A la découverte du Trail Hivernal Oxitis Sancy Mont-Dore

0
2903
Trail hivernal du Sancy

Que dire de cette édition hivernale du Trail du Sancy…. Les mots me manquent pour exprimer au mieux ce condensé d’émotions vécues en seulement 30 Km… Émerveillement, variété des paysages, variation de températures… Tout y était !

 Trail hivernal du Sancy

Retour en arrière. Tout a commencé le samedi 13 janvier 2018. Départ de région parisienne avec Myriam (et ses bonbons magiques) ainsi que deux coureurs de son club. Ça bavarde et ça mange des friandises (pas bien). L’ambiance est conviviale. On sent l’excitation palpable de tous à l’idée d’être sur la ligne de départ demain. Arrivée au Mont-Dore, je file retirer mon dossard après avoir présenté mon matos obligatoire. Puis je retrouve les copains auvergnats : Pascal, qui m’accompagnera en tant que photographe pour Wondertrail, Chicken (Damien), un de mes potes de l’édition 2016 du Défi de l’Oisan qui tient le stand VVX, Yvan, Julien et Luc qui semblent s’être égarés en route à cause d’une sombre histoire de crème de marron et qui arrivent presque avant la fin du retrait des dossards. Le week-end commence bien !

 Trail hivernal du Sancy

Repas du soir… espoir ! Je suis apparemment la seule du groupe à avoir compris que le plat qui permettait de carburer demain, c’est une bonne truffade !!! Les autres n’ont rien saisi : ils ont tous pris du poulet et des pâtes, pfff. Je réussis quand même à convaincre l’un des leurs, qui semble toutefois hésiter… Puis, petit moment de panique quand j’entends que le réveil va devoir sonner à 6h du mat… Purée, pour un départ à 9h… Ce n’est pas dans mes habitudes, c’est très tôt… J’obtempère tout de même… Il parait qu’il faut toujours manger 3 heures avant une course. Soyons sérieuse !!!

6h du mat, j’ai pas hâte ! Ouah, je sens que je suis (un peu) mal lunée ce matin. Je serai bien restée un peu plus au lit… Comble du comble… La personne de la réception m’informe que le petit déjeuner ne sera pas servi avant 7h ! Rhoooo, la loose, j’aurai pu rester une heure de plus au lit… S’en suivirent tout plein de conflits intra-psychiques qui auraient pu mettre à mal le moral de ceux qui m’ont côtoyé à ce moment … Collant long normal ou collant long chaud ? j’hésite… – bâtons ou pas bâtons ? pas grave, eux, je les mets sur le sac et on verra en course – et en haut ? haut polaire ou 3 couches … – non mais du coup, je ne sais toujours pas pour le pantalon moi… Et mes chaussures, c’est suffisant ? De toute façon je n’ai pas de chaînes, on verra bien… Cela a bien dû durer 30 min … Pour qu’au final, je m’aperçoive que je n’avais pas de tee-shirt technique et qu’il y avait un trou dans mon pantalon… Du coup, j’ai tout emprunté à mon voisin hihi. Merci à lui de m’avoir habillé presque de la tête aux pieds… Je descends enfin et là, vision d’horreur ! Quel magnifique temps nous attend ! Il pleut ! Bon, la petite note positive qui a toute son importance en ce matin pluvieux est que : j’ai les jambes ! Et c’est bien là le principal !

(Je vous rassure, à partir de maintenant mon CR va être beaucoup plus synthétique. Tout le monde connait effectivement ma vitesse foudroyante en course et sait que je n’ai pas le temps de m’appesantir sur des détails insignifiants)

  Trail hivernal du Sancy

 

Départ – Col du Guéry (km 9) :

8h45, il est temps de sortir de la patinoire pour se rendre sur la ligne de départ. MIRACLE ! La pluie a cessé. Je retrouve le sourire. Un peu de retard au départ, le temps pour le speaker de nous faire tous reculer… Faire reculer 1400 personnes, ce n’est pas une mince affaire… Mais il est tenace ce speaker. Enfin, nous nous élançons.

Les 2 premiers km de la course sont roulants. Une descente sur du bitume. J’en profite pour allonger un peu la foulée et tenter ainsi de ne pas me faire enfermer dans des bouchons comme lors de ma participation au Trail du Sancy estival, ce qui me permet de rester avec Luc et son super collant fashion (je veux le même). L’ascension jusqu’au Guéry commence. Environ 300 de D+ sur 3,5 km.  Le rythme de course ralentit légèrement par moment mais ça ne bouchonne pas. Je ne me fais pas doubler (ou très peu) et ne double pas (ou très peu). Je suis bien placée. Ma stratégie au départ a payé. J’ai très chaud ! J’ai bien fait de ne pas avoir pris le collant en polaire ! Il commence à neiger et le sol se drape d’une fine couche de poudreuse. Que le paysage devient beau !

 Trail hivernal du Sancy

Nous arrivons sur un replat où alternent légères montées et descentes dans un single des plus sympathiques. C’est agréable ! Je m’évade. Je suis bien… Et paf !!!! Je suis un peu moins bien quand, tout à coup, je me retrouve les fesses par terre. Une belle chute sur une plaque de verglas ! Cela donne de bonnes idées à mes voisins : ils mettent les chaînes. Pour moi, impossible, je n’en ai pas. Il va falloir faire sans. Je marche beaucoup dans ce passage, surtout dans les petites descentes bien glissantes et sur les ponts qui patinent. Pas grave, je préfère être prudente et je ne suis pas la seule. Soudain, apparaît devant mes yeux ébahis le lac de Guéry. Splendide !!! Je reste un instant à le contempler puis je repars.

 Trail hivernal du Sancy

J’arrive au ravito du 9ème km qui se trouve être également l’endroit où les coureurs peuvent choisir entre 2 distances : le 20 km et le 30 km. Pour ma part, mon choix était déjà fait. Je partirai sur le 30 km pour la beauté des paysages qu’on m’a décrit. Hâte d’en prendre plein les yeux !

Hâte aussi de boire mon coca (mon rituel sur les courses). Sauf que… Je me rends compte que j’ai oublié mon gobelet ! Pas grave, ce sera une course en (presque) totale autonomie avec de l’eau seulement.

 Trail hivernal du Sancy

Col du Guéry – Murat le Quaire (km 16 environ) :

La bifurcation vers le 30 nous fait emprunter un chemin très agréable. La neige prend de l’épaisseur. Les branches des arbres en sont recouvertes ce qui donne une atmosphère féérique. La température chute ce qui me va très bien… Je cours bien mieux par temps froid. La montée reprend dans un petit bois et nous débouchons sur une vaste plaine enneigée où nous pouvons presque apercevoir les sommets. D’autant plus que le ciel commence à se découvrir et laisser place à de jolis rayons de soleil.

 Trail hivernal du Sancy

J’arrive sur une montée qui devient de plus en plus raide et où le vent souffle de plus en plus fort. Moi qui crevait de chaud en début de course, j’ai la sensation d’être ici au Pôle Nord. Je tapote mes joues car j’ai l’impression qu’elles gèlent mais je me sens super bien. J’aime ces conditions ! Je me mets à rêvasser : je suis en pleine expédition polaire. Le kiff total !!! Quand, tout à coup, une traileuse me sort de mes songes : « Tu vas bien ? » me dit-elle d’un air très inquiet en me doublant dans un raidillon bien pentu. « Oui nickel ». Sur le coup, je ne comprends pas sa question, jusqu’à ce que je prenne conscience de ma vitesse ascensionnelle tonitruante… Bon, ok je suis mauvaise en côtes, merci de me le rappeler. En plus, je n’ai toujours pas sorti mes bâtons (et je ne les sortirai pas de la course). Mais bon, quand même… Je n’ai pas une tête à agoniser, faut pas déconner.  Je profite juste du paysage qui se passe de mots…

 Trail hivernal du Sancy

Une longue ligne de crête en légère descente se dessine maintenant. Je décide enfin de remettre mon coupe-vent avant que mes avant-bras ne gèlent complètement. Je visse mon buff jusqu’en haut du nez et c’est parti pour une course folle dans la neige sur la crête (enfin ça, c’est dans mes rêves, en réalité je suis plutôt au petit trot). Je m’éclate ! Un vrai régal ! La voilà la Banne d’Ordanche ! S’en suit une descente roulante, on traverse des pistes de ski et on glisse doucement vers le prochain ravito. La neige se raréfie de plus en plus. Je retire des couches de vêtements au fur et à mesure tellement la chaleur se fait de nouveau prégnante. Un vrai contraste au niveau des températures. Ce fût de loin mon passage préféré ! C’est là-haut que ma tête est restée… Elle ne veut toujours pas en redescendre…

 Trail hivernal du Sancy

Murat le Quaire – Les Marais (km 25 environ)

J’arrive au 2ème Ravito. Juste le temps de recharger ma poche à eau et de prendre 2 morceaux de bananes. Je repars avec un large sourire. Je papote avec un aiguilleur et un coureur qui fait son premier trail (« dit donc, pour un premier trail, c’est du costaud quand même, par rapport à mes premiers trails de région parisienne », pensais-je). On descend encore un peu mais très rapidement, l’ascension reprend en direction du Puy Gros. Une ascension d’environ 4 km pour presque 400 m de D+.

Je suis enchantée Outre les paysages magnifiques dans lesquels j’évolue, mon rythme est bon et je n’ai pas de coup de fatigue. Tout est parfait ! De nouveau, la neige réapparait et la chaleur laisse place à davantage de fraicheur. Nous arrivons au pied du Puy Gros avec le soleil qui perce largement. Il nous aveugle même mais que c’est bon ! Dire qu’il y a peu, il neigeait, puis que nous avons dû faire face à de forts vents sur les crêtes… Bref, ça change tout le temps ici et du coup, je ne vois pas le temps passer…

Ça y est, je suis dans l’ascension finale du Puy Gros… Mais là, tout va changer… Ici, la neige est de nouveau verglacée – ou plutôt patinée. Ça glisse comme sur un parquet bien ciré. Je me retrouve de nouveau en difficulté… sans chaînes… Je glisse. Je tombe. Je marche à quatre pattes pour ne pas m’affaler… Bref, j’arrive au sommet en grognant et en y laissant beaucoup d’énergie. Nous arrivons de nouveau sur un passage plat mais j’ai besoin de récupérer et ne peux relancer.  Je me remets à courir en légère descente mais je suis très vite stoppée par les zigzags que je dois faire entre les touffes d’herbes qui parsèment les hauteurs. Sans doute manquait-il d’une épaisseur de neige supplémentaire ici…

(Nota bene à moi-même : pour la prochaine course en Auvergne – Trail de Vulcain 47 km – penser à sortir les bâtons et à acheter des chaînes, ça peut toujours servir…)

 Trail hivernal du Sancy

Chouette, j’arrive au niveau d’une jolie descente enneigée bien raide. Certains sont en difficultés ici. Je ne me prends pas la tête. Je décide d’y aller en luge sur les fesses. Je m’éclate à faire la course avec mon voisin. Il gagne. Je me relève. J’ai le derrière gelé. Je suis morte de rire. J’adore ces moments où on a l’impression de retomber en enfance avec toute l’insouciance qui la caractérise.

Mais voilà… La neige laisse bientôt place à de la boue ! Et la boue et moi, on n’est pas copine… Malheureusement, mon cerveau se met en mode marche dès qu’il y a de la gadoue. Dommage. J’étais bien partie mais mon rythme va considérablement diminuer sur les derniers km. Heureusement, je retrouve mon pote photographe Pascal qui m’attend dans la descente. On aura le droit à un super fou rire, quand un mec se fixe devant lui alors qu’il voulait me prendre en photo. Et quand il me demande de poser à côté d’une barrière. On dirait que je fais un shooting pour une office de tourisme d’Auvergne et non que je participe à un trail. Un bon moment de délire qui fait du bien dans les moments difficiles !

 Trail hivernal du Sancy

Les Marais – Le Mont-Dore (km 30)

J’arrive au dernier ravito. Il ne me reste que 5 km environ. J’ai l’impression que ça va passer vite mais non… Ça sera pour moi la partie où je vais perdre le plus de temps … Je commence à accuser le coup. Je cours quand même un petit peu en sortant du ravito et là, qui vois-je ? La traileuse de la 1ère montée qui marche et qui n’a pas l’air bien. Je lui fais une petite tape sur l’épaule et les rôles s’inversent : « tu vas bien ? » « oui, oui ça va »… Je poursuis et ne la reverrait plus …

Encore une côte pour arriver au Rigolet-Haut.  J’ai vraiment l’impression de ne faire que monter sur cette course. Autour de moi, ça râle, ça souffre. Allez, je m’accroche et me mets en mode automatique. La montée se poursuit sur du bitume. Puis nous arrivons sur un joli chemin plat qui passe au milieu des champs. C’est beau ! Mais je n’ai plus de jus et la boue me perturbe de nouveau. Je marche beaucoup alors que j’aurai très certainement pu relancer.

 Trail hivernal du Sancy

On repasse dans les bois… Avec de nouveau une légère côte. Le mental lâche un peu mais ça sent l’écurie. Enfin, la dernière descente sur le Mont-Dore et la ligne d’arrivée. Je retrouve les copains et me précipite sur ma bière de récup avec des étoiles dans les yeux. Je suis ravie !

« Les dossards sont partis en moins de 40 min cette année et je comprends pourquoi : un parcours varié, une météo changeante mais idéale, une course où on ne s’ennuie jamais, une organisation bien rodée, des bénévoles chaleureux…

Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette journée une parenthèse enchantée !  Une course qui m’a regonflé à bloc en ce début de saison !  En route maintenant pour le trail de Vulcain… »

 

Crédits photos : Pascal.Rudel@Wondertrail & Magalie.Lavergne@Wondertrail

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here