Retour sur l’Ultra Marin

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Difficile de revenir sur une telle aventure…

Je pensais en faire une course objectif, mais une opportunité m’a amenée à aller découvrir la Guadeloupe et la TransKarukéra quelques jours auparavent. Tant pis, je tenterais donc l’enchainement de deux Ultras : Les 140K et 10000m D+ de la TransKa, puis les 177K et 1000mD+ de l’Ultra Marin ! Deux profils complétement différents… Me voilà donc dans le train, vendredi matin en compagnie de Bastien. On avait prévu d’y aller ensemble, alors malgré notre manque de fraicheur…on va tout de même relever le défi ! 4 heures plus tard, nous retrouvons Nicolas MARECHAL sur le port de Vannes pour le retrait des dossards. Numéro 666… « Y’a quelque chose qui me fait peur, là !!! »…

666

Bon, perception de la super boite de gâteaux traditionnels (merci La Trinitaine) et direction l’hôtel. En route, on essaye de trouver quelque chose à manger. Ce sera pattes, dans un pot en carton ! Ça colle à la thématique du jour ! Enfin nous voici, à notre chambre. Et il est déjà temps de se mettre en tenue de « gala ». Rapidement, avec Bastien, on se dirige vers le port pour attendre le départ (en buvant un Mojito…).

Ultra Marin

La température, à 18h00 est encore étouffante ! Ça promet une nuit très chaude. Je retrouve les copains Laurent JOUET, Christian DILMI, Rémi ARAGON, Nicolas MARECHAL… Puis vient le décompte, 3…2…1…0… Nous voilà partis pour 177k !

Ultra Marin 2018

Dès le début, je me glisse dans les 20 premiers (en me disant que ça devrait tenir un moment). Mais après à peine 3K, je comprends que ma TransKa a laissé beaucoup de dégâts. Je manque de « jus »… Bon, on va faire avec la forme du jour ! « Frein à main », je m’adapte à la vitesse.

On passe le CONLEAU, puis on remonte en direction d’ARRADON. Je pense que la marée ne sera pas favorable cette année… Et malheureusement, je ne me trompe pas…. Premier passage les pieds dans l’eau. OK, il fait chaud, et ça fait du bien !! Mais après les ampoules de la semaine dernière, je prends sans hésiter l’option déchaussage…fastidieux et long, mais de toute façon, la course sera longue. 1K plus tard… « me.de… », Encore de l’eau. Ambiance Raid ! Mais je préfère assurer des pieds en bon état. On arrive au ravitaillement. Cette année pas le choix, il faut que je m’arrête et refasse le plein. La chaleur est vraiment importante, et je me force à boire beaucoup. Bon, là, c’est la déception…. Toutes les boissons sont restées au soleil… J’ai failli recracher immédiatement mon coca chaud ! Je rempli juste mes bidons en eau chaude et je repars sans trainer.

Ultra Marin 2018

Le chemin côtier est agréable et peu technique, mais la chaleur m’empêche de conserver une vitesse régulière. La fatigue de la TransKa joue aussi beaucoup sur mes niveaux d’énergie. Je profite donc du paysage…Ce début de parcours est magnifique, à tomber (on se croirait presque en vacances). Je laisse donc passer beaucoup de monde… Âpres tout, on verra demain matin, où on en est ! Enfin, le point d’eau de PORT BLANC…une rampe d’eau fraiche ! Un pur bonheur. Remplissage des bidons et de la casquette… Je remarque que beaucoup de coureurs ont déjà le visage marqué ! Pourtant nous n’avons parcouru que 28 Km.

Je repars en marchant un peu, histoire de m’alimenter, même si avec cette chaleur, aucune nourriture ne me donne réellement envie ! Ouh… C’est dur de relancer les jambes… Je suis dans un petit groupe, où tout le monde souhaite rester prudent. La « course », ne commencera que demain…on va déjà voir comment passe la nuit qui se projette sur l’horizon. Nous avons le droit à de nombreux passages sur route. J’en profite pour prendre une foulée de circadien (coureurs de 24h…le pied reste très près du sol) et tourner à l’économie. Je bois énormément, mon maillot et mon short sont trempés…

Ultra Marin 2018

LARMOR BADEN. 1er gros ravitaillement. Je prends le temps de m’assoir et de manger une assiette de pattes (qui passe bien au demeurant). Je retrouve Max, engagé avec d’autres collègues de la BSPP sur le relais (là tout de suite, je regrette de ne pas avoir fait comme eux !!!). Ça fait un bien fou de se mettre à l’ombre, assis. J’ai l’impression d’être déjà bien attaqué. « Seulement 35K…ce n’est pas normal, même avec la fatigue de l’enchainement des courses, je me sens trop fatigué ». Je mets ma frontale sur ma tête. Ma NAO…qui d’ailleurs est fatigué aussi ! Je viens de casser la fixation du câble d’alimentation. C’est un signe ! Bon, ça marche quand même.

Je me retrouve dans un nouveau groupe de 6 coureurs. Pas un mot, le silence est pesant. On n’entend que le bruit de l’eau dans le Camel-bag. On a le droit à un coucher de soleil « magique ». La lumière est magnifique à cette heure sur le Golfe. L’obscurité se fait doucement. Mais malheureusement, elle n’apporte pas la fraicheur espérée. Beaucoup de familles et de jeunes profitent de cette soirée pour pique-niquer sur les plages, le long de la rivière d’AURAY…. Je vous passe les odeurs de barbecue et de chips, ou encore les « Vous voulez une bière bien fraiche ? »…Ahhhh, trop dur ! Allez, on reste concentré.

Ultra Marin 2018

Notre groupe a « éclaté », je cours seul en direction du Port du BONO. Je reconnais bien le parcours, je n’observe même plus les rubalises. On commence à entendre les voies, je vais bientôt pouvoir faire une pause. Il est 1h00 du matin. Ca fait donc 7h00 que je cours (enfin…cours-marche…), pour 52K… Moment d’angoisse ! Là, je ne suis pas rentré ! Il me reste encore 120K. Et qui je vois arriver…Bastien. Je crois tout d’abord qu’il m’a remonté et que je vais pouvoir repartir avec lui. Mais malheureusement, il a abandonné ! C’est vraiment dur de rester dans le match, à ce moment de la course. Bastien me motive, donc je repars, mais sans grande conviction.

Nous sommes maintenant dans la nuit « noire ». La frontale éclaire juste un bout de sentier devant moi. La température devient aussi plus agréable. C’est le moment de gagner du terrain sur le soleil, car demain, ce sera le « cagnard ». Alors j’avance en essayant de maintenir une foulée efficace. Peu avant d’arriver à Auray, je commence à me sentir très fatigué. Les yeux se ferment doucement, ma foulée est aléatoire. J’ai envie de dormir… A la sortie du Port de St GOUSTAN, je vois un banc. Je m’allonge et règle ma montre sur 15min. Je sombre immédiatement, terrassé par le sommeil…BipBipBip… J’ouvre les yeux. J’ai l’impression d’avoir dormi 3h. Mais non…15min. Je repars beaucoup mieux, la vigilance est revenue.

Nous sommes maintenant trois. Nous discutons de tout et de rien. Mais ça nous force à rester éveiller et nous empêche de trop réfléchir. La cadence est plutôt correcte. 3h28 du mat, nous arrivons au terrain de tennis de CRAC’H. L’occasion de manger un peu et de profiter de ce petit bain de foule. Coca, pain, fromage…est un petit message pour rassurer tout le monde à la maison. Je me projette sur le prochain ravitaillement. Quand nous serons à LOCMARIAQUER, nous aurons fait la moitié du parcours.

On repart ensemble, mais rapidement les groupes se font et se défont… Beaucoup de riverains ont improvisé un ravitaillement en eau en bas de chez eux. Il est 4h00, et ils sont là pour nous encourager…C’est juste complétement fou ! Mais ça fait un bien fou au moral ! Je reconnais les plages à ma droite (c’est le seul moment où nous avons la mer à main droite), puis la Pointe de KERPENHIR. Dans quelques minutes nous serons à l’embarcadère.

Poncho et gilet de sauvetage… Nous voilà équipé pour une belle croisière. Je pense que je me suis endormi avant même le départ du zodiac. Mais je serais vite réveillé par une « bonne petite vague » ! Même pas froid !

Ultra Marin 2018

Allez, une fois les pieds sur terre, je sais qu’il me reste 4K pour arriver à « La Base de Vie »… Le jour se lève déjà. C’est magnifique. Je voudrais me poser et juste regarder le ciel qui commence à s’enflammer… Mais, j’ai trop hâte d’être au ravitaillement. Le parcours est agréable, on passe même sur la plage de BILGROIX (les pieds au sec). Enfin… Le Stade d’ARZON !

Je prends tout mon temps, il est 6h30, l’heure de se faire un bon déjeuner… une belle assiette de pattes quoi ! Je change de maillot et de short, puis remets de la NOK un peu partout (avec la transpiration, j’ai des irritations de dingue…). Puis je m’octroie une petite sieste, pieds en l’air contre le mur. Et cette fois quand la montre sonne, bah je relance le chrono (et replonge immédiatement dans les bras de Morphée)… 30 min plus tard et 1 café… Il est temps de repartir.

Ultra Marin 2018

Il fait encore frais, c’est le moment de ne pas trop trainé, car tout à l’heure, il risque de faire très très chaud ! Je suis maintenant sur la partie du parcours que je préfère. Un sentier étroit, légèrement technique (racines, devers, marches, sable…). Je profite du paysage, le Golfe du Morbihan est splendide. J’ai l’impression de courir sur une carte postale. Bilouris, le moulin de Pen-Castel…nous sommes maintenant tellement étalés sur le parcours, que l’on passe de long moment seul. L’occasion de laisser l’esprit vagabondé, et même d’oublier parfois que l’on est en course. Le corps est bien là à essayer de courir, mais la tête est ailleurs, loin à la maison, avec la famille, les amis, les projets familiaux. Mais il y a toujours cette racine qui nous fait trébucher et nous ramène au sentier, aux pieds qui font mal, aux cuisses en feu…. Alors on court !

PORH NEZE, 100K. Un café et deux madeleines. Le plein des bidons. Je repars en marchant, histoire de détendre un peu les pattes ! Direction LE LOGEO, puis SARZEAU. La chaleur commence à monter sérieusement. J’essaye de boire régulièrement. C’est sur ce tronçon que je vais retrouver Rémi, mon WonderPote ! Retrouver un ami dans ces moment-là, c’est juste du bonheur… Rémi aussi commence à être attaqué par le soleil, mais il semble plus frais que moi. On se motive, on profite du décor, et quand la fatigue devient trop forte, on se projette sur d’autres courses, encore plus loin, et du quoi, on oublie nos douleurs. On a un rythme régulier. Bah oui…on marche tout le temps…lol.

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Les ravitaillements improvisés par les spectateurs sont juste de petit moments de bonheur. Bouteilles d’eau fraiche, jets d’eau, pulvérisateurs…tout est bon à prendre ! On arrive enfin à Sarzeau ! Lolita nous attend juste avant le ravitaillement. Elle nous a préparé un plaid sous un arbre. A peine allongé, Rémi et moi, nous endormons. Lolita nous réveillera au bout de 30min (heureusement, on y serait encore !).

Ultra Marin 2018

Du coup, passage rapide par la salle de ravitaillement surchauffée. Attention, on a le droit qu’à un verre de coca ou un verre de St Yorre… Ça ne rigole pas ici ! Bon, nous voilà de retour sur les sentiers. Plus que 58K… La balade sous le soleil Breton peut continuer ! Plage, marais du Duer, marais de Lasné… Je réalise que nous sommes en plein soleil. Pas d’arbre, pas d’ombre, ça chauffe sous la casquette ! Je me sens vraiment mal ! Je rêve d’une glace…

LE HEZO, 135K… Lolita nous attend justement avec des glaces…moment de bonheur. Je pose ma tête sur mes bras. Mes yeux se ferment instantanément. Ok, faut pas trainer, sinon, on ne repartira jamais. Rémi aussi est dans le dur maintenant. Nous sommes attaqués par des hordes de moustiques à l’approche des marais de Séné. On avance plus, on se traine.

Ultra Marin 2018

LE STADE DE SENE, 155K, il fait de nouveau nuit! On s’arrête. Rémi se couche immédiatement. Il fait une hyperthermie, il est déshydraté. Je le laisse dormir. 1 heure passe, il est toujours couché. Lolita va rester veiller sur lui. Je vais donc repartir seul pour ces derniers 22K. Il pleut. Je suis « remonté » à fond. Si je dois finir seul, ce sera en courant ! Les jambes répondent bien, la pluie a rafraichie la température, j’arrive a tenir un 10Km/h sans trop de difficultés. Je remonte beaucoup de coureurs. C’est grisant. Les Km s’enchainent vite. PORT ANNA. Plus que 15K.

Je vois enfin VANNES au loin. Je remonte LA MARLE, plus quelques minutes. Bastien, m’attend sur le port. On finit ensemble les 400 derniers mètres avant de franchir la ligne ! Enorme, cela me ramène au MDS, quand nous avions terminé ensemble la « longue »…. Un moment de bonheur et d’échange simple. Ce n’est pas la première fois que je termine l’Ultra Marin, mais ce sera sans aucuns doutes possibles la fois la « plus difficile » !

Maintenant, il faut manger. Bien sûr, je récupère ma veste Finisher (la preuve !!!). Mickael TREGOAT, un copain de fac en termine presque en même temps que moi. Cela fait 20 ans que l’on ne c’était pas vue…. Énorme ce hasard. Ce sera festin de pattes pour nous trois ! Place à la récupération maintenant… 350K et 11000m D+ sur une semaine, ça fait beaucoup ! Repos Dodo, Life+ et vélo.

Ultra Marin 2018

 

 

 

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