ITW – Patxi Sallaberry président de l’association Baztandarrak « le Trail à la façon Basque »

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    Baztandarrak
    Patxi encadré par Paul Iratzoquy et Maxime Cazajous

    « Une passion, la montagne » ce sont les premiers mots qui apparaissent dés que l’on découvre le site de l’association BAZTANDARRAK. Organisateurs de courses, où se mêle la performance, la montagne et la découverte d’un patrimoine fort, l’association BAZTANDARRAK est présente partout en France. Cette année, afin de « marquer le coup« , ils ont organisés le BK85. Un parcours magnifique à aborder avec un entrainement sérieux !

    Thomas a rencontré pour nous Patxi Sallaberry , président de l’association BAZTANDARRAK, organisateur de l’évènement BK85 du 21 et 22 juillet 2017. L’occasion d’en savoir un peu plus sur l’équipe à l’origine de cette très belle épreuve et sur l’esprit qui anime le Trail a la façon Basque!

    WT – Avant de parler de cet énorme évènement pour le Pays Basque, qu’est le BK85? peux-tu nous parler de Baztandarrak ?

    PS : C’est une association qui a vu le jour il y a 20 ans, créée par 4 amis passionnés de courses en montagne venant du même village qu’est Bidarray en vue d’avoir une structure pour accompagner les coureurs et organiser des courses. Organisant au départ des 16km pour passer très vite au BK21 km puis en 2007 au BK42 km.

    Aujourd’hui l’association est dynamique avec 70 membres, des entrainements en semaine sur tous types de terrains, et en montagne tous les week-ends. Que ce soit en loisir ou en compétition, tous les niveaux sont présents, chacun fait avec les moyens dont il dispose. Nous sommes tous des passionnés de la montagne, des paysages et de la beauté des sites. Certains participent à de gros chalenge comme l’UTMB, l’Euskal Trail, La Diagonale des Fous

    Mais il y a aussi, les repas en commun avec tous les bénévoles,  les réunions mensuelles ou hebdomadaires pour organiser les trails comme ce week-end. Bref la vie d’une association.

    Baztandarrak

    WT – Justement en parlant d’événements, Baztandarrak organise chaque année le BK21 km D1660 et le BK42 km D3100 pourquoi le BK85 km D6500.

    PS : Cela fait des années que l’on organise ces deux courses que l’on maitrise et pour les 20 ans on a voulu organiser quelque chose de différent avec un double enjeu. Tout d’abord une course de montagne exceptionnelle et unique mais aussi on voulait que ce tracé puisse servir ensuite pour les amoureux de la montagne et les randonneurs.

    WT – Pour préparer une course sur 85km et 6500m de dénivelé sur ces montagnes, vous avez dû créer de nouveaux sentiers ?

    PS : Afin de réaliser le parcours on l’a tracé sur Google Earth, ce qui est facile… mais la réalité l’est moins. Sacré chantier ! On s’est servi de sentiers qui n’étaient plus praticables depuis des années, là où la nature avait repris ses droits, des sentiers à l’abandon. On a reconstruit un pont détruit lors de la crue de 2014 en portant, à dos d’homme, des poutres en bois de 13 mètres de long pour 500 kg. Nous avons passé de longs week-ends avec les tronçonneuses et débroussailleuses et l’aide de beaucoup de bénévoles. On était « sur le front » depuis octobre.

    Baztandarrak

    WT – Maintenant que la course est finie et que tu as un peu de recul par rapport aux participants que penses-tu de ce 85km ?

    PS : Aucun regret, on a communiqué comme il fallait, on a toujours dit que ce serait un parcours technique et difficile. On s’est même « tiré une balle dans le pied » car n’importe qui ne pouvait pas la faire, il fallait justifier d’avoir couru un marathon ou un ultra dans les deux ans avec un certain dénivelé pour l’inscription, du coup sur les 300 dossards seuls 250 ont été validé.

    Il y a seulement 90 abandons, soit 35% à 40% on est sur les bases d’un GRP ce qui n’est pas choquant. Les barrières horaires étaient assez larges pour éviter que les concurrents laissent trop de jus au départ et se mettent dans le rouge dès le début à cause de la pression. Donc ça plus les inscriptions nous permettaient de « maîtriser la difficulté ».

    Baztandarrak

    WT – Au vu de l’évènement exceptionnel je trouve, mais c’est personnel, que vous n’avez pas fait énormément de publicité. N’est ce pas dommage?

    PS : C’est vrai, on est des amateurs et sur l’aspect communication on pêche. Notre priorité était d’organiser les courses, les mises à jour régulières sur notre site internet ou Facebook demandent du temps. Aujourd’hui Baztandarrak ce n’est pas notre job, on reste dans la continuité de ce qui a été mis en place il y a 20 ans. Mais en tant qu’organisateur je suis content car malgré tout, les dossards sont vite partis et cela a permis de prévoir les repas, la pasta partie, les cadeaux et les lots.

    WT – J’ai constaté que la plupart des courses du Pays Basques comme le Laka, les Bergers, le Ttutturu trail, Xibero ont peu de communication, mis à part l’Euskal et la Skyrhune. 

    PS : Effectivement chez nous il y presque 2 à 3 trails de montagnes par week-end allant de 15km à 75km voire plus mais avec des concurrents venant des environs. L’avantage c’est que l’organisation reste locale, « plus simple » et on retrouve souvent les mêmes participants sur les tracés.

    Baztandarrak

    WT – Les résultats…, tu en penses quoi ?

    PS : Extrêmement content, bon si on prend le premier masculin : Maxime Cazajous était incontournable ayant gagné, il y a 15 jours le GTVO et le BK42 l’année dernière. Mais  ma grande satisfaction est l’hétérogénéité du podium. Le 2eme : Laurent Le Helley est un breton venant des Côtes d’Armor qui possède un excellent niveau malgré le manque de dénivelé pour s’entrainer chez lui. Hervé Mongabure, « le local » qui bosse comme charpentier de 7h du matin à 20h le soir et qui trouve le temps de s’entrainer pour être à ce niveau, finit 3eme, chapeau !

    Encore plus heureux chez les féminines car la première Carole Duhart fait partie de notre association.

    Baztandarrak

    WT – Un dernier message que tu veux faire passer ?

    PS : Tout d’abord je suis satisfais car tout c’est bien passé dans l’ensemble. Le message que l’on fait passer sur l’environnement lors des courses est bien compris. On utilise des éco-tasses et des baso berri et on maitrise les déchets. L’identité basque est présente avec tous les discours et consignes en basque et français.

    Baztandarrak

    Mais je clôturerais par les remerciements, un très grand merci à tous les bénévoles qui ont œuvré avant, pendant et après, merci aux coureurs, aux partenaires, aux secouristes, à l’ensemble des organisateurs et personnes présentes, et merci à Wondertrail pour cet article.

    « A mon tour de clôturer cette entretien en te remerciant, car à titre personnel j’ai couru le BK21 et j’ai trouvé une organisation sans faille, une ambiance exceptionnelle, un parcours technique et bien pensé. Merci de nous avoir accordé de ton temps et à l’année prochaine ».

     

    Crédits photos @Baztandarrak Bidarrai