Reconnaissance du Trail des 3 Pucelles, une première édition prometteuse

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Une partie de notre équipe était présente le week-end dernier en Isère pour découvrir les deux épreuves d’un nouveau trail en montagne, au nom évocateur, qui aura lieu le 29 avril 2018 : le Trail des 3 Pucelles.

Si pour les Parisiens que nous sommes le nom de la course peut ménager une certaine ambiguïté et faire esquisser un sourire, pour les locaux amoureux de leur patrimoine il fait référence à trois aiguilles rocheuses dominant Grenoble à l’entrée du Vercors, empreintes de plusieurs légendes.

Deux parcours chargés d’histoires et d’Histoire seront proposés lors de cette première édition : le Trail des 3 Pucelles, soit 23.5 km avec 1100m de dénivelé positif, et le Parcours de la Tour sans venin, soit 13.8 km et 580m de dénivelé positif.

Rendez-vous était donné à notre équipe à 8h30, ce samedi 7 avril, pour effectuer la reconnaissance du parcours de 23,5 km.

Ce fut l’occasion de nous rendre compte que l’approche des 3 Pucelles se méritait…

Un lieu chargé d’histoires…

Pour les amoureux d’histoires, toute une mythologie existe autour de ces trois aiguilles rocheuses : une première légende raconte que trois filles poursuivies par des brigands demandèrent au Diable, ou au protecteur de Saint-Nizier, de les changer en pierres afin d’être sauvées.

Une deuxième légende rapporte quant à elle qu’il s’agit des trois filles du Seigneur de Naves : elles seraient tombées amoureuses de Roland, neveu de Charlemagne, devenu un héros pour avoir délivré le Dauphiné envahi par les Sarrasins.

Mais l’amour ne sera pas au rendez-vous et il n’y aura pas de happy end !

Selon une première version, les jeunes femmes auraient été pétrifiées par la jalousie, chacune préférant voir ses sœurs statufiées plutôt qu’unies à Roland.

Une autre version rapporte que Roland, déjà engagé, aurait repoussé leurs avances : tragédie de l’amour ! Dévastées de chagrin, les jeunes filles se seraient alors transformées en pierres.

Quoi qu’il en soit, on remarque immédiatement en arrivant à Seyssins, point de départ des deux courses, ces trois demoiselles rocheuses qui se détachent dans le ciel.

Une reconnaissance attendue

Nous étions une bonne centaine à prendre le départ de la reconnaissance de ces deux parcours, avec une météo plutôt clémente, même si quelques gouttes ont joué avec nos nerfs.

La course suscite déjà un énorme intérêt puisque 500 personnes sont déjà inscrites : rien de bien étonnant, puisque ce challenge est un condensé de plusieurs autres ayant existé auparavant !

Ce trail est en effet l’héritier de la course « Grenoble – Saint Nizier du Moucherotte », née en 1977 grâce à l’ASPTT Grenoble puis reprise par le GUC Athlétisme jusqu’en 1992, de la « Montée Seyssins – Saint Nizier » reprise par l’AL Echirolles en 2001, et enfin de la « Ronde du Tram » organisée par Courir Événement Seyssins en 2010 et 2011.

Plusieurs coureurs n’étaient donc pas en territoire inconnu et venaient se faire plaisir sur ce superbe parcours.

Mais pour d’autres, cette reconnaissance a pris des allures de baptême : équipés de vêtements WAA en test, ils ont foulé les sentiers de leur tout premier trail !

Atteindre les sommets en douceur

Le ton est donné dès les premiers mètres du parcours : une fois sortis de Seyssins, nous avons emprunté un sentier assez large et montant de façon modérée jusqu’aux trois jolies demoiselles. Pas de difficultés majeures sur cette portion qui s’étend sur une dizaine de kilomètres. La largeur du chemin permet véritablement d’éviter d’éventuels bouchons de départ de course et le terrain n’est pas trop technique.

Un seul petit bémol est à noter : le parcours emprunte plusieurs tunnels, dont un un peu plus long et non éclairé. Même si le sol ne présente a priori aucune difficulté – on n’est tout de même pas à l’abri d’une pierre qui traîne et d’une cheville foulée, une petite frontale peut s’avérer utile. Mais après avoir discuté de ce point avec l’organisation, nous avons appris qu’apparemment le tunnel serait éclairé le jour de la course.

Après une dizaine de kilomètres, nous arrivons enfin au pied des Trois Pucelles qui apparaissent, majestueuses. Le sentier se rétrécit alors pour ne laisser place qu’à un coureur : on se retrouve alors un peu plus dans la configuration des courses en montagne avec des singles, la présence de racines et de cailloux. La respiration devient plus saccadée et les discussions perdent en intensité.

Deux kilomètres plus loin, c’est enfin l’arrivée au pied du mythique tremplin des Jeux Olympiques qui fête d’ailleurs ses 50 ans cette année.

Un premier ravitaillement permet de reprendre des forces et de profiter de la magnifique vue sur Grenoble, le tremplin et la chaîne des sommets enneigés de Belledonne. Pour les contemplateurs, une pause photo s’impose sur la fameuse Table des Juges surplombant le vide.

Au cas où vous seriez en manque de dénivelé, le parcours emprunte ensuite un interminable escalier un peu sec le long du tremplin.

Petite astuce : comme les marches sont creuses et pour éviter de perdre de l’énergie, essayez de les monter sur les côtés.

Quelques mètres plus haut, c’est la délivrance pour les cuisses !

Tout le monde descend !

Commence alors une longue descente d’une dizaine de kilomètres et de 991 mètres de D- sur des sentiers bucoliques, jusqu’au Parc François Mitterrand de Seyssins où a lieu l’arrivée.

Les portions de sentiers étroits, puis plus larges, alternent avec d’autres de routes, de prairies et de sous-bois, avec quelques points de vue somptueux : les amoureux des descentes modérées peuvent lâcher les chevaux en faisant attention aux quelques racines disséminées sur certaines parties du parcours, mais il n’y a pas de portions réellement techniques à noter.

Si l’arrivée à Seyssins peut sembler un peu moins bucolique – les deux derniers kilomètres se font en partie sur du bitume et traversent des lotissements, cet aspect est bien vite oublié en traversant le parc ombragé jusqu’au kiosque marquant l’arrivée.

Un bilan positif

Les quelques propos échangés avec les traileurs présents sur le 23 kilomètres du Trail des 3 Pucelles soulignent leur engouement pour cette nouvelle course : les anciens m’ont raconté avec plaisir les histoires locales sur les massifs, les endroits insolites et les lieux mythiques.

Lors de ma halte au totem, plusieurs personnes se sont arrêtées pour me nommer les différents massifs et évoquer les spécificités de la région : on sent véritablement un attachement au terroir qui est communicatif.

L’équipe de l’organisation qui était fortement mobilisée ce jour transmet sa bonne humeur et fait preuve de rigueur avec un balisage visible et régulier, ce qui peut rassurer ceux qui s’élanceraient sur leur tout premier trail et les amoureux de vitesse, prêts à tout donner.

J’ai d’ailleurs interviewé un novice qui m’a livré ses impressions : s’il a trouvé la première portion exigeante du fait des portions ascendantes en continu, il a été séduit par la beauté des sentiers, les conditions qui permettent de ne pas courir en « troupeau » et la variété des terrains. Le petit plus ? La présence de Life+ pour soulager les cuisses endolories à l’arrivée !

Un parcours qui présente donc l’intérêt d’avoir une approche du trail en montagne avec des conditions plutôt souples, mais qui peut ravir aussi les coureurs les plus aguerris qui pourront dévaler comme des chamois les descentes ombragées.

La meilleure preuve de la réussite de cette reconnaissance est certainement le sourire de chaque arrivant sous le kiosque, marquant la joie du dépassement mais aussi le plaisir de gambader dans un écrin somptueux.

Nous rappelons à ceux qui voudraient se tester sur une distance moins longue qu’il est possible de le faire sur le parcours de 14 kilomètres de la Tour Sans Venin, dont la légende devrait ravir les phobiques des serpents !

Mais c’est une tout autre histoire…

Beerunneuse

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