La No Finish Line Paris 2018, 5 jours et 4 nuits solidaire

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La No Finish Line : c’est quoi ça ? Une course à pied, encore ? Oui, il s’agit évidement d’un événement sportif encore une fois. « Atypique » mais aussi « caritatif » au profit de la petite enfance.
Vous l’avez compris, c’est un événement solidaire qui existe depuis l’année 1999, et c’était à Monaco. Lancé à Paris en mai 2015 pour la première fois, c’est donc pour à la quatrième édition, que je décide de me présenter.
Cette année, c’est du 2 au 6 mai sur le Champ de Mars et la Place Joffre à Paris que nous allons nous élancer et récolter un maximum d’argent pour ces boutchous !
C’est quoi alors cette « NFL » (acronyme connu dans le jargon des runners) ? C’est simple, et surtout accessible à toutes et tous, même à votre animal de compagnie. Tu viens comme tu es, et tu avales autant de fois que tu veux cette boucle de 1300 mètres. Tu cours ou tu marches, pendant 5 jours et ce 24h/24 ! Tu gères ton effort.
Pour chaque kilomètre parcouru, l’organisation et ses partenaires reversent 1 euro pour soutenir des projets en faveur d’enfants défavorisés ou malades (dans la limite des dons collectés auprès des particuliers et des entreprises).
Tu peux également faire un don à n’importe quel moment durant l’événement. C’est ultra-solidiaire.

Les projets soutenus sont :

  • Le Samu social de Paris : Favoriser l’accès à l’apprentissage et à la culture.
  • La Chaîne de l’Espoir : Offrir des soins aux enfants.  10000 km = 10000 euros = 1 vie sauvée !
Cette année, j’y vais et je me colle ces 5 jours et 4 nuits effrénés. La cause est incontournable. Et ça se passe à domicile encore une fois, 4 jours après mon Challenge réussi dans la douleur sur les Trails de la Brie des Morin où j’ai parcouru 113 km « buccoliques« . Je n’ai pas tout à fait récupéré, dire le contraire serait mentir, mais ma volonté est inébranlable. Je vais donné le max pour ces petits enfants dans le besoin. C’est largement suffisant, je suis ultra-motivé.
J’opte pour le format 5 jours et 4 nuits. Un format atypique qui sera énergivore. Nous sommes une trentaine d’athlètes engagés, et je peux vous dire qu’il y a du costaud ! Nous sommes le mercredi 2 mai. Je retrouve dans les métros parisiens mon acolyte Luca Papi qui prend le même format de course que moi. Nous sommes serrés comme des sardines dans cet enfer sous terre, et nous nous impatientons à être…enfermés dans la cage sur ce Champ de Mars à jouer les « hamsters » !!! Nous retrouvons enfin le jour et nous dirigeons à l’accueil de cette NFL. Je suis accueillis par l’organisation, une équipe dynamique et fort sympathique. Ils nous mettent à l’aise et nous invite à prendre nos quartiers dans notre « chambre » 5*****…
J’y cours (déjà la course lol) et je me retrouve devant ma chambre que je vais partager avec 7 autres athlètes ! Bon heureusement que je m’y suis préparé mentalement, lool ! Un lit de camp, une prise électrique pour tous, un petit chauffage sur roulettes qui reste bloqué au fond de la tente et surtout : Une vue sur la Dame de Fer !!! Et ça, ça n’a pas de prix ! 4 nuits presque sous la Tour Eiffel ? Que du bonheur, ça m’éclate ! Je me dis que je vais me forcer à aller me reposer juste pour pouvoir la contempler sous toutes ses parures ! Il fait beau et chaud, enfin du ciel bleu et des rayons de soleils sur Lutèce. Nous allons composer avec un temps de folie tout au long des ses 5 jours, bien qu’une hausse des températures est prévue de jour en jour…haihaihaiiiii.
10H00, c’est le top départ : et pour être franc avec vous je n’ai pas de plan de prévu. Mon organisation pour les plus fidèles qui me connaissent et qui me suivent et toujours la même, à savoir « AUCUNE » ! Sac de sport préparé 3 heures avant le début de l’événement, ou devrais je dire « chargé » de tout et de rien… La bonne humeur étant tellement ancrée en moi, je me dis que je n’ai besoin de rien… (erreur de débutant.)
Un petit tour, tous ensemble, pour la reconnaissance de cette boucle et c’est parti pour 5 jours non stop de folie… sur une boucle qui est loin d’être plate à la longue !

DANS LA CAGE !

Je retrouve un fidèle : Nicolas Poissant, qui est un excellent marcheur avec qui nous échangeons beaucoup sur la posture du corps et la technique lors de la course à pied. Bon c’est déjà parti les amis, nous enchaînons les boucles, et ne manquons pas le ravitaillement spécial 5 jours mis à notre disposition 24h/24. Du solide et du liquide de base, le partenaire Bio c’est Bon nous accompagne avec ses succulentes oranges et citrons Bio. Nous avons du Fromage : Bleu et Comté, des Tucs, du saucisson. Ah je me stoppe, oui j’ai l’idée de me confectionner un Hamburger maison avec deux Tucs pour enfermer deux tranches de saucissons avec du Bleu qui coule par dessus et du Comté, accompagné de petites olives vertes et aussi d’amandes et raisins secs. Pour le moment ça me convient et m’amuse… et même les autres coureurs veulent essayer ma connerie diététique lool.
Christophe Le Boulanger passe nous souhaiter bonne chance. Arrive Mathieu « Run Mat Trail« , guerrier-survivant du dernier UTMB ! Mon compagnon de l’événement qui va m’accompagner pour un marathon à la cool. Nous refaisons causette, ça passe vite, il doit déjà partir rejoindre son foyer. Il est 16h30 et je suis déjà à 46 kilomètres de bronzette, pour vous dire l’ambiance décontracté qu’il règne sur les lieux envahis par les touristes…
Nous avons un bon repas chaud équilibré tous les soirs à partir de 19h et ce jusqu’à 21h sur notre air de repos. Il ne faut donc pas le manquer et mettre le clignotant quand il faut… Je me blinde puis par à la sieste sur ce…CONFORTABLE lit de camp… Le point : 66 kilomètres au compteur à 19h.
C’est alors que je me pose la question de la douche : Euuuuuhhh, je fais comment ? Luca, Nico et les autres, on se lave où ? Réponse : « dans un gymnase non loin, accessible en navette mais tu perds 2 heures de temps… » Ok. Et bien ça sera lingettes Bio pour moi, ça devrait faire l’affaire…pour le moment…
Je pars à la sieste, je n’ai aucune pression, la tête est bien, le corps aussi…Mais juste avant je décide d’opérer mes chaussures en coupant le devant, pour y laisser apparaître mes petits doigts de pied… « Opération respiration »… Cela me permet également d’éviter le frottement des ongles et des douleurs inutiles. Vient la sieste « difficile » avec ce lit de fortune, je m’assoupis quelque peu et me réveille vers les minuit : à 01h00 du matin c’est reparti, à jeûn ! Le programme ? Cumuler des tours encore et encore autour de la Dame de fer qui scintille puis enfile sa petite robe noire… Le ravitaillement local fera l’affaire, à 06h30 du matin les 100 km sont dépassés, et ce après 19h24 de course…
C’est l’heure de retourner me reposer peu avant 07h00 du mat’, je m’endors un peu et décide d’aller me laver avec l’aide d’une petite fontaine à eau, bien revigorante ! Ce qu’il faut pour repartir à la fraîche, il est 11h00. Toujours accompagné de Luca avec lequel nous allons dévorer une pizza lui en marchant, moi en flânant devant Madame la Tour Eiffel sur le coup des 13h30 après 123 km… La température augmente… La cadence va réduire au contraire de l’ambiance dans la cage qui augmente… Les copains affluent toujours pour me soutenir, ce sont Mickael Lefevre et Mat qui reviennent effectuer quelques kilomètres à mes côtés…sous une chaleur importante… Je m’arrête avant le repas du soir vers 20h00 pour prendre des forces après 152 kil’…
Je « siestouille » jusqu’à 23h00 avant d’attaquer un marathon avec Manu venu s’essayer sur cette nuit. Manu va me mener au bout de ce marathon contre la nuit. Quel coup de main ! Mais arrivent les premières difficultés et douleurs. Mes pieds sont gonflés et douloureux. Je retourne me reposer quelques heures et profiter de mon premier massage matinal qui me permet de remettre les baskets et partir avec Nicolas Poissant mon pote engagé lui aussi sur le même format de course que moi. Nicolas est un athlète de marche. Il va m’apprendre justement la marche athlétique, ce n’est pas plus mal, étant donné les chaleurs qui s’installent en journée. Je décide de marcher « rapide » toujours avec cet objectif en tête de cumuler des euros pour ces enfants… Il est 12h05 en ce 04 mai, les 200 km sont atteints… C’est l’heure d’aller 300 mètres plus loin avec Nico pour manger chez le célèbre clown au nez rouge un hamburger, enfin deux… Il fait toujours aussi chaud et l’hydratation demeure vitale, ainsi j’alterne eau plate et Saint-Yorre pour un apport maximal de minéraux  ! Mais le corps souffre, et plus précisément mon talon droit qui est en feu et gonflé. J’ai très mal. Je décide de me stopper vers 17h30. Je retourne à l’écurie pour un long massage…en attendant tranquillement le repas de 20h00. Malgré mon inquiétude, je profite de cet instant de trouble pour penser aux autres et aller les encourager sur cette ultra-boucle…
Ma nuit à l’écurie donc, forcé de rester tranquille pour reposer ce talon droit complètement en feu et gonflé. Je cogite énormément, vais-je pouvoir continuer cette aventure humaine correctement, j’use alors de tous les recours : Baume du Tigre, Life plus… et profite donc du meilleur allié : « le sommeil » ! Mais c’est pas évident, car les nuits sont très froides. Bon elle passe de nouveau cette nuit où je suis resté encore gainé pour lutter contre cette fraîcheur saisissante… Je me dépêche d’aller à l’ouverture du stand de soins pour me faire masser et soigner, avec ma gueule de bagnard exténué ! Il est 09h00, nous sommes le 05 mai.
L’heure n’est plus à la prise de tête, je suis de plus en plus imprégné à cette course, à ce format de maboule ! Je suis complètement déconnecté même si je poste sur ma page Facebook pour donner des nouvelles à ceux qui me suivent. Je me prends de plus en plus pour un hamster. Arrive Laurent Chouet, ex Lutteur en équipe de France « Lolo » : mon poto de tente ! Nous allons passer la matinée à marcher et trottiner (25 kil’) et ce jusqu’à la pause méridienne de « 14h00 » et un passage éclair mais solide chez Ronald le clown (il sait accueillir aussi ce monsieur au nez rouge toujours souriant) pour accumuler cette fois des calories !!! Après cela, un énième massage, encore, oui il faut ménager sa monture pour aller plus loin. Je customise de nouveau mes Hoka en découpant les talons, et là : MIRACLE ! Je ne ressens plus aucune douleur, je suis libéré, le moral revient, gonflé à bloc ! Ça va envoyer cette après-midi. J’informe Lolo  que je vais courir jusqu’à 20h00 environ sans m’arrêter.
Il y a mon ami Christophe Le Boulanger qui a commencé ce matin son 24H (autre format de course sur cet événement : tu commence le 5 mai à 10h00 pour finir le lendemain dimanche à 10h00, et tu bornes le plus possible donc !). Je vais prendre sa roue en cette suffocante aprèm’ ! Les jambes tournent très bien, je suis en pleine forme, trop peu-être ! Mais je suis tellement content de soutenir Chris’ dans son combat… Ensemble : plus fort et plus loin ! En tout cas je vais dévoré 55 kilomètres en 4h50. Je n’avais plus envie de m’arrêter, en ce samedi : jour de fête ! Un bon gros bloc après les 25 kil’ au calme de ce matin.
La Saint-Yorre est indiscutable et elle est la base de mon hydratation, il fait vraiment très chaud !
301.2 au compteur à 19h50, je suis vraiment content pour le coup. La fournaise s’est emparée de moi. Je profite des conseils des champions sur place : les Laurent, Said, Nicolas… Je les adapte, les modifie… Bref ça a marché… Bon il est 22h00, le repas équilibré est pris, la douche au robinet glagla dans le parc aussi, il n’y a plus qu’à aller se reposer. Je préfère ne pas trop choquer mon corps, car 80 kil’ ce jour ça fait quand même un ultra. Donc dodo. Demain c’est du Bonus !!!
Nous sommes donc le 6 mai, c’est le dernier jour de mon emprisonnement ! Je sais déjà que ça va me manquer, car je m’étais adapter à l’effort, mon corps vivait « sport« , ma tête en voulait toujours plus pour aider ces boutchous. Voir tous les 1300 m le tableau d’affichage afficher les euros cumulés en temps réel m’enivrait à souhait. Mais aussi les liens tissés tout au long de ses 5 jours et 4 nuits éffrénés avec les autres concurrents, que je qualifierais plutôt d’amis de courses au final car même s’il y a un podium et un classement, nous sommes toutes et tous réunis pour la même cause ! Perso je ne suis pas venu ici pour me mesurer la « …. » Il y en a : oui ! C’est le seul point négatif que j’ai rencontré durant ces 5 jours de malade.
Bon vous l’avez compris ce dernier jour est synonyme de fête et de communion, je n’ai plus envie d’accélérer, néanmoins je vais tenir le rythme de la boucle et aller jusqu’au gong final, celui des 18h00 qui sonnera la fin de cette aventure. Madame m’ayant rejoint entretemps pour ce joindre à la cause également, la fête est vraiment belle.
Elle va s’achever avec 348.168 kilomètres au compteur qui vont se transformer en 348 euros 168 ! C’est magique !
Une remise de médaille et une cérémonie clôturent cette fabuleuse aventure orchestrée par une équipe dynamique qui nous aura également offert  un concert tous les soirs sur site !
J’ai ainsi appris à courir pour les autres! Cela change et remet les idées en place ! L’envie de réaliser des courses solidaires est désormais en moi, et je sais qu’il y a une autre NFL à Monaco en Novembre, mais aussi à Athènes l’an prochain… Et Oslo aussi… J’en salive… « Tout est possible, tout est réalisable« .

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