La Transgrancanaria by Luca!

1
1875
Luca Transgrandcanaria

Quelques images pour résumer mon aventure à la Transgrancanaria : les images parlent d’elles-mêmes mais une petite explication va très bien avec… Et ceux qui me connaissent savent que j’aime bien raconter des histoires!

Déjà avant toutes chose : « Pourquoi retourner encore et encore à la Transgrancanaria ? » Bah ! La réponse est simple, et il y en a plusieurs : Tout d’abord, car je suis juste amoureux de cette île, où l’on trouve des dizaines de chemins de randonnée à chaque village. Les paysages y sont très changeants et vont du désert à la pinède… Bref un joli terrain de jeux. Sans parler du fait que du 15 à 28°C en plein mois de février ça fait du bien au moral. D’autre part le choix est également économique, car la vie à Gran Canaria n’est vraiment pas chère… Et surtout j’adore cet accueil : le peuple de Gran Canaria est naturellement très accueillant (n’oublions pas que c’est une destination touristique à la base) et nous sommes dans les îles. C’est un peu comme à la montagne… Ce sont des populations très chaleureuses, de plus les défis sportifs sont très suivis dans l’île. J’ai été vraiment très bien accueilli et j’y ai fait de très belles rencontres ! Merci beaucoup Yeray Durán, Arista Eventos et Vivac Aventura pour l’accueil qui a été impeccable et très humain !

Carte Transgrandcanaria

Au début du séjour petit passage par Garañon pour m’acclimater et reconnaître une bonne partie du parcours : et oui la TGC 360 est une course en orientation avec GPS. Et le fait de voir quelques parties du parcours avant la course, aide grandement pour la suite. Tout comme le repérage de quelques restaurants (assistance interdite mais on peut se servir dans les commerces, que l’on trouve sur le chemin), et l’occasion de retrouver Omar Geant Riccardi et Rossano Pignocchino pour de belles balades.
2 à 5°C à Garañon… 27 à Maspalomas… Le ton est donné il va falloir s’adapter, et emporter toute la panoplie et même plus que demandé par le règlement ! Heureusement que chez WAA Ultra on a du bon matériel et beaucoup de choix en fonction de la situation…

Luca Transgrandcanaria

Après quelques jours de préparation au frais, direction la chaleur du sud, et le retrait des dossards, où je retrouve les amis de l’organisation et beaucoup de nouveaux visages. Mais aussi pas mal de revenants, dont Annemarie, Martin Berger et Peter Kienzl, et aussi Eugeni qui était à Garañon avec moi la veille. Bref, la petite centaine de coureurs qu’on sera pour ce grand tour de l’île, ne se bouscule pas aux dossards. En fait les 270 km et 12000m de D+, de cette épreuve se jouent en petit comité. Ce qui permet à l’organisation de faire passer la course par des endroits un peu plus sauvages et préservés que la normale et aux coureurs de passer un bon moment tous seuls ou presque…
Un petit dodo chez Omar, puis nous voilà sûr la ligne de départ, tous hâtifs de partir pour cette belle aventure qui nous tend les bras ! Et hop le départ est donné à 9h05 et je décide de faire quelques km rapides, car le départ est roulant et que j’aime bien partir vite. Je me retrouve donc devant avec Peter, qui rapidement prend la tête, puis je prends mon rythme et je laisse passer trois groupes de coureurs qui avancent bien : le but de ces premiers km est surtout de m’échauffer et d’arriver au 20ème km à Ayagaures avant 13h : heure de fermeture du seul bar avant le 40eme km et donc seul point d’eau : objectif atteint et même en avance car à 11h40 j’ai eu droit à ma banane, ma canette d’eau tonique et une bouteille d’eau, et c’est reparti.

Luca Transgrandcanaria

l fait chaud comme prévu et on passe par la partie la plus rocailleuse et désertique du parcours. Dans mon sac j’ai chargé un peu d’eau au départ (1l en jouant sur le bar du 20ème pour charger) et quatre citrons locaux, ainsi que quelques compotes et crèmes mont blanc, et bien sûr des amandes grillées achetées à la Dulcería Nublo : c’est aussi ça que j’aime lors de mes déplacements à l’étranger. C’est de me servir de produits locaux et là, y a de quoi faire !

Luca Transgrandcanaria

On avance tranquillement direction le barrage de Chira, toujours les mêmes coureurs qui font le yo-yo… Et après le bar et épicerie de Soria, au 40eme (ou j’ai pris mon jus d’orange fraîchement pressé et ma glace. en plus de l’eau) je retrouve Anne-Marie, Omar et un ami Hollandais connu en route, auquel je fais tester mes nouveaux bâtons, et il est conquis ! Et moi réconforter dans mon choix car les siens à la place me paraissent trop lourds alors qu’ils sont normalement d’excellents bâtons… Merci Fulvio pour m’avoir fait connaître ta marque et ces bâtons un peu spéciaux ! (moi qui était anti bâtons j’ai été converti en une fois… En même temps NW.Curve , ce sont vraiment des bâtons pas comme les autres) : et c’est parti pour quelques km à la découverte du territoire local, un peu de cueillette avec ses citrons, oranges et amandes qu’on va se partager et qui nous ravitaillent en chemin. L’ambiance est bonne et on avance bien (en même temps cette partie je l’avais reconnue) dans une bonne humeur

Luca Transgrandcanaria

19h00, on est à deux, avec Anne-Marie vers le 50eme. Nous avons le droit à un magnifique coucher de soleil autour du Roque Bentayga , juste avant la longue montée vers Artenara qui est presque 1000 m plus haut… Arrivée à la base vie au 70 ème vers 20h30-21h dans le froid, les températures sont bien descendues et l’altitude n’aide pas: « Je suis congelé ! » J’ai dû attraper un coup de chaleur dans la journée et là c’est le contre coup: « Je grelotte et n’arrive pas à me réchauffer, obligé de m’arrêter une bonne heure et demi, heureusement que l’accueil est chaleureux et les bénévoles aux petits soins ! »
Vers 23h on est reparti si bien que mal, la nuit est fraîche mais on se réchauffe vite, ça va un peu mieux… La prochaine base vie, à Guia, n’est pas loin, juste un peu plus de 40 km et le profil est descendant et j’ai retrouvé la forme. Nous y arrivons au matin, juste après le lever de soleil : une bonne pause, du riz, du poulet et c’est reparti, cette fois ci je dis au revoir à Anne-marie et j’accélère le pas: on est en 20ème position et il est 9h du matin, la prochaine base vie est à un peu plus de 40km, à Las Palmas de Gran Canaria, et on aura passé la moitié de la course.

uelques papotages avec les coureurs que je passe dont un local, qui est heureux de passer devant la maison, arrêt groupé au bar du coin et glace plus jus de fruits… Puis nous repartons à bon train, je prends le devant… les derniers cols arrivent rapidement, je rencontre comme chaque année Josefir Sos qui fait d’excellents clichés et que je retrouve à la montée du même col, où je suis très motivé d’ailleurs (merci Josefir Instantes) .Puis tranquillement j’attaque la redescente, en commençant à croiser le chemin de la nouvelle 125km…
Ça s’annonce mentalement difficile. Car avant la base vie, on devra descendre 200m en 20km environ… et donc ça va être très long… Mais ça me va bien, en région parisienne on connaît bien le plat. Le buron qui nous amène à Las Palmas est juste interminable, plat et bien « courable », mais tellement long ! C’est là, que je retrouve d’autres coureurs, je les remonte petit à petit et je passe quelques km avec un sympathique coureur bulgare dont le camarade est plus avancé en deuxième position. Lui a des problèmes d’alimentation, et il est obligé de manger uniquement aux restaurants, car la nourriture des bases vie ne passe plus… 15h, on rentre en petit comité de 4 coureurs à Las Palmas. Il fait chaud et la base vie est en vue. Avant d’y arriver je profite de la promenade le long de la plage pour me faire une bonne glace locale: « Rien de mieux pour terminer cette partie de la course ! ».

Luca Transgrandcanaria

À la base vie de belles retrouvailles avec Limber et les amis de la Team WAA qui viennent m’aider et prendre de mes nouvelles, ravitaillement rapide et c’est reparti : je suis maintenant en 10ème position environ. La partie qui m’attend est la suite logique de ce que je viens de passer ! Les 30km qui suivent sont aussi plats que les 20 qui ont précédés… Va falloir envoyer, si je ne veux pas y passer la nuit ! 8km pour sortir de la ville en passant par de très jolies rues piétonnes et c’est reparti dans un buron (pour changer) pour les 22 prochains km… « Va falloir s’armer de patience ! »
L’après-midi est bien entamé. Je suis dans les temps pour mon défi (enchaîner avec le 125 après la 360. Donc finir en moins de 54h cette première course. Faisable mais il ne faut pas trop traîner. Mon coup de mou et donc mon joker est déjà utilisé). Je décide de continuer à pousser pour avancer un maximum tant que c’est plat. Je ne sais pas à quelle place je suis et cela ne m’intéresse pas tant que ça. Surtout que Peter est loin (une base vie d’avance environ) et que le bulgare qui le suit (le copain de l’autre) à l’air costaud aussi…
Dans ce buron je passe quelques coureurs, qui marchent ou trottinent mais bien plus lentement que moi… Vers la moitié de la première partie je retrouve un joggeur local qui m’accompagne un peu, on discute, c’est aussi un traileur et est très sympathique, puis on passe Eugeni, qui avait fait une petite pause, et là… Surprise, il s’accroche, alors que je suis assez rapide, et si bien que mal, on commence à papoter… Et à décider ce qu’on va commander au prochain bar qui arrive vite. Je ne ralenti pas, Eugeni non plus, chacun s’accroche à l’autre et avance rapidement, si l’un ou l’autre doit ralentir… Il restera derrière. On veut tous les deux avancer rapidement et en finir avec ce plat… Et surtout, on a encore espoir de rattraper le deuxième ! Et oui à force de m’accélérer et pousser on est maintenant à deux en troisième position !

Luca Transgrandcanaria
Après le bar, petite erreur de parcours, deux minutes et deux demi-tours après nous voici à trois ! Et oui, Toni, de Maiorca, était juste derrière nous 🙂
Voilà un beau trio de formé: tour à tour chacun prend les devants et accélère un peu la cadence. Les autres s’accrochent. On papote comme on peut avec mon espagnol très limité ! Mais on est bien contents d’être tous les trois… Santa Brígida, au bout de 30km c’est la première ville… Et aussi la fin du plat ! « Youpie ! » Un petit sandwich chaud au bar pour fêter tout ça… Et qui je vois débarquer ? L’ami Christian qui loge là, et qui est venu pour le 125K! La pause est courte, on repart toujours sur un bon train direction la dernière difficulté avant Valsequillo de Gran Canaria Turismo activo et sa base vie (avec ses fraises et sa bonne humeur).
À la sortie de la base vie, je décide d’accélérer et seul Eugeni s’accroche. C’est reparti pour la partie la plus belle et la plus dure de la course : une succession de montées et descentes de 3 à 500m, la dernière étant avant la dernière base vie (elle fait environ 1000m de D+ !) Juste avant celle-ci, notre trio est reformé, la météo capricieuse est très froide. Nous parlons peu, on est tous dans le dur ! Et on a une seule envie c’est que cette montée interminable se finisse !
On arrive à la base vie et il est presque l’aube, devant nous le bulgare est toujours à au moins 2h et derrière c’est pareil voir plus… On se ravitaille tranquillement puis on repart. C’est là que nous déciderons de finir ensemble, quoi qu’il en soit on n’est pas bien plus rapides les uns que les autres… On repart pour la dernière petite montée jusqu’au plateau où l’année dernière j’avais rattrapé Peter… Bah cette année il est déjà arrivé à l’heure qu’il est… Il aura mis un peu plus de 46h, « Chapeau à lui ! ».
Ce plateau est interminable et avec un chemin pour le moins compliqué à suivre, surtout sous cette pluie battante. La fin du plateau est une belle descente très très difficile, dans le dernier buron. Il ne faut pas se louper car on pourrait descendre très vite les 400 m qui nous restent.
Dans le buron pas de chemin mais beaucoup de cailloux. Ce n’est pas vraiment facile et ça se termine avec la traversée d’un tunnel jusqu’au buron d’à côté. Et là, fini les difficultés : « Nous sommes à 2km de la plage et 17km de l’arrivée ! »

Luca Transgrandcanaria
Je paie une glace à Toni. On avance difficilement dans la pluie et le vent… Sylvain avec Marie et les amis de la Team WAA, sont aussi là pour nous voir arriver à la plage… Et l’arrivée se fera main dans la main tous les trois, un moment vraiment très fort pour notre petit groupe !

Luca Transgrandcanaria

Pour ce qui me concerne… changement rapide, après avoir été cherché mon dossard. Direction la WAA-Home, massage, bouffe et dodo 💤 rapide car à 23h00, le 125 démarre ! Et oui c’était ça, la deuxième partie du défi !

Au départ, je retrouve Sylvain et pas mal d’autres amis. Nous partons tranquillement sur un rythme de croisière plutôt tranquille… On arrive au premier ravito, au 16ème km en 2h environ, dans les derniers. Je me ravitaille bien ! Avec tomates, avocats et autres fruits locaux, car j’ai faim. Et surtout la langue commence à brûler et mon visage chauffe depuis le départ… Les restes du coup de chaleur de mercredi certainement… Et je dois être aussi un poil fatigué, ça va pas très fort pour moi. On repart et vers le 20ème km je décide de laisser partir l’ami en espérant de pas l’avoir trop ralenti… En effet depuis presque le départ je commence à sentir les symptômes de déshydratation et ça ne s’améliore pas, malgré les bons ravitos et le rythme qui est vraiment bas…

Luca Transgrandcanaria

L’arrêt définitif sera à Teror, à 1h de la barrière horaire, les bénévoles comme d’habitude super sympa s’occuperont de moi jusqu’à l’arrivée du car qui nous ramènera tous à l’arrivée ! La journée de samedi aura été malgré tout pleine d’émotions et de rencontres, j’ai passé ma journée entière à l’arrivée, à papoter avec les uns et les autres, j’ai vu arriver les amis sûr le 125K et fait une avalanche de photos ! Faut dire que les espagnols m’aiment bien… Et c’est réciproque !

L’aventure s’est terminée dimanche avec un podium commun et une belle bouffe entre WAA Expert. De quoi raconter nos aventures ! Voilà, voilà, mon aventure à la Transgrancanaria
Mon inscription pour l’année prochaine est déjà en route… À bientôt et merci pour tout !

Luca Transgrandcanaria

Ps: je ne sais pas combien auront lu jusqu’à la fin… Un vrai ultra de me lire aussi et pourtant, j’en ai certainement oublié… c’est sûr.

 

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here