La TransKarukéra, ou le Trail Extrême!

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TransKarukéra 2018

Un Ultra ça se prépare ! Enfin, quand on a le temps…

Alors quand on vous appel pour participer au pied levé à un Ultra en Guadeloupe, moi j’avoue ne pas réfléchir longtemps( voir pas du tout)… Forcément, à force de courir avec Luca, on aime ce genre de défis !

Me voilà donc partis pour la TransKarukéra. 140K et 10000m de D+. Je me suis même demandé s’il n’y avait pas une erreur sur les chiffres…mais non, le D+ de l’UTMB, en plus concentré.

TransKarukéra 2018

Une fois la valise bouclée (et le matos choisie, grâce aux conseils des copains), direction l’avion pour un trajet de 8h00 avec 6h00 de décalage horaire. A l’arrivée, le choc est rude ! Plus de 30° deg et un taux d’humidité énorme. 1h00 de voiture (oui, car je me suis perdu…) et enfin, nous arrivons aux gites Gréol’ile ! Tout le monde est déjà là ! Cécile, Timéo et moi-même posons nos bagages dans notre case. La nuit est déjà en train de tomber. Les grenouilles s’en donnent à cœur joie ! Une pizza et dodo !

TransKarukéra 2018

Nous avons trois jours avant le départ de la course. La présentation des coureurs et la remise des dossards sont  l’occasion de découvrir la joyeuse équipe qui prendra le départ de l’édition 2018. Gérard (l’organisateur de la course) nous présente également les partenaires officiels de la TransKa. Les jours suivants nous en profiterons pour faire une reconnaissance du parcours (les Monts Caraïbes) et faire un restaurant avec toute l’équipe des coureurs. Mais fini les plaisanteries…Le jour J est arrivé. Le départ sera donné à Basse-Terre à 18h00 (il fera donc déjà nuit). Je retrouve Luca PAPI et Roberto GIL du Team WAA. Cédric qui est venu deux semaines avant pour s’entrainer et s’acclimater, sera de la partie aussi ! Quatre hommes en jaune !

TransKarukéra 2018
Départ de la TransKa à Basse-Terre

Après un Bokkit (sandwich local), il est l’heure de partir ! Un premier kilo à 13km/h, nous traversons déjà une rivière. Mes pieds sont déjà trempés. La balade en ville est très courte et se finie par une belle bosse. C’est l’annonce du début de l’ascension des Monts Caraïbes. Nous partons tous les quatre ensembles, et rapidement Roberto et Cédric nous fausseront compagnie… Luca et moi décidons de garder un rythme plus « facile ». La fin de l’ascension laisse imaginer à quel genre de parcours nous avons à faire…. Technique et pentu !

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Nous revenons rapidement sur Cédric. Et filons tous les trois vers le ravitaillement de Gourbeyre au km 17. Les filles nous attendent. C’est toujours bon pour le moral de retrouver du monde ! Le ravitaillement propose plein de fruits…goyave, melon, ananas…c’est juste hyper agréable.

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Le 1er ravitaillement – Yellow Men

Nous repartons sans trop trainer. Direction le gros Morne Dolé, puis nous entamons la montée mythique des poteaux. Une découverte pour moi… C’est le nom donné à la trace qui grimpe de MOSCOU à la Citerne (un cratère où se trouvent les antennes de télécommunications de la Guadeloupe). Un sentier « dré dans l’pentu ». Les POTEAUX c’est en fait 25 poteaux électriques qui emmènent de l’électricité aux antennes de la citerne, une espèce de tranchée où coule une ravine… C’est aussi pour moi, la découverte des « coupantes »….

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Les coupantes

Des herbes qui entaillent clairement les jambes (ça pique vraiment très fort !) ! Une bascule rapide, puis nous entamons la montée de l’échelle. Un sentier enclavé dans la végétation, très pentu avec beaucoup de vent ! L’odeur de soufre est très forte. Malgré la nuit très profonde, on imagine la Soufrière très proche. Nous rebasculons vers la Savane à Mulets, les Bains Jaunes et la route de la Soufrière.

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Les Bains Jaunes

Km 30. Nous sommes à St Claude, 2e ravitaillement. Les bidons sont vides, je bois énormément et j’ai du mal a réellement m’hydrater. Fruit et limonade. C’est frais, ça fait du bien. Nous repartons pour une des montées les plus populaires de la course… Nez Cassé ! Mes comparses me laissent prendre la tête du groupe. C’est un véritable jeu de mikado. La trace est cachée par une multitude d’arbres et de branches. On évolue tour à tour, dessous et dessus… J’adore… Mais nous avançons très lentement (C’est aussi là que je ferais la connaissance de la mygale de la Soufrière…tombé dans l’encolure de mon maillot…) ! 40min pour progresser d’un petit Km, où il faut rester concentré pour ne pas perdre la trace. Puis nous redescendons vers Matouba au Km 38. Nous apprenons que Benoit GIRONDEL s’est perdu dans Nez Cassé, il est maintenant derrière nous. Une assiette de pates, et nous repartons rapidement.

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Les sentiers de Nez Cassé

Une légère brume rend la température agréable. On profite du parcours, sur les conseils de Luca, on garde une allure stable, mais sans forcer. On discute et on plaisante beaucoup. Le parcours est ludique, les passages sur route sont assez redoutables, et en prime on profite de belles traversées de rivière. Les shoes sont pleine d’eau. Des routes en béton avec un dénivelé énorme. Nous repartons pour 10K. Le prochain ravitaillement est à La Grivelière, à Vx. Habitants. Après une très belle montée dans le béton, on attaque une belle ascension sur un joli sentier. Le dénivelé est tel que le GPS m’indique que je monte plus que je n’avance…. Au sommet, nous évoluons sur une crête. Le balisage peut sembler « léger », mais en même temps… il n’y a pas beaucoup de possibilités. Nous continuons d’avancer sur la crête, puis nous plongeons vers un petit village. On peut détendre un peu la foulée… mais rapidement, il faut attaquer une descente vertigineuse. Le chemin est assuré avec des cordes. Un véritable parcours d’accroc branche ! J’adore.

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La Grivelière

La Grivelière. Cette ancienne exploitation de café, très active jusqu’au 19è siècle, a été longtemps laissée à l’abandon. Classée monument historique en 1987 elle a repris vie Au cours des années 90 grâce à l’initiative de jeunes de la région, avec le concours du Conseil Général, avec la création d’une association, Verte Vallée, travaillant à préserver ce patrimoine et à le faire connaître, avec toutes ses traditions. C’est là que nous sommes accueillis avec une assiette de pâtes à la bolognaise. Une pause qui trouve une saveur particulière dans ce cadre si particulier !

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En repartant, nous croisons Sylvaine CUSSOT et l’équipe d’ALABAMA Production. Un petit coucou sympa ! Nous arrivons rapidement sur une rivière, « La grande rivière de Vieux Habitants ». Après avoir essayé de jouer le cabri sur les rochers, je comprends rapidement qu’il va falloir mettre les pieds dans l’eau une nouvelle fois ! Luca en profite pour prendre le large. Je ne le reverrais plus avant la fin de la course. Cédric et moi, commençons à « grimper » sur une crête… J’ai l’impression d’être dans un film de pirates, au milieu des Caraïbes. On progresse lentement, la chaleur se fait de plus en plus pesante. On s’offre le plaisir de cueillir des mangues dans les arbres (que l’on mangera en marchant, après les avoir lavées). Nouveau passage les pieds dans l’eau (je commence à sentir une ampoule sous mon pied gauche). On attaque une belle montée par un chemin à vache. Le sentier est extrêment gras et complétement « défoncé », car creusé par les bêtes. Je n’ai plus d’eau, mon camel bag est vide et mes flasques le sont aussi…. Le ravitaillement doit être tout proche maintenant. Mais entre la fatigue et la soif tout semble plus long…

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Le pas des vaches

Nous arrivons enfin au ravitaillement du sommet du village de Bouillante au Km 58. J’avale deux bouteilles de soda quasiment « cul sec »…Il était temps de trouver de l’eau ! Pastèque et banane pour le solide. Malgré l’envie, on ne traine pas au sommet, car le vent est fort, et on se refroidie rapidement. Donc retour sur les sentiers…. On prend le cap, vers Malendure. Un site que je connais bien, car je suis plongeur, et qui représente la mi-course. Mais c’est aussi là, que je vais retrouver Cécile et Tim, et j’ai déjà hâte de les voir !

TransKarukéra 2018

On alterne entre petites crêtes et passages sous les arbres. La chaleur est encore montée d’un cran et je sens bien que l’ampoule sous mes pieds est vraiment bien formée…. Tant pis, les paysages et le plaisir de courir ici sont tellement fort, que ça semble être un détail ! Avec Cédric, on enchaine les passages techniques… le parcours semble seulement monter… On voit enfin la plage et la mer, mais elle semble très loin et … tout en bas !

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La plage de Malendure

Ok, la descente pour le coup n’est pas très technique. On passe près des habitations et sous des arbres pleins de goyaves ! Ça fait du bien de « reprendre » contact avec la civilisation ! Oh, une rivière !!! Encore une traversée, bon, mes pieds ne sont plus à ça près ! Malendure. Les plagistes nous encouragent et nous applaudissent ! Cécile et Tim sont là ! Ils m’aident à enlever ma tenue tempé. Je prends une douche froide… Waouh, et enfile une tenue propre! C’est juste un plaisir énorme ! Encore une fois je me nourris de pastèques et de bananes, avec un soda au mojito… et une glace à la coco ! Un bisou aux loulous et on repart ! Le chemin serpente le long de la mer, mais la température devient difficile à gérer….

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La plage de Malendure

Je peine à respirer. Je suis en « eau ». Cédric me regarde un peu inquiet… Je suis en train de faire « un coup de chaud », je dois m’allonger quelques minutes. Déçu, je lui conseil de poursuivre seul. Me voilà au repos sous un arbre… Je me relève, mais ça ne vas pas. Alors je me force à m’allonger de nouveau. 15 minutes, 30 minutes… Je repars enfin, mais en marchant lentement. Le sentier me fait progresser sur le bord de mer, puis remonte le long de la Rivière Mahaut. Je ne me sens vraiment pas au top. Ma tête tourne et j’ai du mal à faire baisser ma température.

On redescend vers Pointe Noire, sur le ravitaillement de l’ « Habitation cote sous le vent ». Un groupe de musique nous accueil au rythme de la musique créole.

TransKarukéra 2018

Je m’assois, mais je sais déjà que j’ai pris ma décision…. Je vais m’arrêter là, car je n’ai pas du tout récupérer de mon coup de chaud ! Et mon pied devient vraiment douloureux. Je retire mes chaussettes…. Waouh ! Mes pieds sont tout blancs ! On dirait que ma peau va se retirer comme une chaussette. Et sous le pied gauche, j’ai une ampoule pleine de sable de la taille d’une pièce de 2€…

TransKarukéra 2018

J’appelle Cécile… Je lui explique…elle sera là dans 30 min. Gérard vient me voir… Il me rassure, ce n’est pas une course comme les autres ! C’est très technique et beaucoup de coureurs n’arrivent pas à la fin ! Retour à la case à Créol’ile, une douche, une pizza, encore une douche… Je suis crevé, mais tellement heureux d’avoir vécu cette aventure. Je sais que j’ai eu raison de m’arrêter, de me préserver… Dans 4 jours c’est L’Ultra Marin, et il va falloir remettre une paire de baskets. En attendant il faut se reposer et guérir ce pied bien abimé !

TransKarukéra 2018
Le coup de chaud!!!

Quelle aventure ! Ce n’est pas une course…mais bien une aventure ! Entre découverte de la véritable Guadeloupe et moment intense, entre effort et volonté d’aller au bout ! J’ai adoré ! Merci Cécile et Tim de m’avoir suivi, merci Yoann et Gérard de m’avoir fait confiance, merci à tous les bénévoles rencontrés pour leur gentillesse…. Ce fut un plaisir de partager ce moment avec Luca, Cédric, Roberto, Eric, Magalie, Miko, Alex

J’y reviendrais, c’est sûr ! Mais en attendant, bravo à Miko qui termine vainqueur de cette édition, et Roberto, puis Luca qui lui succéderont dans la nuit!

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Le podium

 

 

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