La 6000D – 65km 3500m D+ …ma 1ère en montagne…

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LA 6000D : on nous en a tellement parlé que je me suis inscrit sans même visiter le site internet ou vérifier le parcours : qu’importe, 65km et 3500m de D+, ce sera dur ! Ma première vraie grande course de montagne (oui oui ça vous fait sourire les ultra-traileurs !)

Cette course mythique, qui serpente dans un environnement fabuleux, les montagnes, la neige, le mont-blanc, la caillasse, le glacier ! (et les pistes de ski, le côté moins « nature » qui m’aura un peu manqué)…  Une organisation au top, un balisage sans faille et les encouragements illimités du public qui vous font oublier les souffrances et les instants de doutes qui vous assaillent sur les nombreux kilomètres de cette belle course des géants : voilà la recette d’un évènement sportif réussi !

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« Samedi 30/07/2016 Le téléphone sonne à 04h15 : la nuit a été courte, mais ce n’est pas grave : le sommeil de la veille joue rarement sur la forme physique pour un effort long (enfin c’est ce que je me dis).

Après un solide déjeuner, je retrouve Karen C. qui m’attend pour nous échauffer avant le départ. Au village, la concentration se ressent déjà : les regards inquiets se croisent, d’autres ironisent pour détendre leurs camarades, la file des coureurs dans le sas de départ s’allonge, les « élites » s’assurent une place en avant-première.

Parvenus à nous glisser dans le sas tant convoité, nous sommes aux côtés de Sébastien Spehler,la sérénité incarnée, Clément Moliette, Stéphanie Duc, et son regard déterminé, Sandra Martin, de son sourire détendu et tous les autres que j’ai déjà vu en photo quelque part… Le ciel est parfaitement clair, la température extérieure est déjà de 17°C : il va faire chaud aujourd’hui !

A 6h, la musique raisonne, des frissons qui me redressent les poils, puis c’est le coup de pistolet !

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Je croyais être inscrit sur un 65km mais les coureurs partent comme sur un 10km. Je me fais dépasser de partout, à un rythme fou. J’accélère un peu la cadence sur ce premier kilomètre mais décide vite de laisser partir devant les plus fougueux… Au bout de 3 ou 4 km, le rythme ralentit déjà et dès la première côte  du 5ème km, je commence à dépasser les premiers essoufflés.

La montée jusqu’à la Plagne Montalbert à 1350m canalise les premières ardeurs et régule les rythmes. Le passage à Montalbert est le premier point fort : il n’est que 7h du matin et déjà les spectateurs sont présents et nous encouragent.

Puis on attaque la montée jusqu’à la Plagne Aime 2110, tout d’abord par un chemin forestier puis par la piste olympique de bobsleigh. Cette côte bétonnée aurait pu être  monotone, heureusement un bon vieux rock à la ACDC nous accompagne pendant les 200m de D+. En haut de la piste, une foule en délire est là pour applaudir les grimpeurs, que de frissons ! Me voilà 24ème, j’ai mon rythme, reste plus qu’à maintenir l’allure, les dépassements se faisant de plus en plus rares au bout d’1h30 de course.

Arrivés à 2110m, il faut maintenant redescendre au check point de la Plagne Centre à 1979m et je m’offre mon premier vrai ravitaillement à base de fromage (miam) et de fruits secs (moins miam).

6000DCommence alors la longue ascension jusqu’à la roche de Mio à 2681m par un large DFCI offrant de beaux paysages, non technique et un peu monotone. Encore une fois, de nombreux spectateurs applaudissent les coureurs au sommet, ambiance Tour de France ! Le mont blanc d’un coté, le dôme des Ecrins et la Vanoise de l’autre, et hop on se lance dans la descente au Col de la Chiaupe à 2492m. Je décide d’en garder un peu « sous le pied » pour la suite, même si la descente se laisse courir.

J’attaque désormais la montée vers le glacier (sommet de la course) dans un pierrier de roche noire pas très agréable. Je croise Sébastien Spelher qui descend déjà (toujours serein) ! Je prends  un petit coup au moral quand Sandra Martin, la 1ère féminine, me dépasse avec légèreté, plutôt  à l’aise sur ce glacier. Une longue ascension qui me semble interminable mais qui dure environ 30minutes en réalité !

Enfin le  point culminant, à 3047m, soulagé et prêt pour redescendre ! Avec la neige sur quelques mètres, la redescente débutera sur les fesses !  

Au retour au ravitaillement du col de la Chiaupe à 2492, l’ambiance a changé : on est à l’heure où le gros des troupes de la 6000D aborde l’ascension finale vers le glacier (et se restaure en conséquence) tandis que les coureurs de 6D lac (27km), partis à 08h30 de Bellecôte, arrivent également au point culminant de leur parcours. Il règne un joyeux bazar où des gens se croisent de partout !

6000DNous partageons la descente jusqu’au chalet de Carroley à 2050m au milieu du peloton de la 6D lac avec les inconvénients que cela génère : dépassements sur des terrains pas toujours larges, personnes qui ne comprennent pas qu’il faut laisser passer les coureurs plus rapides (ceux qui s’annoncent poliment bien-sûr – les autres tant pis pour eux), bâtons en l’air… Bref, on aurait préférer une séparation franche pour éviter ces petits désagrément mais heureusement la bifurcation entre les deux courses arrive vite.

Il faut maintenant attaquer le dernier col de l’Arpette à 2337m. Cela n’a l’air de rien par rapport à ce que l’on vient de monter, seulement 300m de D+ mais pour moi c’est l’ascension la plus difficile de la course. Le soleil tape, il n’y a plus personne et la pente impose un faux rythme douloureux. Mon groupe se disloque et chacun monte à son rythme. Enfin en haut, c’est parti pour 1700m de descente.

Une descente sans difficulté technique jusqu’à la Plagne Bellecôte mais les jambes accusent le coup. Je voudrais relancer mais la cadence peine à s’élever. Je suis bien content de retrouver un peu d’ambiance festive à Bellecôte !

Après la station, il reste la longue descente boisée jusqu’à Montchavin :  après un petit moment de solitude où je n’ai plus personne en visuel, une traileuse qui passait par là m’accompagne un long moment, me redonnant de l’énergie et du courage.

6000DLes neufs derniers kilomètres de Montchavin à  Aime à 673m (600mD-) sont longs, très longs. J’ai retrouvé Sébastien T., un trailer avec qui j’avais participé à un stage, avec qui on avalera ensemble ces derniers kilomètres sans fin (mention spécial au 2.5km de piste cyclable juste avant Aime qui m’ont littéralement semblé « infinis »). On ne croisera quasiment personne sur cette partie du parcours et l’arrivée se fera dans un calme relatif (les supporters ne sont pas encore arrivés pour la plupart et le temps tourne à la pluie ce qui plombe un peu l’ambiance).

Le franchissement de la ligne d’arrivée est dans tous les cas une délivrance. Je peux enfin poser mon sac et me reposer ! Arrivé en 21ème  position (sur 1100 arrivants) après 07h20 de course, j’ai l’avantage de pouvoir trainer un peu au ravitaillement d’arrivée qui met à notre disposition plein de choses à manger et même des boissons fraiches très appréciées ! Les coureurs continuent d’arriver au compte-goutte. Sébastien Spelher, le  quadruple vainqueur, a encore une fois dominé la course et termine plus d’une heure devant moi, tandis que Sandra Martin, la grande gagnante féminine, a également survolé ce parcours est déjà arrivée depuis plus de 15min !

Mais qu’importe, désormais, c’est tongue, douche, sieste, diner et dodo ☺ en rêvant de ce géant de la montagne dont je suis aujourd’hui FINISHER !

Par Brice Sauvage pour WonderTrail

Crédits Photos @Cyrille Quintard pour Wondertrail

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