Stéphane DIAGANA : « Le trail et le running ? C’est différent ! »

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    Champion du monde, 400m haies. Ca en jette n’est-ce pas ? Sauf que le temps des performances de haut niveau, c’est terminé pour Stéphane Diagana. Aujourd’hui il apporte son expérience d’athlète à des marques comme Kalenji pour Decathlon, ou Sportéus de Lactel, et s’ouvre à une pratique de la course à pied moins exclusive qu’auparavant. Quand on le questionne sur sa philosophie de la course à pied, il répond en un mot : « Liberté ».

    La liberté, c’est le leitmotiv des traileurs. En êtes-vous ?

    Pas encore ! Dans la vie, il faut faire des choix et je viens de la piste… J’aime la foulée libre. Celle que l’on peut développer pour faire venir les sensations. C’est plus facile sur une surface régulière comme le macadam pour arriver à un certain tempo avec répétitivité.

    N’aimeriez-vous pas tenter l’aventure ?

    J’ai déjà fait des courses nature, façon trail. Je me rappelle d’un semi dans la Drôme où l’on devait presque mettre les mains par moment ! C’est sympa, mais c’est une autre sensation… En termes de course c’est très différent. On doit tout le temps surveiller où l’on met les pieds. En montée on ne court pas, et en descente on est dans le contrôle.

    Alors vous ne pensez pas que le trail est une évolution naturelle du running ?

    Beaucoup de gens le pensent. L’un n’exclu pas l’autre, mais c’est autre chose. Je pratique beaucoup le vélo… C’est comme si je devais comparer le plaisir que j’ai à faire du vélo sur route et le plaisir que j’ai à faire du VTT. Ce sont deux sports différents même s’ils ont tous les deux des roues ! Pour moi, le top en course à pied c’est une séance sur piste avec un 10 ou 12x1000m. Je cours entre 17 et 17,5km/h : un vrai régal ! C’est quelque chose que j’effectue en prépa marathon notamment, pour une allure en course qui serait plutôt de 14km/h.

    A ce propos, quelle est votre distance de course favorite ?

    Le 10km, que je boucle en un peu moins de 36 minutes. Je viens du sprint, donc c’est la course où je prends le plus de plaisir. J’aime aussi le marathon, mais c’est autre chose cette aventure interne où l’on se découvre. Ce rapport à soi, on ne peut pas l’avoir sur un 10km, ou alors quelques minutes et puis c’est fini.

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    Quels sont vos objectifs pour cette année 2016 ?

    J’ai arrêté ma carrière sur des problèmes de mollets… C’était il y a 11 ans, et je suis toujours embêté avec ça ! Je n’ai pas pu faire la Prom Classic en janvier dernier à cause de ce souci. Je dois faire plusieurs examens avant d’envisager une préparation. Je ne m’entraîne pas si je ne suis pas sûr aller au bout. Je n’ai pas envie de me retrouver obligé d’abandonner comme au 15ème kilomètre au marathon de Londres l’an dernier.

    Comment faites-vous pour vous maintenir en forme malgré ce handicap ?

    Je pratique le vélo car c’est un sport porté qui ne pose pas de problème. J’entretien ma condition physique un peu dans l’esprit Crossfit. Et je fais aussi un peu de footing, mais en ce moment je fini par boiter au bout de 20 minutes…

    Auriez-vous justement un conseil pour les runners en retour de blessure ?

    Ca dépend du type de pathologie. Il y en a qui sont chroniques comme un TFL (aka le syndrome de l’essuie-glace) ou une tendinite. Avec ça, il y a peu de risque de claquage à la reprise, on est plutôt sur la possibilité de réveiller l’inflammation. On est sur petite douleur qui peut être résiduelle, mais qui peut passer en reprenant. Il faut faire confiance aux recommandations du médecin mais aussi s’écouter. Il faut aussi réintégrer les exercices progressivement en étant attentif à ses sensations et ne pas hésiter à revenir en arrière dans son entrainement si ça ne va pas.

    Comment procéder pour les blessures plus sérieuses ?

    Quand on reprend après une blessure violente comme un claquage au mollet ou aux ischios, parfois on n’a plus du tout de douleur. C’est binaire : j’ai pas mal ou c’est la cata. Ici l’angoisse c’est de ne plus avoir aucun signaux qui indiquent que je suis blessé… Il est important de bien respecter les étapes du protocole de récupération avant de pouvoir se donner à nouveau à 100%.