Introspection en Aveyron – Le Festival des Hospitaliers 2016

0
3659

 »La magie grenobloise » laisse place à  »l’envoûtement de Nant » et celui de tout une région à l’occasion du FESTIVAL DES HOSPITALIERS les 29 et 30 octobre 2016. Ce Festival est composé de 4 courses en départ de Nant, à savoir :

  • un 1,7 km ou 2,7 km (courses enfants),
  • la Nantaise (15 km ),
  • l’excitant trail Dourbie-Larzac ( 29 km ) le samedi
  • et enfin l’honorifique trail des Hospitaliers ( 75 km ) le dimanche matin.

Nant est situé en Aveyron entre Causses et Cévennes. Ce village se niche au cœur d’une verdoyante vallée située au confluent de deux rivières : la Dourbie (affluent du Tarn), et le Durzon ( affluent de la Dourbie ). J’ajoute à cela que 960 Nantaises et Nantais demeurent dans cet accueillant village perché à 500 m.

J’aime rappeler que le nom du village : Nant, est d’origine celtique et qu’il évoque la rencontre entre la terre et les eaux. Madame  »Nature  » trouve son sens dans cette contrée lointaine bien protégée !

Je dois vous avouer que je ne connais pas du tout ce coin de France. Je pars vers l’inconnu, avec l’envie d’apprendre et encore une fois avec mon acolyte Luca qui connaît bien la région lui! Et comme il y a possibilité de courir le samedi et le dimanche et bien c’est voté ! Soit 29,500 km avec 1330 m de D+ le samedi après-midi et 75 km le lendemain matin avec ses 3480 m de D+.

« J’adore allier la folie à mon dessein. »

C’est en mode  »contemplation » et  »reportage » made in « Wondertrail » que je vais vivre cette expérience…avec vous ! C’est parti… Nous arrivons tard, dans la nuit de vendredi à samedi. Luca me dépose dans mon domaine du Roc Nantais, où l’accueil est déjà touchant.

Une bonne nuit pour récupérer du voyage suivi d’un petit-déjeuner et je me dirige pédestrement avec entrain au centre de ce petit village pour prendre attache avec Aurélie et Philippe, deux des responsables de l’événement. Sachez qu’il y a 250 bénévoles.

Je les retrouve à l’ancienne église St-Jacques où je récupère mes deux dossards et où je profite d’une importante et utile vente de produits du terroir et expositions. C’est top toutes ces saveurs locales : c’est l’identité d’une région que j’aime ramener à mon domicile et partager…

Tout est clair en ce doux matin ! Le soleil apparaît, et les sculptures et autres petites constructions réalisées par les habitants laissent paraître le sourire de beaucoup et la bonne humeur. Et même Luca, avec lequel nous partageons une onctueuse soupe locale et des chips au piment d’espelette pour nous réchauffer et nous préparer à la première bataille à 14h00. Le cadre est pastoral : « j’adore« . Le Roc Nantais nous dévoile sa roche ! Il surveille sa bourgade ! Chevaleresque !

Un léger repos et me voilà sur la ligne de départ du trail Larzac-Dourbie au parc du Claux. Il fait chaud, c’est incroyable ! « Le ciel d’un bleu à tomber… objectif : se faire plaisir, plaisir et…plaisir. Et reconnaître la fin du parcours pour les Hospitaliers dimanche…« 

Le départ est donné et l’allure est très rapide ! Le temps de me rappeler qu’il faut que je m’économise. Et ça tombe bien, car après 2 km et la route de St Martin arrivent les hostilités : la côte de Vallongue qui va nous mener aux Liquisses-Basses sur le plateau du Larzac. Nous sommes dans le match ! La contemplation débute sur ce plateau, les  »monotraces » sont une récompense après cette côte piquante ! C’est assez rapide.

Après le Sot du Merle (860 m), nous cheminons sur le Causse pour atteindre le ravitaillement de la bergerie de l’Oulette, où un peu d’eau fait le plus grand bien. Je suis parti avec 2X300ml d’eau dans les poches de mon ultra carrier-shirt. C’est confortable et je me sens plus libre dans ma foulée au final car je ne ressens aucune gêne.

Mais attention, car bien que les  »single » nous invitent à envoyer, il faut faire attention aux cailloux. Une traileuse chute devant moi…le temps de s’arrêter pour lui porter secours et constater qu’elle va bien, nous repartons jusqu’à St-Sauveur après une descente cool. Nous sommes à la moitié de cette aventure ! Bon, je commence à avoir très mal sous le pied droit, mes chaussures sont usées et le sol est cassant : tout s’explique. J’adapte ma foulée en conséquent pour gérer la douleur et une nouvelle descente technique qui nous conduit aux Moulinets, sur les bords de la Dourbie : spectacle pour les yeux ! Et c’est déjà reparti : la deuxième et dernière difficulté, enfin c’est mon point de vue !

L’ascension du terrible escarpement du hameau de Cantobre, par le chemin des mines et la traversée du Trévezel. Je gère à mon rythme et profite du deuxième ravito, de courte durée car la deuxième partie de cette ascension continue entre les falaises pour atteindre le Martoulet et le fameux Roc Nantais qui surveille le village de Nant…et il est vrai que le coureur perçoit les clameurs de l’arrivée.

Je souffre de plus en plus mais l’euphorie de rallier la ligne d’arrivée me gagne et cette dernière descente se fait avec prudence car elle est également très technique et est devenue avec le temps…mythique.

« Voilà, ça s’est fait comme dirait l’autre ! » Ce trail de Larzac-Dourbie s’apparente donc plus ou moins à deux belles bosses à gravir et deux belles descentes techniques et croyez moi, il y a vraiment moyen de se faire plaisir. Les locaux sont présents pour vous encourager tout au long du parcours ainsi que les randonneurs. Je m’étonne déjà de la mentalité des concurrents sur ce tracé ou plutôt devrais-je dire des  »traileurs ». J’ai vu de l’entraide, de la convivialité. J’ai beaucoup…papoter…c’est appréciable, ça rend la balade  »véritable ».

Je me fais manipuler par un kiné à l’arrivée pour me permettre de pouvoir prendre le départ le lendemain. Je m’endors presque sur ma table. Merci à lui en tout cas. L’après course se passe dans la bonne humeur et sous le soleil pour finir avec un bon Ricard au centre névralgique du village. L’espace devient chaleureux : chacun profite comme bon lui semble des lieux. Les restaurants et autres bars savent recevoir !

Nous nous y sentons bien et je peux vous garantir que l’on ressent la quiétude entre Causses et Cévennes. C’est très reposant. Bon il faut aller dormir un peu, nous gagnons une heure de sommeil en plus, ce n’est pas de trop. Je suis contraint de refuser un second Ricard offert par un sympathique bénévole. Quand je vous dis que Nant sait recevoir…

Je me pose non loin du domaine pour apprécier une dernière fois le ciel scintillant ! Chose que nous ne pouvons faire à Paris. Ici il n’y a aucune pollution lumineuse. « C’est magique ! » La voie lactée ? Cette bande blanche et toutes ces étoiles en pagailles ! Une courte nuit et c’est reparti pour le deuxième acte à 05h00 du mat’ toujours au même parc mais cette fois ça sera le double et un peu plus… de plaisir…car le soleil sera encore de la partie.

Le départ est donné après un petit hommage au Seigneur des Anneaux. Ce qui a pour effet de me faire sourire car il vrai que ça colle bien à ce bel environnement. J’adore, c’est motivant… »Wonder-attitude » !

C’est avec Daphné qui nous a rejoint et Luca toujours fidèle au poste avec la Diagonale des Fous dans les jambes que nous nous lançons avec joie dans cette nouvelle aventure.

Sous un ciel toujours étoilé ! Je manque de chuter à plusieurs reprises tellement je suis haut perché…heureusement que Luca m’éclaire avec son phare car j’ai des soucis de lampes malgré les nombreuses piles emmenées et déjà utilisées pour certaines : je galère. Mais je surnage le long du ruisseau de Brevinque pour atteindre les Frayssinets-Hauts et la route départementale 999 à Comberedonde. Nous allons traverser le Causse et par la piste équestre rejoindre Sauclières pour un premier ravitaillement en eau à 760 m.

Avant de descendre à Sauclières : le spectacle est saisissant ! Le jour commence à se lever, une ligne de feu au teint rouge orangé à l’horizon. C’est magnifique, d’autant plus que les étoiles n’ont pas encore pris la fuite. Vous ajoutez à cela un courant d’air chaud dans le visage… c’est un moment unique… Tout ça à la lueur des frontales : digne des plus beaux ballets ! Je suis toujours endormi, et peine à me mettre dans la course, je suis touché par le décor c’est certainement pour cela. Ma douleur au pied revenant, j’ai également très peur pour la suite… Daphné est déjà très loin… La suite et St-Jean de Bruel se fait rapidement…le tracé est encore rapide…

Déjà 22 km de fait ! Le jour se lève, le temps de se ravitailler avec des pommes chapardées en chemin et au combien savoureuses et d’assister Luca dans sa cueillette…oui rien ne l’arrête ! Disons qu’il va rapidement s’échapper pour se faire plaisir. Je n’ai pas les jambes aujourd’hui et je n’arrive pas à me réchauffer, la fatigue est encore présente et l’envie de manger chaud naît en moi. Un nouveau ravitaillement en eau à la Croix des Prisonniers et c’est parti pour la terrible grimpette vers le Saint-Guiral à 1366 m.

C’est le point culminant de l’épreuve. Le panorama est tout simplement sublime car les conditions atmosphériques sont exceptionnelles ! Nous distinguons l’Aigoual et les Cévennes. Le temps de fermer les yeux, respirer profondément et descendre avec difficulté et hâte vers Dourbies en passant pars les hameaux de Ressançons et La Rouvière. C’est la mi-course et le premier ravitaillement solide. J’en ai vraiment besoin, car je suis encore endormi et fatigué. La bonne humeur des uns et des autres me gagne. Je mange tout ce que je trouve avec notamment trois soupes ! Je retrouve mon ami Yoann, traileur des TIF  avec lequel nous faisons le point et nous nous remotivons pour repartir !

J’ai clairement repris des forces avec ce ravitaillement, je commence à être dans ma course…malgré mon pied qui me fait « jongler » et mon genou gauche qui compense cette douleur. Il reste deux  »assauts » et c’est terminé, sachant que le dernier je l’ai affronté la veille, et je sais qu’il pique. Il faut néanmoins que je termine cette aventure avant la nuit car je travaille très tôt lundi matin et il y a de la route…

Nous allons faire équipe avec Yoann en suivant la verdoyante vallée de la Dourbie avant de grimper vers le Serre du Cade et les hauteurs surplombant le village de Trèves. La crête domine les gorges du Trévezel puis le sentier plonge sur Trèves 570 m pour le 3ème ravitaillement qui fait de nouveau un bien fou. Les sensations reviennent mais la tête commence à défaillir, j’adore ! Nous gérons à l’envie, marche rapide en côte et descente rapide ! Chacun à son tour donne le « la » ! Un nouveau tracé vers la rive droite du Trévezel : c’est majestueux ! Il se murmure qu’un aigle royal vole dans les parages…

Il y a bien une richesse floristique endémique, c’est certain ! J’en prend plein le nez et plein les yeux… Bon elle est difficile à gérer car technique, ma douleur au pied s’accentue, mais j’arrive à ne plus y penser et à ne plus m’en plaindre…surtout que l’avant dernière bosse va me calmer. Sur la Causse Noir à hauteur du hameau de Saint Sulpice.  Le supplice de trop ? Nous en prenons toujours plein les yeux et la forme revient, c’est un peu tard certes mais bon ! Petit bain de soleil et petit ravitaillement d’eau gazeuse dont l’absorption se transforme en écho réveillant la vallée et le début d’une magnifique descente, je prends un plaisir intense ! Je ressens le pouvoir du Roquefort, ça donne des ailes, je suis en feu…je suis dans ma course ça y est je fonce vers la romantique Cantobre. Je me retrouve seul avec des passages à la corde. L’ambiance est folle, la foule en délire. Je ne profite même pas de la traditionnelle crêpe servie et de sa bière, je prends un peu d’eau, de la compote de pomme-fraise et du…roquefort puis repars à l’assaut de ce morceau que je connais depuis hier : la fin est proche ! La montée est rude et calcaire mais je gère : et canalise mon euphorie ! Je ne ressens plus aucune douleur au long de ces 10 derniers km. L’air de Trèves fut dynamisant.

Le causse Bégon est déjà derrière, le mental est fort pour rejoindre les falaises du roc Nantais. Je connais le tracé… Et que dire du décor en haut de la fin de toute chose, avec ce soleil qui se couche : des couleurs chaudes et chaleureuses. Nous sommes en été ? À l’automne ? Je ne sais plus, j’ai l’impression d’être en apesanteur… J’analyse tout ce qui s’est passé, pourquoi ? La suite ? mais il faut bien redescendre, et c’est somptueux car les supporters sont là et ce jusqu’au jardin du Claux pour boucler la…boucle. Avec au final 105 kilomètres et 4850 m de dénivelé + sur deux jours.

« Un défi, un voyage, une aventure humaine entre les terres arides du Causse du Larzac et les vallées des Gorges de la Dourbie… J’ai encore du mal à trouver les mots pour qualifier ce formidable week-end en Aveyron. Je valide et vous recommande cette mosaïque de régions où l’équilibre des choses, la richesse des héritages « sont » !« 

Un petit havre de paix où j’aurais aimé m’y reposer et y  »vivre » un peu plus longtemps que le week-end. Bon, plus qu’à savourer les produits du terroir de l’épicerie située au 20 route Neuve de Nant…petit coup de cœur… Un séjour « wondertrail ». Merci Christophe Le Boulanger et Mickaël Lefevre de l’équipe WonderTrail . Ils me donnent l’émerveillement : c’est beaucoup ! Sans eux, il n’y avait pas cette aventure encore une fois.

Merci aux 250 bénévoles et à votre hospitalité !!! Et mes partenaires wwa ultra, my immunity performax, baume du tigre, accessoires running et conseil running Pontault Combault. Grenoble, Nant…vivement la prochaine aventure « wonder » !

Crédits photos @Rémi.Arragon

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here