Gladitorrun 2017 – de la course plaisir à la compétition, il n’y a qu’un pas… qu’une foulée

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Gladitorrun 2017 avec la Team Wicked OCR

Passionnée de sports en général, la Team Wicked OCR, pourtant faite de gentils sportifs amateurs, s’est formée durant la saison 2017 suite à la participation à de nombreux trails et courses à obstacles. Elle est composée d’une poignée d’amis(es) qui se sont découvert une passion commune pour la course à pied en nature, le passage d’obstacles, le dépassement de soi  et le plaisir de se dépenser. Retour sur leur participation à leur dernière course de l’année pour tenter de décrocher une qualification aux championnats OCR d’Europe et du Monde.

Leur inscription est validée, cinq d’entre eux vont se lancer sur la Gladiatorrun le 19 novembre, dans la campagne bruxelloise. Sur cet évènement connu des amateurs de la discipline, il existe trois formats de course (6 km, 12 km avec 40 obstacles et 24 km avec 80 obstacles). Ils se lanceront sur la 24 km dans un départ en vague élite.

Début novembre, la date approche, ils continuent plus que jamais à adopter une alimentation très saine et cohérente, limitent les entraînements intenses, se reposent et ne cessent d’être excités à l’idée d’y être. On vous passe les détails quant à leur préparation, mais la veille le listing des affaires à prendre, le nettoyage des chaussures fétiches, le visionnage pour la nième fois du teaser de l’évènement et leur détermination est presque obsessionnelle.

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Ça y est, le grand jour est arrivé ! Après un petit déjeuner réfléchi et minutieusement préparé pour assimiler l’énergie nécessaire avec des sucres lents, glucides et protéines notamment, départ des Hauts-de-France, où ils habitent, en direction de Vossem, en Belgique, pour 1h30 de route. Le temps est légèrement humide et surtout glacial. Ils se rassurent en sachant pertinemment qu’une fois la course lancée, le corps se réchauffera de l’effort en cours et de l’adrénaline procurée.

Une fois sur place, l’organisation de la Gladitorrun montre toute son exemplarité : les parkings sont bien indiqués et des bénévoles vous aiguillent vers le village de départ. L’équipe, elle, est bien rodée quant à sa participation à ce type d’évènements : direction le retrait des dossards, le retrait du tee-shirt offert avec l’inscription et la mise en consigne des sacs avec des affaires de rechange. Après un échauffement succinct, c’est l’heure de départ de la vague élite (10h30). Les cinq amis rejoignent les trente-six autres participants en compétition sur la 24 km avec 80 obstacles (2 fois la boucle de 12 km) et se positionnent en milieu de peloton. Le fameux décompte est lancé, le coup de feu retentit, c’est parti pour une longue course avec un haut niveau d’intensité pour l’ensemble du système musculaire. Chacun a sa stratégie, partir vite pour suivre la tête de vague, partir à allure moyenne pour s’assurer la constance sur la longueur, s’économiser au début pour accélérer ensuite.

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Aucun échauffement possible sur une première partie roulante, les obstacles arrivent dès la première centaine de mètres avec un dénivelé qui oscille. Il faut tout de même dire que les ¾ des obstacles se situent sur les cinq premiers kilomètres de la boucle. S’enchaînent alors des passages au-dessus de murs en bois, des  portés de sacs de sable, des up/down, des échelles en bois à monter à la seule force des bras, une planche irlandaise à 2  mètres, ramper sous un filet etc. La détermination est le maître mot de ce début de course car il faut rappeler que chacun possède 2 bracelets qui seront coupés si le participant vient à rater un obstacle au bout de 2 reprises.  À la fin de la course, ces derniers sont vérifiés par l’arbitrage et le classement général se fera selon le temps total mis ainsi que le nombre de bracelets gardés. C’est d’ailleurs  la frayeur que l’un des amis de la Team Wicked OCR s’est fait lorsque, sur un rondin de bois surélevé à traverser, il a glissé et a dû recommencer.  Merci aux chaussures de trail à grands crampons, peu pratiques sur des surfaces lisses et humides…  À ce moment-là, les places se perdent facilement, il faut alors fortement relancer la foulée pour recoller au peloton de tête. Pour les quatre autres coureurs de l’équipe, les obstacles passent avec plus ou moins de facilité et la cadence est soutenue malgré un terrain très gras, avec du dénivelé « qui fait mal aux pattes » pour des sportifs du plat pays (oui les seuls D+ qu’ils ont sont les terrils historiques du bassin minier et les quelques monts des Flandres).

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Quelques kilomètres plus loin, au 6 plus précisément, vient alors une partie beaucoup plus roulante avec successions de faux plats montants et descendants qui permettent à la fréquence cardiaque de redescendre un peu. Certains sont en tête de course, pendant que les autres se mettent en place dans le groupe des poursuivants. Malheureusement au km 9, un petit défaut de signalisation de parcours fait perdre 4 places à deux coureurs de l’équipe, qui se font dépasser par leurs propres amis. Pas le choix pour eux, il faut sérieusement augmenter la cadence pour compenser le retard. C’est un pari osé sur un format comme celui-ci où l’allure choisie par chacun est plus ou moins définie par avance et où le cardio est mis à rude épreuve lors de passage d’obstacles. Le premier tour de 12 km se termine avec des ponts de singe, du soulèvement de pneu de tracteur, une échelle horizontale à 3 mètres, du déplacement de poids sur 50m, un passage de ruisseau, une montée de corde et autres. Pour clôturer la moitié de course : un passage sous barbelés. C’est parti pour un deuxième tour !

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Maintenant que la reconnaissance de la boucle est faite, il est possible, selon les ressentis de chacun, d’augmenter l’allure pour recoller aux différents participants devant eux.  Les obstacles sont, en revanche, un peu plus durs à passer avec la fatigue musculaire qui commence à se faire ressentir suite à l’intensité donnée dans le premier tour. Personne n’en loupe, personne ne perd de bracelet, là est alors l’essentiel pour eux. Ils s’attellent à tout donner au fur et à mesure que les kilomètres passent pour gagner des places au classement général et envisager une qualification. Le ravitaillement (km 5 et 17) n’est pas envisageable, il faut avancer et avancer fort ! Les cinq amis dans ce deuxième tour courent tous en solitaire, de petits écarts se sont formés entre eux mais toujours avec la détermination insatiable de rattraper l’autre. L’un subit un peu son augmentation de cadence mais s’accroche avec brio, l’autre n’est pas en forme mais arrive tout de même à décrocher un peu de sucre au ravitaillement pour reprendre de l’énergie, le 3ème reste dans une zone de confort mais avec la satisfaction personnelle de terminer la course et les deux autres se sentent bien dans une allure soutenue.

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Voilà bientôt 2h30 qu’ils se sont élancés, le premier d’entre eux arrive dans la zone du village de départ où s’enchaînent quelques derniers obstacles, plutôt faciles, pour enfin terminer sa course en 2h33, suivi par ses quatre partenaires dans les 20 minutes qui suivent. La satisfaction d’en terminer est agrémentée d’une remise de médaille « finisher » et d’un ravitaillement plutôt bien garni. Chacun possède ses deux bracelets mais personne ne sait réellement la place à laquelle il a fini. Qu’importe, les cinq amis n’ont qu’une hâte, après la photo de groupe habituelle, se mettre au chaud et se changer pour discuter plus longuement de l’épreuve et du ressenti de chacun. C’est chose faite, place au débriefing d’après course autour d’une frite belge. Après l’effort, le réconfort.

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Pas de résultat sur place, il faut attendre le lendemain pour pouvoir prendre connaissance du classement de l’épreuve. Et c’est avec une grande satisfaction et fierté qu’ils ont pu découvrir que deux d’entre eux étaient qualifiés pour les Championnats d’Europe, au Danemark, et du Monde, en Angleterre, deux autres au championnat du Monde uniquement, grâce à leur classement par catégorie d’âge. Une saison 2017 qui se termine très bien pour eux, une saison 2018 qui commence d’ores et déjà avec plein de rêves en tête.

Rédacteur  Julien.Masurel@Wondertrail.fr

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