Le 66e SAINTÉLYON rattrapée par l’hiver

Après les importantes chutes de mi-novembre, on avait cru un moment avoir la neige sur le parcours. Ce fut, à l’instar de l’édition 2018, la pluie et le froid qui marquèrent une nouvelle cette 66eme édition. La doyenne et la plus grande course nature française, a subi les assauts d’un hiver que les prévisionnistes avaient annoncé précisément pour ce week-end. Les 17 000 concurrents engagés sur 8 formules (dont plus de 6 500 solos sur la formule reine de 76 km) ont donc rencontré des conditions sans doute pires que celles de 2018.

Malgré des températures clémentes au départ, une pluie quasiment permanente, d’abord faible et intermittente puis devenant rapidement soutenue, a accompagné les coureurs peu après le départ. C’est donc un terrain très gras, des nappes de brouillard et des conditions fraîches et humides qui attendaient les coureurs dès les premiers sentiers. Et ces conditions s’accentuaient au fur et à mesure du temps et des kilomètres parcourus, puisqu’après Sainte-Catherine (km 31), le passage des coureurs de la Saint Express et des autres formules courtes avait rendu les chemins considérablement glissants et la progression très difficile.

Crédits photos @Gilles Reboisson

Ces mauvaises conditions annoncées et le souvenir de l’édition dantesque de 2018 aura sans doute effrayé nombre de coureurs puisque près de 12 % des engagés ne prendront finalement pas le départ.

Un record sur l’épreuve ! Sur les 44 km de la Saint Express, les coureurs ont été́ relativement épargnés par ces conditions. Le marocain Aziz YACHOU l’emporte facilement en 03:11:08 devant Edouard Dupaset et Arnaud Jacquin. La toulousaine Marie PERRIER s’impose également facilement côté femmes en 03:42:32, avec plus de 20 mn d’avance sur ses poursuivantes Manon BESSON et Laure Desmurs, vainqueur sortante sur cette distance.

Deuxième l’an passé derrière Guillaume Adam, le lyonnais Hugo Altmeyer accroche cette année la victoire sur la Sainté Sprint en 01:33:02 après avoir parfaitement géré sa course. Caroline Lafaye s’impose chez les femmes au sprint en 01:58:47 devant la suisse Linda Brütsch.

Sur la course reine de 76 km, les conditions sont devenues très délicates après Saint-Christo. On retrouvait sept hommes forts en tête, pratiquement dans le même temps à̀ Sainte-Catherine au km 32 : Cédric FLEURETON, Romain MAILLARD, Benoît CHAUVET, Nicolas-Marie DARU, Baptiste CHASSAGNE, Steve LECLERC et Emmanuel MEYSSAT double vainqueur 2016 et 2017.

L’autre favori, le champion du monde de Trail 2015 Sylvain COURT, récent vainqueur du LUT by night, connaissait une grosse défaillance après Saint-Christo. A la sortie du bois d’Arfeuille au km 40, alors que la pluie s’abat en abondance sur la course avec un petit 5°C, Romain Maillard et Cédric Fleureton sont ensemble en tête avec quelques secondes d’avance sur Nicolas-Marie Daru. Les poursuivants sont plus loin derrière, notamment Emmanuel Meyssat qui, victime d’une chute dans le bois d’Arfeuille détrempé, perdait encore du temps.A Soucieu en Jarrest, Cédric Fleureton semble prendre le large avec plus de 2 mn d’avance sur Romain Maillard et près de 9 mn sur Baptiste Chassagne, qui a repris la 3ème place.

Crédits photos: @peignéeverticale

Cédric Fleureton, impérial, allait alors creuser l’écart jusqu’au bout, s’imposant en 05:54:17. Un temps synonyme d’une véritable performance sur un parcours rendu extrêmement difficile par les conditions atmosphériques. Mais derrière les choses vont bouger, puisque Manu Meyssat signait une spectaculaire fin de course, en prenant finalement la deuxième place en 06:02:14,devant Romain Maillardet Baptiste Chassagne.Le lyonnais Cédric Fleureton, champion de France de Trail 2014 et 2015, ancien triathlète de haut niveau, 5eme des championnats du monde X Terra encore cette année, avait participé à la SaintéLyon une seule fois il y a de nombreuses années en mode touriste, avant sa carrière de triathlète. Il y participait étrangement pour la première fois avec un objectif de performance et remporte à 46 ans, une nouvelle et prestigieuse victoire.

Côté femmes, c’est la grande favorite Camille Bruyas, qui a notamment remporté le Swiss Canyon Trail et pris la 3ème place de la CCC en 2019, qui s’impose logiquement en 06:54:00, après avoir pris le dessus sur ses concurrentes sur la seconde partie du parcours. Elle devance de plus de 30 mn Sandrine FLECHET et Lucie JAMSIN.

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Enfin, la SaintéLyon inaugurait sa première formule Ultra de 152 km, la LyonSaintéLyon. 300 coureurs étaient partis samedi matin de Lyon à 9h30. On a cru un moment que le spécialiste de l’Ultra Christophe Le Saux, très à l’aise sur la première moitié du parcours, pourrait l’emporter. Mais c’est finalement le jeune parisien Alexandre Boucheix, vainqueur du MAD Trail de Valmorel 2018, un moment dominé par l’australien Benjamin Hall, qui emporte cette première édition officielle de l’aller-retour en 16:44:18, dont un retour en moins de 7h (6:58).

La SaintéLyon confirme donc son statut d’épreuve populaire, rendez-vous culte de fin de saison, et continue d’exercer un pouvoir d’attraction particulier pour l’élite comme pour le coureur anonyme. Mais, c’est une des caractéristiques fortes de la Saintélyon, les conditions climatiques encore cette fois très difficiles, auront causé l’abandon de nombreux favoris et de très nombreux coureurs. De quoi enrichir encore la longue histoire de la plus ancienne et de la plus « courue » des courses nature françaises.

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