Retour sur La TRANSGRANCANARIA by Rèmi

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La Trangrandcanaria

Cette Transgrancanaria est la troisième manche de l’Ultra-Trail World Tour. Qualifiée de « Series » pour le classement final de cet onirique tour du monde… Le parcours se situe sur l’île de Gran Canaria, archipel de l’océan ou petit continent miniature situé au large des côtes du Maroc.

La TrangrandcanariaL’an dernier j’avais pris part au 83 km Advanced de cette TGC, pour la première fois sous le maillot jaune de mon team. Je dois avouer que mon séjour fut remarquable et que le climat et la qualité de vie sur cette île est très appréciable en ce début d’année avec des températures qui frôlent les 30 degrés en bord de plage. Donc c’est reparti pour 2017 avec cette fois-ci le 125 km et quelques 8000 mètres de dénivelé +… Pour résumer, il s’agit de traverser l’île du Nord au Sud, du port festif d’Agaete aux plages de Maspalomas. 30 heures maximum autorisées.

Je prends mes quartiers en plein Maspalomas, au sud de l’île en milieu de semaine. Et je succombe à l’ambiance estivale en profitant des bonnes choses telles la « Sangria », la bonne chaleur du soleil, les bains salés, balade en bateau pour aller voir les gardiens de l’île : à savoir les Dauphins et autres saveurs culinaires et identitaires de cette île qui est très calme en ce début d’année et tellement reposante.

La TrangrandcanariaCette île volcanique et…luxuriante est complètement aliénante pour nous les traileurs. Et je peux vous dire que tous les cracks de la planète sont présents sur tous les formats de courses proposés.260 km, 125 km, 83 km, 42 km, 30 km et 17 km au programme avec des dénivellations importantes pour des stars comme : Seb Chaigneau, Didrik Hermansen, Caro Chaverot, Pau Capell, Nuria Picas, T.Olson et autres Luca Papi Monstro… il y a même Gediminas Grinius vainqueur de la TGC en 2015 en mode touriste… Du beau monde pour un défi magnifique qui arrive tôt dans l’année.

Pour ma part je reprends le slogan épique de l’événement : « Un Meta Un Sueno ».Mon objectif : aller au bout d’une course qui se veut déjà familière, sans prétention de classement car je dois l’avouer, je n’ai que très peu d’entraînements depuis mon dernier Ultra de décembre… et presque pas de dénivelé dans les cuissots.

Elle risque de se payer cher cette TGC… Mais l’euphorie et l’envie d’aller au bout me font oublier toute pensée négative, elle est tellement envoûtante cette isla…

La TrangrandcanariaVendredi soir, Port d’Agaete, 23h00, départ de la Transgrancanaria au clair de lune ,avec la brize et la fraîcheur !  Nous sommes au Nord-Ouest de cette île… Les cracks sont là et chauds, comme le public : ces aficionados de dingue. Du rock et chants « Canarien » pour lancer les hostilités… Environ 10 km d’ascension pour rejoindre Tamadaba à plus de 1200 m avec un fabuleux cordon de lampes frontales… Déjà magnifique avec le port illuminé en bas.

La TrangrandcanariaLes températures baissent, une pluie fine opère… Le temps de redescendre sur Tirma pour un deuxième ravito. Le parcours demeure exigeant, la descente cassante. Les bénévoles sont fabuleux et très bienveillants. Nous repartons toujours de nuit en montant sur Artenara à plus de 1200 m de nouveau et quelques 33 km. Je m’équipe de mon pantalon Ultra-Rain Waa, car je commence vraiment à cailler, le vent et les bourrasques me font mal. Je souffre mais je reste optimiste car je vais retrouver Fontanales au km 42,5. Il s’agit du point de départ du 82 Advanced. J’arrive en ce haut lieu aux aurores, vers 07h10 du matin, soit un petit peu plus de 08h de course. Je croise mon Boss Romain venu accompagner mes collègues du team sur l’Advanced.

C’est une partie très verte de l’île avec des odeurs fabuleuses de la végétation, des cactus à profusion : attention de ne pas en percuter. Et que dire des oranges et des citrons : je craque et profite de ces ravitos improvisés aux goûts dévastateurs ! Pwaa terribles moments jusqu’à Valleseco où je fais un bon bout de chemin avec un français de la team du Caillou dans le Nord ! Nous rigolons bien et mettons un peu de rythme.

La TrangrandcanariaPuis le paysage va changer et devenir un peu plus sec, la température s’élever après Teror et une ascension terrible jusqu’à Arinez et quelques 1400 m d’altitude. Nous sommes en pleine journée et je retrouve Laurent de mon team Waa avec lequel nous allons entamer une descente fantastique vers Tejeda à 1000m. Il fait chaud, la descente est complètement folle, on dribble les cailloux et autres pièges avec en toile de fond : le Pico de las Nieves ! Le plus haut sommet de l’île et le Roque Nublo ! C’est vertigineux.

Les cuissots fument ! Je connais bien le tracé pour rejoindre Garanon et faire un petit repas au km 82 à 1700m. L’ascension est tellement belle qu’on oublie la difficulté. Un dernier petit effort pour rallier et tourner autour du Roque Nublo à 1940 m sous un soleil de plomb. C’est spectaculaire : ambiance et plateau lunaire ! J’ai même la chance de voir le plus haut sommet enneigé de l’île de Tenerife : le Teide. Je traîne, j’immortalise une nouvelle fois. J’ai certes mal aux cuisses, mais je veux aller au bout : le plus dur est fait.

La TrangrandcanariaUne descente que je qualifie d’hystérique et sensationnelle arrive avec 10 km encore environ ! Ambiance volcanique. L’impression de surfer sur la lune pour atteindre Tunte puis Ayagaures de nuit ! Là est le drame car je passe d’un état euphorique à un état ultra-négatif. Je ne veux plus continuer. Pourtant il reste que 17 km… je suis fatigué et j’ai mal au cuisses vraiment. Je trouve les ressources pour continuer et finir avec cette partie délicate : celle de la traversée d’une rivière morte et de cailloux énormes qui ont don de nous faire plier.

La TrangrandcanariaJe passe cet énième piège peu de temps après avoir été reboosté par un couché de soleil ahurissant ! De Parque Sur à Maspalomas c’est la délivrance : nous sommes en ville et malgré l’heure tardive, les supporters sont en nombre au rythme des « ANIMO », « Venga », « Campeon » ! Et ce tout au long de la course je le rappelle ! C’est exceptionnel : il y a bien une hospitalité espagnole sur cette île.

L’arrivée est à ExpoMeloneras au nord-ouest de Maspalomas. Le passage sous l’arche est toujours un moment unique. Le rêve se réalise donc au terme de ces 125 km et 8000 m de D+. Une traversée STRATOSPHERIQUE, que je vous recommande sincèrement !

Et qu’il ne faut pas prendre à la légère car le tracé est très technique et épuisant. Le ratio km/dénivelé + est quand même pas mal… Une classique de l’UTWT devenue vite magique et  incontournable ! Odorante, enivrante, vertigineuse : sensationnelle, elle ne manque pas de superlatifs ! Un nouveau rêve … le 265 km …

 

Un énorme Merci à mon team WAA ULTRA sans qui je n’aurais pu revenir à Gran Canaria et vivre ce moment.  Et Didier Stein de My immunity. Merci à toutes et à tous les bénévoles de cette TGC, aux habitants de l’île. Et encore Félicitations à mon team.

 

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