains trails à venir. Puis que dire du magnifique tee-shirt de cette année !  Tout était parfait jusque dans les détails…

Un grand merci à toute l’organisation d’Argeles Nature Trail ainsi qu’à tous les bénévoles pour ce week-end sportif et festif ! Une belle réussite qui donne envie de revenir chaque année !

Crédits photos : Thérèse Laresche / Célia FruitiBee / Laurent Gayraud / Cyrille Tumson / Mathieu Bertos / Argeles Nature Trail

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