Tiens, si je faisais la Saintélyon cette année …by Fréderic ALMOGUERA

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Je me souviens encore ce fameux matin, un jour finalement comme les autres, où je me suis dit en me levant : « tiens si je faisais la Saintélyon cette année », ça ne m’avait jusqu’ici jamais trop attiré, mais c’est quand même la doyenne des courses nature en France (64 éditions), 7000 personnes au départ, forcément une densité de bons coureurs qui n’est pas pour me déplaire. J’Y SERAIS !

C’est donc après le Trail du Sancy et une semaine de repos que je commence une préparation de deux mois, concocté par maître BRINGER, homme bien plus généreux que le père noël lui-même,  distributeur de bornes en tout genre.

Et dès la première séance me voilà dans ma bulle, pour moi la course commence déjà, c’est bel et bien les efforts chaque jour à l’entrainement qui pourront me laisser espérer une belle réussite le 3 décembre au matin… ce sera mon leitmotiv pendant les sorties un peu plus « HARD » oui-oui il y en a eu quelques unes 😉

saintélyon

Allez nous y voilà…

Vendredi soir, début du périple avec ma chérie Sandra, direction Lyon où nous serons magnifiquement hébergés par mes amis d’enfance Mike et Julie (MERCI !). Une bonne nuit et le lendemain après un réveil musculaire direction le retrait des dossards avec Fredo (un autre ami d’enfance) qui finira d’ailleurs magnifiquement pour une première sur la distance, on évite de perdre trop de temps là bas et on rentre pour la sieste…Après le dîner direction SAINT-ETIENNE pour le départ.

L’échauffement terminé, mais n’ayant pas obtenu de dossard préférentiel, je me glisse tel un voyou, au milieu des « élites » dévoilant mon beau dossard à 4 chiffres seulement au dernier moment.

Top départ

je suis convenablement placé (dans les 100), et voilà qu’on entame une grande portion de route pendant 7 km, distance couru à 16-17 km/h environ donc finalement rapidement nous prenons les premiers sentiers du parcours. Comme à mon habitude je me concentre sur mon allure, pensant déjà à boire et à manger, élément indispensable au vu des conditions annoncées (-10°C) j’arrive au premier ravito, je suis 15ème.

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Pas de Sandra pour me ravitailler, je remplis donc ma gourde au plus vite et je repars sans plus attendre, toujours bien concentré, je m’attache à relancer sans arrêt, les jambes sont bonnes alors j’en profite. Les kilomètres défilent et me voilà déjà au KM 28, Sainte Catherine, 2ème ravito, je retrouve mon assistante préférée, 5 secondes d’arrêt et c’est repartit pour une portion à priori un peu plus pentue, finalement c’est un enchaînement de montées parfois un peu raide mais jamais très longues et des descentes où il faut rester prudent du fait du terrain gelé. Arrivé « au signal » point culminant de la course, où l’ambiance est excellente d’ailleurs, à partir de là je sais que le profil est très roulant jusqu’à l’arrivée. La réussite passera par une réelle capacité à maintenir une bonne allure sur ces longues portions roulantes. J’enquille la descente jusqu’au ravito de Saint genou KM 41 1300 mD+, j’arrive 8ème en 3h10. Encore une fois ravitaillé superbement par Sandra, j’en profite d’ailleurs pour la remercier, elle m’aura suivi toute la nuit dans le froid, seule, pour me voir m’arrêter 5 secondes par  ravitaillement, parfois même sans lui décrocher un mot… N’elle est pas géniale ma chérie ??

Il reste 30 bornes avec un ravitaillement tous les 10 km, l’équation est simple, avec une telle densité il faut maintenir un bon tempo sinon ça risque de rentrer très vite de l’arrière alors je relance, je relance et je relance encore, avec mes forces du moment bien sur mais ça devient une obsession courir toujours le plus vite possible, rapidement je passe au ravito, au KM 52. Plus que 20 bornes et je me surprends même à me dire que ça passe vite, je ne vous parle pas trop de paysage (forcément la nuit) mais à vrai dire je n’ai pas trop de souvenirs de cette course, bien trop concentré et enfermé dans ma bulle du début à la fin pour ne pas faire d’erreur. J’arrive au dernier point de contrôle KM 62, j’essaie toujours de courir le plus vite possible, pour la 1ère fois de la course ça devient dur, mentalement ça va, je suis toujours bien déterminé mais les jambes sont raides, je sens les crampes arrivées mais je me dis qu’il reste 10 bornes seulement et surtout que je ne veux rien regretter, la tête prendra le dessus pour continuer à bien avancer… quelques petits raidards à négocier, une grande descente, des escaliers, des lumières, nous y sommes, l’arrivée est là, dans 1 km, je lâche toutes mes forces, je finis à bloc, je ne voulais rien lâcher, mon envie de bien faire était si grande, je ne voulais rien regretter.

Je rentre dans la halle Tony Garnier, je passe cette fameuse arche, 72 km 1900 D+ 6ème en 5h41.

Je retrouve Sandra et Mike qui s’est levé juste parce que je lui avais promis une bière, la traditionnelle bière d’arrivée, même à 5h du mat elle passe bien, le temps de prendre une douche et déjà on reprendra la route… on est cuit mais que c’était bon !

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Vive le sport !

Crédits photos@Gilles Reboisson

Récit @Fréderic ALMOGUERA

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