Le trail des Forts de Besançon : mais pour moi ça n’a pas été très fort !

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A quinze jours de mon dernier trail (L’Ultra Pas du Diable) était-ce bien raisonnable ? Si je l’étais, ça se saurai… Et puis, je voulais voir jusqu’où je pouvais pousser mes limites ! La raison première de ma participation à cette course, était de faire le déplacement avec mon amie Sandra Vancayzeele. Et puis, je l’avais fait avec des amis l’année dernière, et j’en avais gardé un bon souvenir !

Comment décrire le Trail des Forts de Besançon ?

C’est un savant mélange de trail, comme on les aime : avec de la verdure, des cailloux, des racines, de la terre, des côtes où tu peux courir, d’autres où même en marchant, tu as l’impression de reculer et des descentes très techniques. On y trouve également un soupçon de city-trail, car une partie du circuit se fait sur le bitume.

Pour moi, la dernière semaine commençait mal, un problème gastrique venait me questionner sur ma participation… Les choses semblaient s’arranger quand un rappel à l’ordre le samedi soir après un petit footing vient me faire comprendre que la course risquait d’être plus compliquée que prévu !

Trail des Forts Besançon 2016 Au petit matin, après un bon petit échauffement avec Sandra, on se faufile pour se mettre au plus près de la ligne de départ. 7h45 Nous lâchons les watts et au bout de 500 mètres, passé aux côtés de Sylvaine Cussot, nous nous mettons dans l’ambiance avec une belle côte de quasiment 3 km !

 

Nous arrivons au Fort de BREGILLE (km 3,5) avec un super passage entre les murailles. Pas le temps de flâner, nous redescendons vers Besançon, en passant par le Fort de BEAUREGARD, où nous ferons le tour du centre ville sur les bords du DOUBS. Les choses sérieuses reprennent avec une belle grimpette en empruntant des rondins pour aider la montée. Nous arrivons au premier ravito situé dans le Fort de CHAUDANNE (km 10,5) dans une ambiance festive. Je bois et choppe vite fait quelques Tuc. Nous voilà dans une belle descente abrupte. Puis nous retrouvons le macadam qui commence à monter sérieusement en température.

Et on se fait une petite ascension pour atteindre le Fort de PLANOISE. Nous basculons pour reprendre une petite portion « roulante » avant d’arriver au kilomètre 21 au mur, (oui pour moi et pour un grand nombre je pense ce fut The Mur). Le passage de Sissi à côté de moi, pendant ma difficile montée, fut un réel moment de bonheur. Ses encouragements m’ont touché mais malheureusement ils ne m’ont pas permis de la suivre.

Cette longue et difficile côte aura eu raison de moi, pourtant je m’y étais préparé, je la connaissais, je savais qu’il fallait en garder sous le pied. Mais je n’étais certainement pas assez bien remis de ma précédente course…

Me voilà tant bien que mal reparti jusqu’au deuxième ravitaillement du kilomètre 23. Je recharge la machine le plus possible, sous un soleil qui tape fort et ne pardonne pas. À ce moment je sens que mes forces m’ont quitté. Il faut se remettre en question et envisager la suite de la course. Allez c’est voté avec moi-même je vais repartir tout doucement pour laisser revenir sur moi ma partenaire Sandra et tenter de finir la course avec elle !

J’arrive tranquillement au Fort de PUGEY (km 29). On y entre par une petite ouverture et on traverse de grandes pièces. Il y fait très frais… presque froid. L’association qui s’occupe de l’entretien et de la mise en valeur de ces sites historiques nous offre des bouteilles d’eau qui sont vraiment les bienvenues. En ressortant du Fort j’ai l’impression de prendre une chape de béton sur le coin du museau !!!

Trail des Forts Besançon 2016

Photo Gaby Vieille – Fort de Pugey

Et enfin, la voici! Elle me dira sur le chemin du retour avoir bien failli verser sa petite larme en me retrouvant. Elle non plus n’est pas en grande forme. Elle boite… Sa cheville lui fait terriblement mal, mais c’est une guerrière, « force et honneur » ! Elle veut rallier l’arrivée coût que coût !

Nous voilà dans la dernière longue montée, elle devrait durer environ 3 km. Au tout début on trouve une petite cascade. Du coup Sandra y plonge sa cheville plusieurs minutes, histoire de se faire une petite séance de cryo. Ma partenaire va mieux, alors on repart. Et là, c’est le revirement de situation. Mon ventre se met à faire des siennes « il n’y a pas de brouillard et pourtant on entend une corne de brume retentir »

Juste après avoir passé le Fort de L’Ouest des Buis (km 38), me voilà contraint en urgence d’aller faire un tour dans les buis…sons !!! Dès que je bois une gorgée d’eau, mon ventre gonflé me tiraille. Il va falloir boire avec beaucoup de parcimonie malgré la chaleur.

Trail des Forts Besançon 2016

Photo Gaby Vieille – Citadelle

Arrivé au dernier ravito nous nous rendons bien compte que beaucoup de coureurs sont en souffrance pour différentes raisons, mais apparemment le soleil et la chaleur y sont pour beaucoup. Nous repartons le couteau entre les dents, en nous soutenant.

Notre cheminement prend des allures de ballade, avec comme récompense l’arrivée dans la citadelle. Nous passons sur le haut des remparts. La vue y est magnifique. Pour l’occasion, nous en profitons même pour faire quelques photos.

Nous descendons une ribambelle de marches sans trop de problèmes puis nous avalons les derniers kilomètres. Et là c’est enfin la délivrance, nous franchissons la ligne d’arrivée main dans la main ! Une bonne grosse accolade aura plus de sens que bons nombres de mots.

Trail des Forts Besançon 2016

Photo Brigitte Faivre-Chalon

Nous nous restaurons, puis prenons la direction les douches, un vrai moment de bonheur (une logistique au top). Enfin une barquette de frites et une bonne bière fraîche, puis nous reprendrons la route.

Nous aurons bouclé les 48 kilomètres et 2100 mètres de D+ du trail des Forts de Besançon en 6h59… Nous nous referons la cerise et nous reviendrons plus forts et encore plus motivés !!!!

Trail des Forts Besançon 2016

La course de Sandra :

« 7h45, 14°C…BOOOOOM, çà part FORT. Le départ est en côte, le ton est donné…Une cheville encore fragile et capricieuse me fait comprendre que la course sera difficile! A mi-course, la gestion est bien différente que prévue. Je retrouve mon Laurent qui lui aussi a des défaillances…mais quel bonheur de voir un visage familier. Nous décidons de terminer cette course ensemble avec force et honneur sous ce soleil de plomb.

Sandra VANCAYZEELE

Un parcours technique et très exigeant, des belles bosses (voir des murs à grimper à 4 pattes). Un cadre historique au cœur des fortifications inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, traversant la Citadelle et son passage vertigineux avec vue sur l’arrivée. Un balisage au top, des ravitos dignes d’un brunch dominical et des bénévoles si FORTmidables sans qui cette manifestation ne serait pas. C’est une épreuve magnifique et chargée d’histoire, où je reviendrai faire la course que j’espérais tant. Une belle aventure où nous sommes ressortis FORT d’expérience. »

Sandra VANCAYZEELE 35 ans, Sapeur-Pompier Professionnel, pratique le trail depuis depuis 2ans 1/2, Passion : trail et montagne, Team Elite mielTonia

Texte et photos: Laurent DESMET pour Wondertrail.fr

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