L’UT4M – Là où la magie se produit…

0
555
UT4M Rémi

Retour sur un court, mais tellement intense, week-end : celui du 17 au 21 août ! Du côté de Grenoble, là où la magie opère…à l’occasion de l’UT4M !

C’est toujours mon dessein de vous faire vivre l’expérience et de vous faire connaître notre belle France et l’étranger aussi.

C’est donc lors de mon week-end au Touquet que je décide de m’aligner sur une course de l’UT4M. L’appel de Madame Montagne, l’envie d’en prendre plein les yeux et les narines… Heuuuuuu oui mais j’ai juste mon samedi et mon dimanche. Il reste au programme 2 courses, à savoir : l’UT4M 100 Master ( 98 km / 6000 m de D+ ) et le 40 km Chartreuse.

Pwaaa, je suis toujours aussi fou-fou, je décide de partir sur le Master 100… j’ai toujours mal au mollet et aucune préparation digne n’a été effectuée. C’est donc pour l’aventure que j’y vais.

Et c’est le bienveillant Christophe Le Boulanger, ainsi que WONDER TRAIL qui vont m’aider à réaliser ce magnifique séjour.

ça m'a piqué les yeux quand même...
ça m'a piqué les yeux quand même...

ça m’a piqué les yeux quand même…

Bon c’est quoi l’UT4M ? Je connais vite fait cet acronyme…mais pas plus… Je vais vous faire une présentation brève de cet événement, qui signifie l’Ultra Tour des 4 Massifs.

J’ai nommé l’extrême VERCORS, où se trouve la plus grande réserve naturelle de France métropolitaine : la Réserve des Hauts Plateaux ( 17 000 ha ).

Le territoire sauvage et préservé de l’OISANS avec ses sommets prestigieux comme La Meije 3983 m, La Barre des Ecrins 4102 m, de vastes plateaux, des vallées verdoyantes, des lacs et autres cascades…

Le troisième n’est autre que la Majestueuse BELLEDONNE (Là ça pique, croyez moi…) : c’est la toile de fond de l’agglomération grenobloise. Son pic à 2978 m, cette « sierra », brune ou blanche, orne la ville de Grenoble et la vallée du Grésivaudan d’une des plus belles parures des Alpes iséroises. La chaîne de Belledone s’étire du nord au sud sur une soixantaine de kilomètres entre Grenoble et Chambéry.

Le dernier massif étant celui de la caractérielle CHARTREUSE : carrefour de l’Isère et de la Savoie. Abrupte avec ses falaises calcaires mais douce avec ses pensionnaires ( vous verrez mes petites photos avec « Mesdames » les gardiennes de la paix de Chartreuse…

Je vous balance quelques photos des ces « 4 Fantastiques »…

C'est simple : une ville au milieu des "4 Fantastiques" !
C'est simple : une ville au milieu des "4 Fantastiques" !
C'est simple : une ville au milieu des "4 Fantastiques" !
C'est simple : une ville au milieu des "4 Fantastiques" !

C’est simple : une ville au milieu des « 4 Fantastiques » !

C’est quoi alors mon UT4M 100 Master : et bien comme vous avez pu le lire plus haut, il s’agit de 98 km et 6000 m de D+ environ avec une barrière horaire large dans les massifs de BELLEDONNE puis de CHARTREUSE…soit deux bons gros marathons…

Sinon parlons quand même des autres courses avant mon aventure:

  • L’UT4M c’est aussi : l’épreuve phare « Xtrem 160 » avec pas loin de 11 000 m de D+. Tous les massifs à avaler d’un coup…
  • La séduction opère avec un « Le Challenge 160 », soit 4 courses consécutives de 40kil’ à enchaîner sur 4 jours consécutifs ! ( les 4 massifs ) C’est sympa ça nan ? Et à l’issue de chaque journée est désigné le meilleur grimpeur et le meilleur sprinter.
  • Il y a aussi les UT4M 40, où vous choisissez le massif de votre choix ! C’est à la carte et sans modération.
  • L’UT4M vertical : une côte unique à avaler, ça brûle les cuissots…

Et donc une courses pour nos bambins : l’UT4M graines de coureurs.

Le week-end avant le Master 100, nous simulons BELLEDONNE à Montmartre avec Apos' lool...
Le week-end avant le Master 100, nous simulons BELLEDONNE à Montmartre avec Apos’ lool…

Allez c’est parti, je quitte Paris le vendredi 19 à 16h00 après le boulot et retrouve Clélia, une pote de course qui s’aligne elle sur le UT4M Chartreuse. Oui la course est à 08h00 du matin le lendemain…ça va être speed, mais la passion n’en a cure…Nous rallions sans trop souffrir la sulfureuse Grenoble avec dans nos bagages Céline la petite chérie de mon super-Luca ! Je prends connaissance de l’adresse de mon hôtel en vol et accoste vers 23h00 ce dernier ! AAAAhhhhhh mais quel dommage de ne pas pouvoir en profiter plus, la nuit va être couuuuuuurte. Bon je prépare mon sac et récupère mon dossard grâce à Marlène vers les minuit…le temps d’aller au dodo et hop hop hop : le réveil sonne !

Il est 4h45′ en ce samedi 20 août 2016. Je déjeune rapidement avec mes restes de sandwichs achetés la veille sur l’autoroute, procède au derniers réglages, puis file prendre le tramway (avec les tickets que nous offre l’organisation pour se transporter pendant le week’ gratuitement) pour rallier le Palais des Sports de Grenoble et chopper la navette qui va nous emmener sur le départ à Uriage. Départ 06h00 du mat’. Nous arrivons à bon port. La bonne humeur est là : j’ai la tête dans les nuages déjà, je ne suis pas réveillé pour vivre un nouveau…rêve… Oula, un rêve dans un rêve ? Je me rappelle d’un film avec Leonardo Di Caprio tient ! Je pense à mes copains Luca et Apos’ qui galère sur leur fabuleux Xtrem…

Haiiiiiiii, il commence à goutter, et on nous annonce pour notre sécurité un parcours de repli. Bon je grince des dents pour deux raisons : la première étant le fait que nous n’allons pas pouvoir embrasser Chamrousse, le Grand Colon et Chamechaude, la deuxième est le fait d’être mouillé toute la journée, je n’ai pas pu prévoir un sac de rechange…je flippe un peu car c’est l’inconnu en plus et je doute de mes capacités. Bon allez j’arrête de trouver des excuses…

LAISSONS LA MAGIE NOUS ENVOÛTER ET L’EXPÉRIENCE NOUS CONQUÉRIR…

Top départ ! Contrôle des sacs sous la flotte déjà...

Top départ ! Contrôle des sacs sous la flotte déjà…

Je décide de commencer très prudemment ! De toute façon je rêvasse encore !

Je n’ai pas de plan d’attaque, car c’est encore à l’arrache que je me présente à la Petite Grenobloise avec une envie sauvage de la conquérir…

Un petit tour, autour de la ligne de départ avec une chtite montée et descente, histoire de bien suer et sentir la lourdeur de mon sac ! ( la liste du matos obligatoire oblige… ) et direction la montagne ! L’assaut de la bella Belledonne est donné avec un…kilomètre vertical si je peux m’exprimer ainsi, soit 1100 m de D+ sur 4 kil’ environ ! Mais je suis à l’aise, je marche avec mes bâtons un peu hilare, la montagne me gagne…et ça va continuer jusqu’au 15e km environ et le premier ravito à Arselle. J’ai bien traîner, mais je suis là pour profiter, la perf’ aux oubliettes pour cette-fois ci…

Et là double surprise : je retrouve mon Apo’s fatigué mais heureux et un ravito gargantuesque (et ça sera le cas pour tous les ravitos), une tuerie ! Il y a de tout : liquide/solide/sucré/salé…un carnage magistralement orchestré sur tout le parcours. Des couchettes également pour se reposer, des médecins, des bénévoles agréables et bienveillants… pffffffffffff tout ceci pour notre confort maximal.

Je finis donc mon petit déj’ et repart avec mon monkey pour une tite grimpette, histoire de digérer…

Lorsque nous arrivons en haut…

L'émotion...
L'émotion...
L'émotion...

L’émotion…

L’émotion me submerge ! Les montagnes sont là ! J’en avais besoin, et peu importe le temps ! Une thérapie, une contemplation, j’immortalise…je me dis en cet instant que ma course est faite peu importe l’issue, mais je vais m’accrocher car les conditions atmosphériques deviennent difficiles pour nous.

Le temps de me couvrir et c’est parti pour une descente de cinglé ! J’adore, j’envoie à la sensation. Autant j’ai pris mon temps pour grimper, autant là je me fais plaizzzzzzzzzzzzzzzz…

Je dribble les rochers, surfe dans les ruisseaux, je me sens revitalisé et enfin réveillé. Je vis pleinement l’instant et entre dans le dur la course. Je la sens ça y est !

J’arrive au ravito de la Freydière sous une pluie devenue battante. Je gèle, j’enfile mes moufles et j’ai de plus en plus froid. J’essaie de ne pas trop traîner. Difficile de quitter ce nouveau banquet ! J’écoute les experts qui nous expliquent avec passion le parcours et ses dangers…je repars avec un Suisse bien maboule, on se fait une petite bosse avant de slalomer dans une descente de 1100 m de D- bien sauvage et boueuse à travers les sapins et les racines qui viennent vous attraper les pattes. Nous en chions car c’est éprouvant une descente, et encore plus avec ce temps. De Walking Dead dans les côtes à Suicid Squad dans les descentes, c’est peu dire mon état d’esprit. Il va falloir trouver un remède avant d’aborder la Chartreuse…

Arrive la fin de cette épique et grasse descente !

Nous traversons Versoud où un ravito sauvage trouve mon salut. S’ensuit 6 kil’ de plat et de boue pour débouler à Saint-Nazaire les Eymes, la base de vie, ma mi-course, la cité avant la joute en Chartreuse…

Avant Saint-Nazaire... les 6 kil' ...

Avant Saint-Nazaire… les 6 kil’ …

Je ne regarde pas ma montre, elle donne juste l’heure, c’est un modèle à 7 euros à décath’ ! Suffisant. Il est 16h00 par-là, j’enlève mes moufles trempées (pourtant goretex à la base) : mes mains ressemblent à des nageoires, beurk ! Bref je profite, je me change, me crème les petons, et engloutis un bon plat de pâte, avant de tout remettre mes affaires mouillés dans mon ultra bag de 10 litres et de reprendre la route. J’en profite pour réconforter ces guerriers qui sont sur le point d’abandonner. Une lueur apparaît, la pluie cesse, je leur dis qu’il s’agit d’un signe. Il reste juste un massif. Il faut tenir.

Mon sac pèse, mais je suis bien requinqué. Je pète la forme.

Surtout que l’enivrante Chartreuse m’attend… Je vais la boire !!!

même pas peur !
même pas peur !

Même pas peur !

C’est parti pour se laisser charmer par Madame Chartreuse. Avec 1400 mde D+ avec des côtes à 40% juste après la souplette, les pattes et les sandwichs au cochonou et au chocolat au lait !

J’ai vraiment la pêche et double un paquet d’aventuriers, j’oxygène bien jusqu’à ce que la pluie refasse son apparition. Et là ça tabasse car tout au dessus de la Faita nous ne serons plus protéger par la forêt. Glissades, boue etc… toujours pareil ! Mais le corps et la tête répondent présents !

Surtout pour ce qui suit …

La magie en Chartreuse...
La magie en Chartreuse...
La magie en Chartreuse...
La magie en Chartreuse...
La magie en Chartreuse...

La magie en Chartreuse…

Ce « repli » est tout de même spectaculaire en Chartreuse, et l’émotion atteint son paroxysme avec ce baiser magique. La gardienne de ce massif, sa protectrice ! Elle nous a guidé… bien qu’elle soit joueuse : le bénévole atypique ! Comme quoi la communion est possible entre l’humain et l’animal ! MAGIQUE.

Bon je vais être bref pour la suite, il reste une trentaine de kil’, toujours extrêmes.

Les ravitos de Habert de Chamechaude et de Sappey où nous pouvons déguster la chartreuse, pour de vrai cette fois dans une petite cabane près du feu : c’est exceptionnelle, sont toujours aussi raffinés et équipés ! Du lourd !

Entre temps, vous vous doutez bien que la nuit est tombée, que j’ai enfilé ma tenue de Call of Duty, avec mon pantalon que Eric Minguez m’a dépanné. Ooooohh Grand Merci, car au moment où je m’équipe, je commence vraiment à être gelé. Heureusement qu’il y a des coups de cul pour faire monter la température. Il pleut toujours autant.

Tenue de soirée…

Tenue de soirée...Et dans une énième descente vertigineuse, avec ma tenue de soirée pas encore souillée et toujours sous la pluie et …dans la nuit !!! Je vais y arriver : je m’entroupe et chute (je suis désolé pour se qui va suivre…) comme une grosse merde dans la boue, je roule, j’ai mal immédiatement au genou et surtout au coude droit. J’ai de la boue partout, les mains ensanglantées ! Je suis vexé, les larmes montent, ainsi que la colère et un épuisement palpable. Il reste 25 kilomètres. Je suis tout seul en cet instant. C’est vraiment « hard » là !

Mais je serre les dents ! Il faut aller au bout : je veux contempler et me délecter de la sensuelle Grenobloise du haut de Saint Eynard ! Ce fort ! Ce col de Vence qui arrache la gueule mais qui résonne ! Car après une descente et une légère bosse de 200 m de D+ c’est une longue descente pas trop meurtrière qui nous amène à la consécration.

J’en profite pour me débarbouiller dans les ruisseaux et profite de la magnifique vue de Grenoble en robe de nuit pour me masser les pieds une ultime et dernière fois en bord de falaise.

J’en prends plein les yeux de par la pluie devenue fine et ce spectacle sans son !

clap clap clap !!!

Clap clap clap !!!

Le souvenir de Chamonix et ses dix derniers kil’ lors de son magistral 80. Mais là j’ai retenu la leçon et suis prêt pour finir en bonne condition. Heureusement que j’ai pris le temps de me masser mes pieds palmés ! Une catastrophe visuelle Mesdames !

Le dernier ravito se veut « express » ! Nous serpentons dans les fortifications de Bastille : c’est encore une fois prenant ! L’air se réchauffe, Grenoble en ligne de mire…je fonce, oubliant mes douleurs, fait du saute-mouton ! et arrive enfin sur le bitume ! AAAAAAhhhhhhhhhhhhh, plus qu’à suivre les flèches au sol ! De nouveau euphorique et hilare. Je croise mon Luca et Céline qui font les bénévoles à une intersection de route d’un quartier branché de Grenoble. Emporté par la foule en pleine fête, débordante sur le pavé : c’est la fête, les demoiselles et damoiseaux sont coiffés et habillés de leurs plus beaux costumes et effets pour chavirer au rythme de la nuit et nous apporter un ultime encouragement qui fait chaud au coeur !

Pwaaaa quelle ambiance, l’an prochain je m’arrête boire un verre avec vous promis ! J’imagine l’hystérie collective, la furia, la loca !

Lulu and me : le team waa waa !
Lulu and me : le team waa waa !

Lulu and me : le team waa waa !

Bon je termine ce petit bout de rêve en 16h et 14mn. Le classement j’en ai cure car je suis vraiment venu ici pour me soigner et respirer. 85 KIL’ ET 5180 m de D+ au final.

Clélia m’attendant tard sur la ligne d’arrivée et me ramenant à ma couche. Je la remercie beaucoup pour cette bienveillance.

Ma nuitée est réparatrice et le petit-déjeuner quelques heures après une tuerie. Et comme je n’en ai pas assez bu, je replonge en immersion avec tous ces souvenirs tortueux et magiques dans la piscine avant de rejoindre Marlène, Luca et tous les autres pour un bon buffet ! Celui de notre UT4M à la base de vie au palais des sports. Lieu de convergence de votre futur week-end. Là où tout ce passe…

J’ai même la chance de partager du temps avec un monstre du trail : « Stéphane Brogniart« .

L'after !!!
L'after !!!
L'after !!!

L’after !!!

J’ai adoré ce grand cru, cette 4eme édition, et je compte bien y revenir l’an prochain, pour plus !

Le Challenge ? l’Xtrem ? le KV ?

Je vous conseille cet événement ! La ville de Grenoble se plie vraiment en quatre pour vous faire vivre la magie : simplement ! Et je pèse mes mots qui sont sincère, venez en…Isère (c’est spontané désolé pour le jeu de mot…)

ALORS UN GROS MERCI ET RESPECT A L’ORGANISATION VRAIMENT.

Un Gros MERCI Christophe et Wondertrail. Marlène je ne t’oublie pas pour ton accueil.

Mon WAA / Baume du Tigre / Accessoires Running / Performax / Conseil Running.

Eric, Clélia, et toutes celles et ceux qui se reconnaîtrons.

THE END…

(…enfin c’est la reprise le 28 avec les 4h00 de Montévrain lool…)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here