La SaintéLyon, ma première fois sur la doyenne!

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La SaintéLyon, une première pour moi sur cette doyenne des courses, 72km pour 2000 D+. Une 64 ème édition, une course mythique, qui attire de plus en plus de coureurs! Mais quel est son secret ?

On entend beaucoup d’avis sur cette course. Alors histoire de me faire mon propre avis autant y participer. J’avoue que ça fait plusieurs années que je souhaitais la faire, mais par faute de temps et de planning surchargé (enfin ce ne sont pas les excuses qui manquent) je repoussais ma participation.

C’est suite à l’invitation de la marque BV sport, d’intégrer le Team BV pour cette nouvelle édition (conduit par Élodie de Bernascom) que je me suis laissé séduire.

Ayant accepté tardivement, il ne me restait que 7 semaines pour me préparer, sachant que la saison a été très chaotique entre blessures et peu de courses à mon actif. C’est donc armé de quelques sorties et de mon mental d’acier que je descends sur Lyon accompagné de Christophe Le Boulanger, lui aussi engagé sur le 72km.

Arrivé sur Lyon à proximité du Hall Tony Garnier nous pouvons déjà ressentir l’effervescence de cette course. En début de journée nous sommes devant l’entrée du village. Règles de sécurité obligent, c’est un sacré dispositif de sécurité que nous passons, palpation, dépose de sac à la consigne, puis repassage devant un cordon de sécurité avec présentation de la carte d’accès pour rentrer dans la Hall. Au final nous rentrons rapidement, bravo à l’organisation.

Après quelques arrêts aux stands et le plaisir de retrouver des amis ainsi que beaucoup de nos lecteurs, il est temps pour nous de rejoindre l’équipe de chez BV SPORT. Nous sommes accueillis par Salvatore Corona le président de chez BV sport . Après une présentation de la marque et de la gamme au siège social, il est temps pour nous de revêtir notre habit de lumière pour la course, BV sport étant le partenaire de la course. Chaque coureur s’est vu remettre au retrait de leur dossard une paire de chaussettes BV aux couleurs de la Saintélyon. De notre côté c’est d’une tenue complète et dont le design et les coloris ont été particulièrement soignés que chacun s’équipe dans une ambiance collégiale.

Une fois équipé, le matériel vérifié une dernière fois, nous gagnons l’air de départ, enfin dans un premier temps un sas avec une longue file ou nous devons une nouvelle fois être contrôlé. Après tant d’années, l’organisation est bien rodée et c’est assez rapide pour rejoindre le parc de camions pour déposer nos sacs. Nous retrouverons à Lyon nos sacs sans soucis.

Le froid est déjà bien présent et mordant, beaucoup de coureurs s’entassent dans le gymnase pour se mettre au chaud en attendant le départ.

Le départ est donné par vagues successives et le premier arrivé est le premier servi. Le choix est cornélien, rester le plus longtemps au chaud ou braver le froid pendant de longues minutes pour être devant. L’ambiance est chaude sur la ligne de départ et c’est sous un hommage appuyé rendu que le départ de cette 64ème édition est donné.

Nous sommes placés devant avec la team presse juste derrière le sas élite, de quoi mettre la pression. Les élites partent assez vite et moi faute de vitesse je les laisse prendre le large, il ne faut pas non plus jouer y a pas mal de kilomètres à faire !

C’est ma première fois sur cette course et je ne veux pas hypothéquer mes chances d’aller au bout, donc je reste sur un rythme cool durant la traversée de Saint-Etienne et je vois déjà du monde remonter sur moi très vite. Certains sont concentrés, d’autres rigolent et se racontent des souvenirs de course. L’ambiance est chaleureuse et je sens que je vais passer un agréable moment sur cette course maintenant reste à savoir en combien de temps…

Les kilomètres s’enchaînent bien, mais très vite après une belle chute ou « Mr Candeloro m’aurait donné un 8 pour la note artistique et Mr Nelson Monfort même pas la moyenne pour la note technique », je comprends qu’il va falloir être prudent et vigilant avec la neige et le verglas.

1er ravitaillement à Saint-Christo-En-Jarez, je suis déjà heureux d’être là. Etre sur cette course avec quasi pas de préparation, j’en ai déjà pris plein les yeux sur cette première portion avec les serpentins de frontales déchirant la nuit dans ce manteau blanc. Il faut jouer des coudes car il y a beaucoup de monde autour des tables mais pour le coup j’avais anticipé en prenant ce qu’il fallait dans mon sac. Je reste quelques minutes et je repars pour pas ne prendre froid.

Le froid et saisissant, je décide d’enfiler ma veste ainsi que mes yaktrax. A partir de là, courant avec pour la première fois, je ne sais pas que les crampons me seront d’une aide précieuse pour éviter de grosses chutes et surtout de ne pas me blesser. Je me surprends à bien courir sur le plat et être à l’aise en descente quand beaucoup glissent et descendent sur les fesses ou d’une manière dont je ne saurais vous décrire. A chaque chute après s’être assuré que le coureur va bien, nous lui donnons une note pour sa performance. L’ambiance est bonne, les kilomètres défilent assez vite et le chrono lui me fait comprendre que je passerai pas mal de temps sur la course. Nous voilà au km 28 à Sainte Catherine, je refais le plein en eau et St Yorre, j’ai le sourire, je reçois des messages d’encouragements des amis et je suis bien. Aucune douleur, mon but est d’être finisher ce soir, le chrono est secondaire.

C’est parti pour une série de montées, descentes. Je reste prudent et vigilant. La fatigue accumulée au travail se fait ressentir mais habituer à enchaîner les nuits blanches, je sais que je peux tenir. Le froid est bien installé et de voir des feux avec des bénévoles au cœur chaud nous acclamer sur le parcours me redonne du « peps ». Je ramasse ou retiens des coureurs qui n’ayant pas de chaînes aux pieds glissent. Les portions défilent parfois à l’abri du vent et d’autres bien exposé , vent de face et je suis bien content d’être équipé comme un trappeur.

Saint-Genou 41km,  les jambes tournent bien. J’alterne course en descente avec une très bonne accroche et dépasse beaucoup de monde. Sur le plat la vitesse est très lente, j’alterne entre course et marche. Dans les montées, c’est marche continue pour rester sur le même rythme. J’ai trouvé mon rythme mais clairement je ressens mon manque d’investissement dans mon entraînement. Comme dirait Bernard dans les Bronzés « oubli que tu as aucune chance, vas-y fonce , on ne sait jamais sur un mal entendu ça peut marcher » cette phrase qui résonne en moi me fait sourire et j’enchaîne. A partir de ce moment j’ai un déclic et je commence à me projeter sur la ligne d’arrivée. Si je ne me blesse pas je sais que j’irai au bout mais la route est encore longue. A ce moment j’apprends que mon ami Christophe Le Boulanger blessé, a jeté l’éponge ainsi qu’Élodie. Pour ceux qui me boost et croient en moi et à ma femme restée à la maison et sur le point d’accoucher, je suis déterminé à finir et franchir l’arche à Lyon.

Je suis bien rodé, je sais que 11km plus loin, c’est le prochain ravitaillement et pour que les kilomètres passent vite je me dis « encore 2 fois 5 km, environ 2h de course en moyenne » la fatigue se lit sur les visages mais je suis heureux d’en être déjà là. Je reste sur mon schéma de course je descends rapidement mais je continue à me faire remonter sur le plat et dans les montées. A ce rythme je descends tranquillement dans le fond du tableau mais j’ai toujours en tête d’être finisher. Donc pas de pression inutile.

Le jour se lève et les messages de mes amis affluent sur mon portable. Déjà 10h14 min de course. Je sais que Manu Meyssat a remporté la course avec moitié moins de temps que moi. Bravo Manu pour ce doublé. IL me reste encore 20km à la pancarte. Là je ne me dis pas allez encore 4 fois 5km, ça me casserait le moral car ça représente pour moi encore 4h de course. La neige a disparu, les Yaktrax ont rempli leur mission mais sont comme le bonhomme fatigué. Je les ai détruits à cause des portions avec les cailloux. Sans mes chaînes je pense que mon aventure se serait arrêtée au 41ème kilomètre.

J’arrive au chaud dans le Gymnase au km 63 à Chaponost, j’ai un gros coup de barre. Les jambes tournent bien, je marche rapidement. je me suis toujours bien hydraté durant tout le parcours et j’ai mangé tout le long, chose que j’ai du mal à faire parfois. Mais là j’ai besoin de prendre un peu plus de temps, de faire le point. Je le sais maintenant sans blessure, je serai finisher. Alors je prends une soupe chaude, à manger et je m’assois sur un banc pour observer les visages des coureurs. Il y a de la joie mais aussi de la peine si proche de l’arrivée de devoir abandonner. Je vois des hommes et des femmes le corps en souffrance pris de crampes ou de blessures suite aux chutes. Ma tête parle d’elle-même si je reste top longtemps je vais m’endormir sur place.

Je repars, il n’y a plus de calcul, je ne peux pas courir donc je vais finir en marche rapide. Pour me passer le temps je fais un live messenger avec un collègue de travail et lui montre le bus et je lui dis « oh non pas pour moi on va y aller la chercher cette victoire ». Oui, pour moi c’est une victoire de finir cette course, même très loin dans le classement.

Ensuite j’ai ma femme et ma fille ma première source de motivation. A quelques jours d’accoucher elle me redonne la pêche nécessaire pour finir les derniers kilomètres. Qu’ils sont longs mais je ne me plains pas. Je suis avec des coureurs qui ont fait l’aller et le retour et vont être aussi finisher. Je suis admiratif de leur courage et je les suis.

5km là je râle un peu car ma montre m’indique 72km et normalement j’aurais dû avoir franchi la ligne. Encore de beau raidar qui cassent bien les cannes mais plus rien ne peut m’arrêter. En mode tracteur finisher, mes 3 chiffres sur la balance et mon mental, j’embarque le tout et je prends sur moi. Je suis gagné par l’émotion au fur et à mesure des kilomètres qui passent. Avec un groupe de coureurs et de coureuses nous jetons nos dernières forces sur le dernier gros kilomètre qui doit en faire pas loin de 600 mètres de plus. Le Hall Tony Garnier est devant moi.

Avant de pénétrer dans la Hall je tenais à partager mon arrivée avec mes amis c’est sous un tonnerre d’applaudissements après plus de 14h de course que je franchis la ligne et finis ma première SaintéLyon. Je suis FINISHER !!!

Les larmes montent très vite, je pense à ma femme restée à la maison qui est sur le point d’accoucher de notre second enfant. Je pense à tous mes amis qui m’ont envoyer plein de messages d’encouragements et je vous en remercie.

Les jambes sont lourdes, direction le massage et un tour chez nos amis de Life+ qui vont s’occuper de moi de main de mettre avec pas moins de 8 boîtiers sur moi. A ce moment je ressemble à un joli sapin de Noël. A l’heure ou j’écris ces quelques lignes, j’ai déjà bien récupéré et vous invite à essayer si vous en avez l’occasion ce petit boîtier.

Cette course malgré un chrono, bon pas comme je l’aurai escompté me rassure sur mon état de forme qui est celui du moment. Il me permet de me projeter sur de belles courses pour 2018.

Merci à vous tous et je vous donne bientôt rendez-vous sur Wondertrail pour de nouvelles aventures sur course soit avec un dossard ou avec mon boîtier.

Merci , Micke Wonderteam

 

 

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