Retour sur la TDS d’Arnaud LEJEUNE avec ses 124km / 6900 m D+ …

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Lorsque l’on connait Arnaud LEJEUNE, on sait qu’il ne fait jamais les choses à moitié. En course, il est toujours à 100%, jamais sur la retenue! « Fait le, ou ne le fait pas, mais ne fait pas semblant« ! Et le monsieur a un sacré palmarès niveau trail… (Trail du Verbier St Bernard, Trail des Cabornis, Hivernale des Templiers, Endurance Trail des Templiers, MIUT, UTMB, CCC, Diag….bref on va pas tous les citer, il nous faudrait une double page!), mais ce que préfère le monsieur, c’est la montagne, le gros D+ (car Arnaud n’aime pas courir….et Oui!).

Coureur d’Ultra, passionné de montagne Arnaud avait comme objectif de fin d’été de venir à bout de la TDS®. Une course de pleine nature, empruntant les sentiers de Grande Randonnée du pays du Mont-Blanc, de la Vallée d’Aoste, de la Haute Tarentaise et du Beaufortain. Une véritable épreuve de montagne, comportant de nombreux passages en altitude (>2500m), dans des conditions climatiques pouvant être très difficiles (nuit, vent, froid, pluie ou neige), nécessitant un très bon entraînement, un matériel adapté et une réelle capacité d’autonomie personnelle. L’épreuve, longue de 123 km pour 6800m de dénivelé positif, a livré cette année un scénario indécis jusqu’aux derniers kilomètres de course!

Voici le compte rendu de son aventure!

TDS

Mardi 27 Aout 2018

Il est 10h00 et nous prenons la direction de Courmayer avec mon frère Antoine afin de récupérer mon dossard pour cette TDS 2018. Après une participation à la CCC et 3 participations à l’UTMB, je voulais absolument faire cette course. Malheureusement suite à mon problème de dos revenu très fort durant l’Ultra trail de Madère l’année dernière, j’ai dû renoncer car aucune préparation.

Une fois sur place, nous profitons de la restauration Italienne, puis nous prenons quartier dans notre hôtel. Une petite pause récupération et je pars faire mon traditionnel footing d’avant course où je profite d’emprunter le chemin du départ de demain matin. Il fait bon chaud.

Petite douche, et je vais récupérer mon dossard ou j’ai plaisir de discuter avec Fabien Antolinos, Anthony Gay et sa compagne Caroline Benoit. Ensuite, je termine de préparer mes affaires pendant qu’Antoine retourne sur Chamonix récupérer un ami, puis nous allons dîner avant une bonne nuit de sommeil qui sera plus longue que prévu car la course démarrera du coup à 8h00 au lieu de 6h00 pour cause d’orages. Super : Grace matinée.

TDS

Mercredi 28 Août 2018

Je me lève à 5h00 pour déjeuner (ce matin café et gâteau sport MAISON) après une nuit bien agitée comme chaque nuit d’avant course d’ailleurs. Ensuite il est temps de se préparer pour cette belle ballade, et cela tombe bien, je me sens plutôt très bien ce matin. Je quitte l’hôtel à 7h00 et me rends au départ en courant tranquillement et poursuit un léger échauffement jusqu’au moment de rentrer dans le sas de départ.

Juste le temps de saluer quelques connaissances sur la ligne, le décompte est lancé…

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Et c’est parti….

Je pars avec la tête direction le col Chécruit et l’arête du Mont Favre pour une montée de 1400 D+. Dès le début de la montée, je ne me sens pas au mieux et je bascule au environ de la 50e place au sommet.

TDS
Mont Favre

J’espère me refaire ensuite dans la descente vers le lac Combal, car je sais que depuis quelques courses, j’ai besoin d’une bonne heure pour me mettre en route mais les jambes ne sont pas bonnes du tout, j’ai déjà des points douloureux dans le dos et au ventre. Je me fais doubler de toutes parts et la montée au col Chavannes est encore très difficile, je ne suis toujours pas bien du tout et le mental en prend vraiment un « coup ».

Ensuite, j’essaie une nouvelle fois dans la descente vers Alpetta d’essayer de retrouver un peu de jus, mais rien de mieux… et la remontée sur le col du Petit Saint Bernard avec 420 D+ sera encore très dur malgré que cette partie reste roulante. J’arrive à la 101ème place et je sens bien qu’il n’y a rien à faire, je suis livide, pas de jambes, et de plus en plus déçus. Je dis à Antoine qui est venu me voir sur ce ravito pour m’encourager, que je redescends sur Bourg Saint Maurice , « Je vais certainement arrêter« . Il me dit « Tu verras bien, gardes le moral. Ça va revenir un moment ou un autre« .

Col du Petit Saint Bernard
Col du Petit Saint Bernard

C’est reparti donc direction Bourg saint Maurice pour 15 kilomètres de descente qui vont plutôt mieux se passer. Les douleurs au dos et au ventre sont moins fortes malgré qu’elles soient toujours présentes. Je reprends quelques places dans cette descente mais surtout je me sens un peu mieux. Ce n’est pas la joie, ni la forme olympique, mais moins de souffrance et un peu plus de tonicité. J’arrive à Bourg pour le premier ravitaillement avec assistance. Antoine me donne ce dont j’ai besoin.

Ravitaillement

Je mange un petit morceau de fromage et de jambon, un fluidmag +WATT pour la prévention des crampes et un morceau de barre protéinée, que je finirai petit à petit par la suite. Coca, thé froid et une soupe de vermicelles puis je décide de repartir. Je dis à Antoine que j’essaie encore jusqu’au Cormet de Roselend. A ce moment de la course j’abandonne ma déception de ne plus pouvoir jouer une bonne place au classement général et je me mets en mode finisher qui est tout de même l’objectif principal sur ce type d’épreuve.

Donc, direction Cormet de Roselend avec une variante car nous ne passons ni par le col de la Forclaz, ni par le passeur de Pralognan. Une variante avec 4 kilomètres de plus et 500 mètres de dénivelé en moins. Le début de cette montée se fait en petit single puis nous rejoignons les Chapieux et enfin la route principale pour rejoindre le col. Un bon bout de route pas très rigolo.

Le Passeur de Pralognan
Le Passeur de Pralognan 2567m

Des voitures sans cesse qui montent et descendent ce col, on se croirait en train de « courir sur l’autoroute », ou au tour de France. Dans cette montée, je retrouve un peu de jambes, j’arrive à courir une bonne portion sauf la fin et arrive au ravito. Malgré que le mode finisher soit en route, et les jambes légèrement mieux, je suis toujours un peu négatif et je réfléchis encore fortement à arrêter. Je me ravitaille et sort de la tente avec un gobelet de vermicelles. Je vois Antoine et je vais le voir.

Il me donne le nom de certains concurrents qui ont abandonnés, je regarde le profil avec lui. Je pense aux filles qui me retrouvent aux Contamines pour m’encourager et puis je repars très vite pour ne rien regretter, je ne veux pas abandonner, ce n’est pas moi. Je peux encore avancer, je n’ai pas beaucoup de force mais la mécanique fonctionne et j’ai encore jusqu’à demain après-midi pour arriver. J’ai toujours dis, à partir du moment où l’on n’a pas de blessure qui t’empêche d’avancer, et bien tu avances. Je ne sais pas combien je suis au classement et ne demande rien, c’est plus le problème de la journée.

Et c’est parti pour le col de la Sausse qui va bien porter son nom. Les nuages deviennent de plus en plus menaçant, le vent puis des éclairs et la grêle. D’un seul coup il fait sombre, froid, des coups de tonnerre de plus en plus proche. Je mets vite ma veste et me couvre bien avec la capuche et je sors déjà ma frontale au cas où, car il fait vraiment sombre. Je ne sais pas si c’est le tonnerre mais je retrouve de bonnes sensations dans des passages techniques pour rejoindre le col suivant : le col est de la Gitte puis le col du Joly.

Ravitaillement Col du Joly @LesSaisies
Ravitaillement Col du Joly @LesSaisies

Je vais allumer ma frontale dans la descente direction Les Contamines après le ravitaillement du col du Joly et me retrouver sur des sentiers connus puisque je rejoins Notre Dame de la Gorge, que nous passons dans l’autre sens lors de l’UTMB. Et là, grosse surprise… Magali et mes 2 filles, Jade et Chloé sont dans la fin du chemin, avant de rejoindre la route pour m’encourager. Ça fait du bien de les voir. Je me suis battu toute la journée pour arriver à ce moment. Cela me « boost » et me donne beaucoup d’énergie pour rejoindre le ravitaillement des Contamines où je vais avoir enfin une bonne moyenne. En plus les copains du Team Talon d’Achille seront là également, pour m’encourager et me donner des précisions sur la portion jusqu’à Chamonix.

Les Contamines
Ravitaillement des Contamines

J’arrive au ravito des Contamines où beaucoup d’amis m’encouragent. Merci à eux d’être venu me voir. Je prends que des gels pour la suite, car le solide ne passe pas sauf du gruyère que je mets dans mon sac pour la suite. Je mange tout de même un morceau de fromage et jambon avant de repartir, et coca + thé froid. Il reste 19 kilomètres et cela commence fort avec une montée très raide pour rejoindre les Chalets du Truc. Mais les jambes sont très bonnes et je monte vraiment à très bonne allure avec de supebes sensations. Puis je bascule rapidement dans la petite descente technique, pour rejoindre le col du Tricot dans laquelle je double encore un autre concurrent, dernier gros morceau de cette belle ballade.

Col de Tricot
Col de Tricot

J’aperçois une frontale un  peu plus haut et me la fixe comme objectif. Je vais rattraper ce concurrent peu avant de basculer au sommet du col. Le col du Tricot est vraiment très raide et c’est assez long mais encore une fois la montée se passe plutôt très bien. Le début de la descente est assez technique et glissant, il faut rester très concentré mais je suis très lucide et enfin j’avance dans les meilleures dispositions, même si les jambes font tout de même un peu mal. Je rejoins le dernier coup de cul pour rejoindre Bellevue où je sors du chemin à 2 reprises. C’est une portion dans des rochers et des bois et on a vite fait de se perdre dans le noir et avec la fatigue.

J’arrive enfin à Bellevue et je sais que maintenant ça va encore être difficile. La grande descente sur les Houches est assez glissante et longue et fait vraiment mal aux jambes et au dos. Je serre les dents et continue tant bien que mal. Enfin je sors du chemin et rejoins la route pour 2 kilomètres pour rejoindre le ravito. Magali, les filles, Antoine, mon cousin Flo sont là ainsi que Mathieu, Zéna et leurs enfants. C’est juste super.

Je rentre dans le ravito, je prends le temps de retirer ma veste car il fait bon et de ranger mes bâtons dans mon sac puis de prendre un bon ravitaillement. Il reste 8 kilomètres très roulant où il va falloir courir! Je repars donc pour cette dernière ligne droite à bon rythme et je vais profiter encore de bonnes sensations jusqu’à l’arrivée ou je vais même encore reprendre une place. Je passe la ligne avec mes 2 filles et les 2 petits garçons de mes amis. C’est génial, finisher de la TDS.

TDS

Ma première réaction, c’est dommage que cela ne soit pas l’UTMB car il resterait encore 40 bornes et je suis vraiment bien. Bon 15 minutes plus tard et 2 panaché c’est plus pareil…

Texte d’Arnaud LEJEUNE

Arnaud LEJEUNE

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