ULTRA MIRAGE – 100K à la découverte du Chott el Djerid en TUNISIE.

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Ultra Mirage

En début d’année, j’ai eu la chance de découvrir le désert marocain ! Le soleil, le sable, le sable, et la chaleur… Et j’ai découvert un univers vraiment particulier. Une ambiance à part, une lumière différente. A l’heure où l’on vit à l’étroit en ville, quel luxe, de se retrouver seul au milieu des dunes.

Alors, quand Raya m’a proposé de participer à l’Ultra Mirage, et de découvrir le désert Tunisien… Je n’ai pas hésité longtemps. Même, sans trop savoir dans quoi je m’engageais !

La date de la course approchant, je me suis quand même inquiété de savoir ce qui m’attendait… La seconde édition d’Ultra Mirage® El Djerid (UMED100K), un Ultra Trail international de 100 km dans la région de Tozeur. Une sorte de grande cuvette, où se trouve le plus grand lac salé du Sahara : Le Chott el Djerid. En cas de pluie ce désert peut rapidement se transformer en un immense lac, mais en temps normal il s’agit là d’un désert de sable et de sel ! OK…voilà le décor planté !

140 coureurs de 23 nationalités et 100 km sur une grande diversité́ de terrains : des dunes, des reliefs rocheux, des lits de rivières, des steppes d’herbe à chameaux, des chott salés… et même des lacs au milieu du désert !

Ultra Mirage

Avec une saison 2018 très chargée, je savais pertinemment que la forme ne serait probablement pas au rendez-vous… Mais me voilà tout de même à boucler mon sac ! D’ailleurs, pour une fois, pas de prise de tête pour le sac… Sur place short, tee-shirt et une casquette ! Pour courir un maillot, un short, encore une casquette, des lunettes de soleil (indispensables), mes HOKA Challenger 4, un sac léger (WAA ultra Pro 3L), deux flasques, de la crème solaire, un Buff (en cas de vent de sable) et quelques barres Baouw….et bien sûr mon téléphone Crosscall, qui me suit partout !

Dans l’avion je retrouve Vincent GAUDIN, un copain journaliste-traileur (en fait c’est bien plus compliqué que ça de « définir réellement » le monsieur….). Nous voilà à Tozeur, et immédiatement pris en charge par une organisation aux petits soins ! On profite même d’une journée de détente et d’adaptation à la chaleur du désert avant le jour J.  L’occasion le matin de rencontrer Amir, le directeur de course et d’assister à un des briefing de course (plusieurs briefing auront lieu au cours de la journée en différentes langues, 23 nationalités, afin de répondre au mieux à toutes les demandes). Puis avec Vincent, nous voici partis à la découverte de Tozeur… La ville est entourée d’une palmeraie de près de 400 000 arbres… Une ville de 37000 habitants, qui nous semble en effervescence malgré la chaleur. Avec Vincent, on se sent plus en vacance que la veille d’un Ultra. Et on s’oriente tout naturellement à 12h vers la terrasse d’un café, pour manger un véritable couscous tunisien, qui s’avéra excellent (et bien bien relevé…) !

Allez, maintenant préparation des affaires pour demain et sieste !

Jour J

Réveil 4h00… on s’équipe, et on prend la direction du petit déjeuner (crêpes, œufs, pain, confiture….un pti dej de compet !). Départ du bus à 5h30, direction le village de Tataouine ! La ville désertique du premier film de « Star Wars », rien que ça ! Ca claque pour un départ… Nous arrivons sur le site pour le lever du soleil. La lumière crée une ambiance magique sur un décor de cinéma qui a marqué mon enfance comme celle de beaucoup des coureurs présent… On s’attendrait presque à voir apparaitre R2D2 !

Tout le monde se place doucement prés de large de départ, le tout très calmement. Le stress et les sourires sont bien présents. On est là pour découvrir le désert, mais on sait que l’on va souffrir… Et Amir nous rassure, debout sur le 4×4 « Vous êtes venus pour souffrir…Et bien rassurez-vous, vous allez souffrir…. » !

7H00 le jour J

Le départ est donné, on s’élance pour 100K dans le désert du Chott el Djerid ! Un départ à bonne allure, mais pas sur les « chapeaux de roues ». C’est Rachid Elmorabity (6 fois de suite champion du mythique Marathon des Sables), son jeune frère, Mohammed Elmorabity (vice-champion du MDS et déjà̀ champion en titre de la première édition de UMED100K) et Sondre Amdahl (compatriote  de la championne Suédoise Elisabet Barnes) qui prennent rapidement la tête du groupe et règlent l’allure.

Je sais qu’il va falloir s’économiser, car la température va vite monter ! Je calme vite le « jeu » et laisse partir les « hommes forts » du jour ! (En fait, il y a aussi des femmes…). Le sol est plutôt facile à courir sur ce début de parcours, car le sable semble dur et tassé. L’allure est donc plutôt bonne à 5min au kilo. Je cours en compagnie de Chefia HANDAOUI (qui finira 3e féminine). On communique du coin de l’œil. On essaye de garder une allure très régulière tout en essayant de se motiver en observant les coureurs devant nous. Régulièrement, on se fait signe, pour se rappeler de boire…

KM20 – CP1

On arrive au premier ravitaillement, et j’avoue être plus que content, de pouvoir enfin faire une pause. Les bénévoles sont aux petits soins avec nous. On me remplit mes bidons, et me propose à manger… gâteaux sucrés, salés et dattes…il y a du choix ! Je mange une barre à la datte. C’est un produit de la marque Datty, un produit fait à partir des dattes des palmeraies locales… Ça passe très bien ! Chefia me fait signe qu’il est temps de repartir !

Je me concentre sur le nouveau tronçon à faire…15K ! Ça devrait passer vite. Pour l’instant je profite. La fatigue n’est pas encore là, le soleil n’est pas trop fort et le sable est de très bonne qualité (stable sous les pieds). On remonte régulièrement des coureurs partis trop fort.

Les kilomètres s’égrainent rapidement. Apres avoir contourné ce qui pourrait être un petit village ou une palmeraie, nous débouchons sur une route en bitume. Un trait noir et bien net dans le sable. Cette route me semble brusquement terriblement longue. Le silence est impressionnant, le seul bruit est le frottement de notre foulée au sol. La chaleur est maintenant vraiment présente, et les rayons du soleil me chauffent les avant-bras. J’ai l’impression de courir sur une jetée au milieu d’une mer de sable !

Je commence à décrocher. Chefia se retourne et m’encourage. Puis, je lui fais signe que suis dans le dur…et que je préfère la laisser partir. Cette portion est vraiment difficile ! Vient enfin une déviation sur la droite, un chemin sous les arbres… C’est juste du bonheur. Nous sommes dans la Palmeraie.

KM35 – CP2 « La Palmeraie »

Cette fois je m’assoie quelques minutes, et un bénévole « m’arrose » avec un pulvérisateur ! C’est juste magique ! Je bois un jus d’ananas froid….et de l’eau. Dur de repartir, mais il faut éviter de rester trop longtemps à l’arrêt ! Je repars, avec mon MP3 sur les oreilles. Je m’aperçois que mon maillot est blanc de sel. C’est une alerte à prendre en compte ! Je prends deux cachets de sel, afin d’éviter tous risques !

Le sable devient maintenant beaucoup plus meuble. Et la course plus difficile. Je profite pleinement de ce qui m’entoure, les dunes à perte de vue, cette limite qui semble se perdre dans l’horizon.

KM50 – CP3 « L’Oasis »

Le paysage se met à changer… Il me semble que les arbustes sont plus nombreux et plus épais. On contourne une oasis. La vue de l’eau est rafraichissante ! J’arrive au CP4… Une chaise m’attend, avec vue sur l’oasis ! « What else ? »… Un jus de coco et une barre aux dattes ! Là j’avoue, je suis “cuit”… Comme rôti par le soleil! Dur de repartir…

Maintenant le sentier devient mou. Je n’ai plus d’appuis ! Mes pieds s’enfoncent dans le sable. Je suis seul, et à ce moment je ne vois personnes devant, ni derrière… Un 4×4 passe de temps en temps à mon niveau. Ceux sont les bénévoles, et ils ont constamment un mot « sympa ». Nos anges gardiens, ils veillent à ce qu’il n’y ait pas problèmes, ou qu’un coureur fasse un malaise.

KM65 – CP4 « Au détour d’une dune »

Je me pose (ou plutôt je tombe dans une chaise). Je fais le plein d’eau, mais ici, avec la chaleur et le soleil, elle est chaude ! Pas de jus de fruit…Zut Déception !

Retour au bac à sable… Les lumières commencent à changer, et la température est moins forte (42° au plus fort de l’après-midi). Je vois des chameaux sur les dunes (ou serait-ce une hallucination…). Le sentier est maintenant très roulant, mais je n’ai plus les moyens d’accélérer, alors j’alterne marche et course !

Je retrouve Vincent. Il est bien plus en forme que moi… et vient de me remonter. Juste avant le coucher du soleil. Même si j’aime réellement la solitude en course, c’est sympa de discuter, de se motiver et d’échanger nos sensations  sur le moment présent.

KM 80 – CP5 « la dernière part de désert »

Vincent et moi, décidons de faire route commune dans la nuit. Nous allumons nos bâtons lumineux (obligatoires) et les fixons à nos sacs. Histoire de se « challenger », pour se motiver, nous nous imposons un bon rythme pour attaquer cette dernière portion de 20K (7’30/kilo).

La nuit fait un bien fou. Les sensations sont agréables et on essaye tant bien que mal de délier la foulée (enfin, ce qui y ressemble…). Nos frontales dessinent deux halos dans le sable (et j’ai cru voir des scarabées ou des araignées, je ne sais pas trop…). Vincent me fait observer le ciel. Nous coupons nos frontales. Je suis bluffé par le nombre d’étoiles (C’est vraiment « Star Wars » ici), et la lune rousse qui se découpe sur le ciel. Je profite des connaissances de mon binôme, bon, j’étais un peu « cramé »… Excuses-moi Vincent, mais je crois que je n’ai pas tout retenu !

Derrière nous le balai des frontales dessine une longue ligne de lumière… Il nous tarde de retrouver l’arrivée.

Et au détour d’une dune, nous voyons enfin le village de Tataouine, et l’arche d’arrivée.

KM100 – ARRIVAL « Village de Tataouine »

Amir nous accueille à l’arrivée, et a un mot réconfortant pour chacun des concurrents. Il nous indique une tente pour nous reposer et manger un sandwich. Puis les bénévoles nous orientent vers des 4×4 pour nous ramener à l’hôtel. L’organisation s’est mobilisée pour être aux petits soins des coureurs. Le restaurant est resté ouvert 24h pour permettre à chacun de se restaurer. Le lit et la douche auront une saveur particulière ce soir-là !

PODIUM ET COCKTAIL

Le lendemain, il est déjà l’heure des podiums. Les champions sont mis à l’honneur ! Puis nous profitons d’un cocktail dinatoire au bord de la piscine ! Quel dépaysement après le désert aride !

Le podium Féminin.
Le podium Masculin.

Puis c’est l’heure du retour vers Paris, et de retrouver la grisaille de cette fin septembre !

Je tiens particulièrement à remercier Raya et Amir, ainsi que l’ensemble des bénévoles et de l’organisation de l’UMED pour cette très belle aventure. Ce fut un moment de rencontres (Nadia, Mohamed, Fadwa, Amir…), d’échange, mais aussi de solitude et de découverte. Je ne me lasse pas de ces longues balades dans le désert !

Une course à faire pour découvrir le sable, et la Tunisie, mais aussi pour se découvrir.

Une belle épreuve, mais aussi une très belle préparation pour tous les coureurs souhaitant préparer le Marathon des Sables sans expérience du désert. Ici, la logistique de l’organisation permet de courir « léger », ce qui est parfait pour apprendre la lecture du sable avant de partir vers une épreuve plus longue et en autonomie totale.

« A très bientôt dans le Chott el Djerid ! »

« J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence… »

Antoine De Saint-Exupéry

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