“Là où les rêves se perdent” – La Barkley de Benoit LAVAL

Alors que la Barkley 2020 devrait se dérouler ce week-end mais est annulée du fait du coronavirus, Benoit LAVAL met en ligne le film de 26mn, “Là où les rêves se perdent” de sa Barkley 2016, réalisé par le formidable réalisateur Alexandre Gilles….

Pour la petite histoire…

Il y a 30 ans, aux Etats Unis, Laz, le fondateur de la Barkley à voulu créer une course unique. En 1986, l’actualité du moment est marquée par l’évasion d’un prisonnier du pénitencier de Frozen Head, qui est rattrapé après 55 heures de cavale. Le bougre n’aura parcouru que quelques miles, il est récupéré caché sous un tas de feuille, non loin de la prison. Un brin moqueur, Laz lâche :

 « J’aurais pu faire au moins 100 miles pendant tout ce temps là » ! Le pari est pris, la course est créée 100 miles en moins de 60 heures !

Aujourd’hui, la Barkley est toujours courue non loin de cette prison d’Etat, sur un parcours qui change tous les ans ! plus de 100 miles, toujours en moins de 60 heures, sur un terrain plus qu’exigeant !

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Le clan fermé des starters plus grand que celui des finishers

A peine 15 finishers depuis la création de la course, c’est vous dire si Laz a le don pour tracer une course de dingue ! Aujourd’hui, la Barkley c’est environ 160 km et une toujours une limite de course de 60 heures. Le dénivelé est tellement violent et le terrain tellement dur qu’il n’est pas rare de frôler le 1km heure sur certaine portion de la course. En moyenne, les meilleurs font du 5km/h sur le parcours. Au départ chaque année, il sont 40 à recevoir la lettre de condoléances de Laz en guise de confirmation d’inscription. D’ailleurs, pour s’inscrire, c’est un mystère ! Pas de formulaire, pas de site officiel : il faut trouver Laz, rentrer en contact avec lui et se faire accepter. On ne peut pas dire qu’il fait cela pour l’argent puisque la course ne coûte pas plus de 2 dollars : le seul deal, c’est de ramener une plaque d’immatriculation de chez vous, que le barbu expose fièrement sur le lieu de course.

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Course originale ou course folle ?

C’est Laz qui décide tout mais qui vous en dit le moins possible. Sur place, vous ne savez rien du parcours, ni de l’heure de départ. Vous pouvez être réveillé à n’importe quel moment pour prendre le départ. Une heure avant le départ, le gaillard sort sa corne de brume annonçant qu’il va falloir y aller : loin de tous les fumigènes ou flammes sponsorisées qu’on retrouve sur toutes les courses traditionnelles, le départ est donné !

La course n’emprunte pas seulement les sentiers battus, les coureurs doivent être capable de retracer la boucle sur une carte d’orientation et de s’y tenir. Les points de contrôle sont loin d’être à la pointe de l’électronique : les checkpoints sont des livres, les coureurs doivent en trouver 13 à chaque boucle et arracher une page comportant leur numéro de dossard. A la fin du 1er tour de 32km, il faut présenter les 13 pages pour avoir le droit de repartir pour un 2e tour ! Etc… 5 fois….. Pour corser le tout : à mi-parcours, Laz demande aux coureurs de changer de sens, histoire de perdre tous les points de repère qu’ils auraient pu gagner depuis le début. Trop facile sinon.

La Barkley : la course la plus dure au monde ?

Quand on sait qu’une grosse dizaine de participants ont réussi à finir cette course en 30 ans alors que plus de 1000 s’y sont brulés les ailes : cela fait d’elle statistiquement la course la plus dure au monde. Pire que le Norseman ou la Diagonale des fous ?  En tout cas, c’est dans un autre registre : traversée de rivières, passages hors piste, températures très basses la nuit et très fortes la journée, 60 heures d’effort non stop, pas de ravitaillement : à coté d’une course traditionnelle, il faut en plus savoir s’orienter, loin du « confort » des sentiers battus.

Chaque boucle de 32 km terminée est une victoire pour les athlètes. Chaque abandon est accompagné de « la sonnerie aux morts » jouée au cor de chasse. A la fin de chaque tour, Laz attend (clope au bec) le passage des braves ! Pour vous donner un ordre d’idée, en 2014, 24 personnes sur 41 seulement entameront la 2e boucle et 7 seulement pour la 3e. Seul Jared Campbell aura été au bout de la 5e boucle (il a d’ailleurs gagné l’épreuve 2 fois).

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